Etats-Unis: Malgré les violences, les petits fabricants d’armes sont en plein essor
Publié

États-UnisMalgré les violences, les petits fabricants d’armes sont en plein essor

Il y a eu la tuerie de Buffalo, le 14 mai, puis celle d’Uvalde, le 24. Pourtant, ces massacres n’ont pas ralenti les ventes d’armes à feu aux États-Unis. Les fabricants indépendants font des affaires.

Nom et date de naissance d’un enfant, passage de la Bible ou même drapeau américain: les possibilités de personnaliser une arme à feu sont multiples.

Nom et date de naissance d’un enfant, passage de la Bible ou même drapeau américain: les possibilités de personnaliser une arme à feu sont multiples.

AFP

L’un de ses clients lui a commandé une arme à feu personnalisée à la naissance de chacun de ses enfants: soutenus par la demande, les fabricants indépendants d’armes à feu, comme l’entreprise de Tony Hook, dans le nord-est des États-Unis, sont en plein essor et se font une place à côté des géants du secteur.

«Voici donc le nom de son fils et sa date de naissance» gravés sur un fusil, montre le patron de RTD Arms&Sport sur son téléphone, dans son atelier situé à Goffstown, dans le New Hampshire. Parfois, les clients demandent que soit gravé un passage de la Bible ou le drapeau américain.

«C’est comme si vous cousiez votre nom sur votre gant de baseball ou que vous faisiez faire des rayures personnalisées sur votre voiture», explique le patron, en ajoutant que la possibilité de personnaliser l’objet attire une clientèle qui n’aurait «auparavant jamais pensé» s’acheter une arme.

Production triplée

Les millions d’armes à feu produites chaque année aux États-Unis le sont en majorité par les mastodontes du secteur, mais de plus en plus de petits opérateurs ont afflué sur un marché dont la production a presque triplé entre 2000 et 2020, pour atteindre 11,1 millions d’unités annuelles. Ces nouveaux venus peuvent produire des pièces destinées à de grandes entreprises, comme Sig Sauer ou Smith&Wesson, à des passionnés et à des armureries, ou fabriquer eux-mêmes des armes spécialisées ou personnalisées.

Les récentes tueries de Buffalo, dans l’État de New York (dix Afro-Américains abattus dans un supermarché, le 14 mai), et de l’école primaire d’Uvalde, au Texas (19 enfants et deux enseignantes tués dix jours plus tard), ont rouvert le débat sur le fléau des violences par armes à feu, qui cause environ 40’000 morts par an dans le pays, dont près de deux tiers de suicides. Mais la culture des armes à feu est enracinée dans l’histoire du pays, et le droit d’en posséder garanti par la Constitution.

«La devise du New Hampshire est «Vivre libre ou mourir», et je pense que l’industrie des armes à feu y est fidèle.»

Allen Farris, patron de Matrix Arms

En conséquence, le marché est tentaculaire. Selon une organisation professionnelle du secteur, NSSF, l’industrie américaine des armes à feu et des munitions a représenté 70 milliards de dollars en 2021. Chez RTD Arms&Sport, un fusil peut coûter entre 1295 et 1695 dollars. Selon les statistiques fédérales américaines, le nombre de permis dits de «type 7», qui autorisent la production et la vente d’armes, a augmenté de plus de 694% entre 2000 et 2020.

Pour obtenir ces permis, les demandeurs doivent fournir photo et empreintes digitales. Et le gouvernement fédéral procède à une vérification des antécédents et à un entretien en personne.

Son entreprise se maintient

Dans le New Hampshire, Matrix Arms est l’un de ces fabricants, et son patron, Allen Farris, juge le marché saturé depuis au moins six ans. Pourtant, l’activité de son entreprise se maintient, comme le montre la rangée de machines produisant des pièces d’armes à feu.

Chaque semaine, l’entreprise produit entre 4300 et 5300 récepteurs de fusils, indique Allen Farris. «La devise de l’État du New Hampshire est «Vivre libre ou mourir», et je pense que l’industrie des armes à feu y est fidèle», conclut-il.

«Caïn n’a pas tué Abel avec une arme à feu»

(AFP)

Votre opinion

3 commentaires