Hommage - «Malgré sa notoriété, Patrick Juvet avait gardé un côté vaudois»

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Hommage«Malgré sa notoriété, Patrick Juvet avait gardé un côté vaudois»

Bernard Pichon a côtoyé le chanteur sur les émissions qu’il présentait sur la TSR. Il nous fait part de ses souvenirs, suite à la nouvelle, ce jeudi, du décès de l’artiste né à Montreux.

par
Laurent Flückiger
Patrick Juvet à l’Olympia à Paris en 1973.

Patrick Juvet à l’Olympia à Paris en 1973.

Gamma-Rapho via Getty Images

«Ça m’a fait un coup!» Comme tout le monde, Bernard Pichon a appris le décès de Patrick Juvet par la presse ce jeudi soir. S’il ne le connaissait pas en privé, il l’avait invité plusieurs fois aux émissions qu’il présentait sur la TSR durant les années 1970. «J’ai connu pas mal de stars qui ne se privaient pas de faire des caprices. Lui assurait toujours avec gentillesse, il avait un côté suisse rassurant.»

«La première fois que Patrick Juvet participe à «Oiseaux de nuit», il y avait Jacques Yvart, un chanteur de chansons de marins, raconte Bernard Pichon. Il me dit à propos de Patrick Juvet: «Il a de l’avenir ce garçon. Mais peut-être qu’il faudrait qu’il se virilise un peu!»

L’animateur de «Dodu Dodo» se souvient aussi d’une édition d’«Oiseaux de nuit» spéciale chanson suisse, où Patrick Juvet côtoyait Henri Dès, Pascal Auberson, Jean-Pierre Huser. «J’ai perçu chez eux une pointe de jalousie à son sujet: il ne comprenait pas pourquoi c’était un chanteur à minettes qui avait du succès», dit-il.

Célèbre en Amérique

Avec le disco, Patrick Juvet a eu une notoriété bien au-delà de la francophonie. «À l’époque d’«I Love America» (1978), il racontait qu’il était célèbre aux États-Unis et je le trouvais assez gonflé de dire ça, continue Bernard Pichon. Mais j’ai pu vérifier par moi-même à New York. Dans une vitrine de Time Square, il y avait son disque et j’ai vu des filles toutes excitées en disant son nom. Il n’avait pas bluffé. Encore l’an dernier, je parlais de musique avec quelqu’un du Mozambique. Il m’a raconté qu’ado le seul poster qu’il avait était celui de Patrick Juvet avec des diamants sur le visage!»

Pour Bernard Pichon, Patrick Juvet a brûlé la chandelle par les deux bouts. Mais il laisse beaucoup de choses derrière lui, comme bien sûr ce tube «Où sont les femmes?» qu’on continue à mettre en soirée. «Et n’oublions pas que c’est lui qui a composé la musique de «Le lundi au soleil» de Claude François! Il avait un vrai talent pour les mélodies et, malgré son rayonnement, il avait gardé son côté vaudois.»

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