Malgré les défections, le CES de Las Vegas veut faire bonne figure
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Las VegasMalgré les défections, le CES veut faire bonne figure

Le plus important salon de la tech au monde ouvre ses portes mercredi sans Google, Amazon, Microsoft ou Intel.

En ombre chinoise, le patron de la Consumer Technology Association (CES), Gary Shapiro, monte sur scène lors d’une des traditionnelles présentations, celle de Samsung en l’occurrence, qui précèdent l’ouverture des portes du salon.

En ombre chinoise, le patron de la Consumer Technology Association (CES), Gary Shapiro, monte sur scène lors d’une des traditionnelles présentations, celle de Samsung en l’occurrence, qui précèdent l’ouverture des portes du salon.

Getty Images via AFP

Malgré un risque sérieux d’annulation après une série de défections de gros acteurs de la branche, le salon annuel de l’électronique grand public, le CES de Las Vegas, ouvre ses portes, mercredi, aux participants qui bravent la pandémie, dans l’espoir de reprendre les affaires.

«La communauté tech salue et applaudit nos efforts pour maintenir un environnement sûr, pour que les affaires continuent», a assuré à l’AFP, Steve Koenig, vice-président de la Consumer Technology Association (CTA), qui organise l’événement.

2200 exposants

L’année dernière, il avait eu lieu uniquement sur Internet. En 2020, environ 4500 exposants étaient venus dans le Nevada présenter leurs robots, voitures, téléviseurs et appareils connectés gonflés à l’intelligence artificielle. Ils seront moitié moins pour cette édition.

Les grandes entreprises (Amazon, Microsoft, Intel, BMW, General Motors…) ont été les premières à se retirer ou à réduire leur présence. Devant le centre de conventions, l’immense espace d’ordinaire occupé par la tente de Google est resté vide, tout comme de nombreux stands lors des avant-premières réservées à la presse.

«Malgré les retraits très médiatisés de quelques exposants, nous en avons plus de 2200 (…) et tous comptent sur nous pour avancer. Parce que ces entreprises ont besoin d’investisseurs et de partenaires», a insisté Steve Koenig.

La tech veut de l’humain…

Omicron représente désormais 95% des nouvelles infections aux États-Unis, d’après les autorités sanitaires. Les participants doivent fournir la preuve qu’ils sont vaccinés, et porter un masque, mais il n’y a pas de tests obligatoires.

«Nous sommes inquiets à cause de la hausse des cas, mais bon, nous sommes vaccinés, et nous avons aussi eu le rappel», a indiqué Bhavya Gohil, patron de la start-up Square Off, qui juge les mesures suffisantes.

Il est déçu des nombreux désistements, mais n’a pas envisagé d’annuler lui-même. «Nous avions déjà investi beaucoup d’argent pour le stand, alors nous devions vraiment venir. Tous les contrats qu’on récupère grâce au CES… C’est très important».

Le salon se tient dans un format hybride, en personne mais aussi en ligne, grâce à un logiciel conçu par le Web Summit, un salon européen des technologies.

«L’avantage des conférences en ligne, c’est que vous pouvez rencontrer plus de monde, de façon efficace. Il n’y a pas de trajets, pas de bruit, pas de distractions», note Paddy Cosgrave, le patron et fondateur du Web Summit. «Mais personnellement je ne crois pas qu’on arrive à répliquer la qualité des interactions d’humain à humain. C’est sans doute pour ça qu’il y a un fort appétit pour le retour au présentiel».

Le tout électrique a la cote

Au menu de l’édition 2022, les transports, toujours plus électriques et autonomes, ont la cote. Les technologies liées à l’espace font une entrée remarquée, après une année qui a consacré le tourisme spatial, et en plein développement de l’Internet par satellite.

Les innovations dans le développement durable et la santé connectée, des tendances fortes depuis des années, prennent aussi beaucoup de place.

Le métavers, bien évidemment

Et le métavers est sur toutes les lèvres, bien que sa définition reste encore floue à ce stade. Le concept désigne l’émergence d’univers parallèles connectés entre eux, auxquels les humains accéderont via des équipements de réalités augmentée et virtuelle. Né de la science-fiction, il est à la mode depuis que Facebook a annoncé des investissements colossaux dans ce domaine et s’est rebaptisé Meta.

Mais pour l’instant, le secteur est concentré sur des défis plus immédiats, comme la pénurie mondiale de puces électroniques et les délais d’approvisionnement, qui retardent les lancements de nouveaux produits. À la faveur de la pandémie et des restrictions sanitaires, l’industrie des technologies a connu des croissances substantielles aux États-Unis, de 7% en 2020 et de quasi 10% en 2021, d’après la CTA.

En 2022, elle devrait connaître une progression plus modérée, de 2,8%, mais elle représentera quand même quelque 500 milliards de dollars.

(AFP)

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