Pédophilie: «Malgré ce prêtre violeur, j'ai gardé la foi»

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Pédophilie«Malgré ce prêtre violeur, j'ai gardé la foi»

Enfant, Daniel Pittet a été violé par un homme d'Église. Le Fribourgeois revient sur cette blessure dans une biographie préfacée par le pape.

par
Laurent Grabet
«Ce prêtre me violait depuis un an et demi quand il a pris cette photo de moi, se souvient Daniel Pittet. Il l'a utilisée pour illustrer un article paru dans la revue moralisatrice «Foyer». Malgré mes yeux rieurs, j'étais cassé en 1000 morceaux.»

«Ce prêtre me violait depuis un an et demi quand il a pris cette photo de moi, se souvient Daniel Pittet. Il l'a utilisée pour illustrer un article paru dans la revue moralisatrice «Foyer». Malgré mes yeux rieurs, j'étais cassé en 1000 morceaux.»

Le Matin

L'ouvrage «Mon Père, je vous pardonne» paraît aujourd'hui. Déjà traduit en italien et en polonais, il risque de faire du bruit bien au-delà de la Suisse. Daniel Pittet y raconte les abus sexuels qu'il a subis dans son enfance, quatre années durant à Fribourg, de la part d'un prêtre capucin, considéré par la justice comme l'un des plus grands prédateurs sexuels du pays.

Comment ces viols ont-ils commencé?

A 9 ans, j'étais enfant de chœur à la cathédrale de Fribourg. Un jour, le Père Joël est venu y célébrer une messe. Après, il m'a invité à venir chez lui admirer un merle dressé à parler. Ma grand-maman, tout honorée que j'aie l'affection d'un religieux, a accepté. Une fois dans sa chambre, il m'a demandé de lui «sucer le zizi»… C'était le début de quatre ans d'enfer. Je suis sorti de là cassé.

Que ressentez-vous vis-à-vis du violeur qui a saccagé votre enfance?

Je lui ai pardonné ce fameux 15 août 1971 et j'ai construit ma vie sur ce pardon. C'est aujourd'hui un pauvre type de 76 ans qui minimise et se déresponsabilise. Je suis allé le rencontrer récemment dans le cadre du livre, dans lequel il intervient, et je n'ai pas reconnu l'ogre de 120 kg qui m'écrasait en me violant. Il semblait tout surpris de me voir si grand et fort face à lui. Quand je suis parti, je lui ai même fait la bise.

Votre livre, qui lui donne la parole, pourrait le pousser au suicide…

Ce choix lui appartiendrait. Avant de partir, j'aimerais juste qu'il demande pardon à toutes ses victimes. Car il en a fait partout au gré de ses nominations. Comme il n'y a plus de prescription, de nouvelles vont se faire connaître notamment du côté de Grenoble. Ça va être une onde de choc. J'aimerais que les victimes, à qui je dédie le livre, comprennent qu'elles ont droit à la reconnaissance. Et que leurs bourreaux sachent qu'ils seront coincés tôt ou tard et qu'il est temps pour eux d'arrêter et de réparer ce qui peut l'être!

LE RESTE DE L'INTERVIEW EST À LIRE DANS NOTRE ÉDITION DU JOUR EN VERSION PAPIER OU E-PAPER.

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