13.09.2016 à 15:34

UkraineMalgré la trêve, des combats font six morts

On dénombre trois victimes, quinze blessés et un disparu parmi les forces ukrainiennes, et trois victimes parmi les rebelles.

Des chars de l'armée ukrainienne.

Des chars de l'armée ukrainienne.

Illustration, Reuters

A la veille d'une rencontre diplomatique à Kiev visant à relancer le processus de paix, trois soldats ukrainiens et trois combattants rebelles ont été tués dans des combats dans l'est de l'Ukraine, en dépit de l'instauration début septembre d'une nouvelle trêve.

Ce regain de tensions intervient alors que les ministres des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, et allemand, Frank-Walter Steinmeier, doivent rencontrer mercredi à Kiev le président ukrainien Petro Porochenko pour discuter de la mise en oeuvre des accords de paix de Minsk, qui visent à mettre fin au conflit entre forces de Kiev et séparatistes prorusses.

Selon le porte-parole militaire ukrainien Olexandre Motouzianyk, trois soldats ukrainiens ont été tués au cours des dernières 24 heures et 15 autres blessés. «Un soldat est également porté disparu», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

De son côté, Edouard Bassourine, un responsable militaire de la «République populaire» autoproclamée de Donetsk, a annoncé mardi la mort de trois combattants rebelles au cours des dernières 24 heures.

La semaine dernière, Kiev avait déjà fait état de la mort d'un soldat, le premier tué dans des affrontements directs depuis l'instauration de la nouvelle trêve, mise en place le 1er septembre à l'occasion de la rentrée scolaire.

Troisième trêve cette année

L'Ukraine est en proie depuis plus de deux ans à un conflit opposant ses forces à des séparatistes prorusses qui sont, selon Kiev et les Occidentaux, soutenus militairement par la Russie, ce que Moscou dément. Le conflit a fait plus de 9500 morts depuis son déclenchement en avril 2014.

La trêve du 1er septembre est la troisième du genre annoncée depuis le début de l'année, la dernière remontant à avril pour les fêtes de Pâques orthodoxes. Malgré ces trêves, les affrontements se sont poursuivis.

Dans son dernier rapport, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui surveille les évènements en Ukraine, a indiqué avoir enregistré «une nette augmentation des violations du cessez-le-feu dans la région de Donetsk les 10 et 11 septembre, avec respectivement 515 et 116 explosions».

Dans la région de Lougansk, la mission a enregistré «moins de violations du cessez-le-feu», est-il précisé.

Elections toujours pas organisées

Les accords de paix, signés à Minsk en février 2015, prévoient une série de mesures politiques et économiques pour mettre fin au conflit. L'ensemble des mesures, notamment des élections dans les zones séparatistes, n'a cependant toujours pas été mis en place et Ukrainiens et Russes s'en rejettent la responsabilité.

Les Ukrainiens doivent notamment modifier leur Constitution pour donner davantage d'autonomie aux régions rebelles et organiser ces élections. Ces mesures provoquent de vifs débats à Kiev où elles sont considérées comme un moyen de légaliser de facto le séparatisme et de déstabiliser le reste de l'Ukraine.

Les Occidentaux considèrent les élections comme un moyen de réintégration politique des territoires séparatistes.

Kiev insiste par ailleurs sur le fait que de telles élections ne peuvent avoir lieu avant le retrait total des armes et des troupes étrangères et tant que l'Ukraine n'aura pas repris le contrôle total de sa frontière avec la Russie, dont 400 km sont actuellement aux mains des rebelles et par où transitent, selon Kiev et les Occidentaux, armes et militaires à partir de la Russie.

Convoi humanitaire suisse arrivé

La Suisse a acheminé à bon port un 5e convoi humanitaire en Ukraine. Le but est d'aider la population des deux côtés du front. Près de 3500 tonnes de sable de quartz destinés à filtrer l'eau ont été acheminés par rail à Donetsk, permettant de fournir de l'eau potable à 4 millions de personnes pendant un an. Ce convoi avait été retardé vendredi par une explosion qui a endommagé la voie ferrée dans la zone contrôlée par les séparatistes pro-russes.

(AFP)

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