Technologie: Malgré un concept séduisant, le LG Wing ne s’envole pas
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TechnologieMalgré un concept séduisant, le LG Wing ne s’envole pas

LG tente d’étendre la taille de ses écrans de smartphones avec un système innovant, créatif et astucieux, mais pas exempt de défauts. On en fait le tour en détail.

par
Christophe Pinol
Contrairement à certains de ses concurrents optant pour des smartphones pliables ou déroulables, LG a choisi d’augmenter la surface de son dernier appareil grâce à un deuxième écran rotatif. 

Contrairement à certains de ses concurrents optant pour des smartphones pliables ou déroulables, LG a choisi d’augmenter la surface de son dernier appareil grâce à un deuxième écran rotatif.

LG 

Depuis quelques années déjà, les fabricants de smartphones tentent par tous les moyens de résoudre leur propre quadrature du cercle: comment augmenter la taille des écrans tout en gardant leurs appareils le plus compact possible. Certains se sont tournés vers des solutions pliables, comme Samsung avec les Z Fold et Z Flip, ou Huawei avec son Mate X. D’autres, comme Oppo, s’orientent maintenant vers des smartphones enroulables, dotés d’un écran capable d’étendre sa surface.

LG, lui, adopte un tout autre concept: deux écrans superposés dont l’un, rotatif, vient se positionner horizontalement pour laisser apparaître un second, plus petit. Le tout, une fois ouvert, prenant la forme d’un «T». Pour la modique somme de 1099 fr.. Cher, mais toujours moitié moins que le Z Flop, soit dit en passant.

Comment ça marche? Rien de plus simple: le téléphone fermement empoigné dans la main droite, on amorce du pouce un mouvement sur le bas de l’écran vers la gauche et un mécanisme prend alors le relais pour faire pivoter la dalle à 90° en une fraction de seconde. Un glissement fluide, accompagné en fin de course d’un petit claquement rassurant.

D’un smartphone classique, on se retrouve alors avec un appareil hors normes, doté de deux écrans OLED: l’un de 6,8 pouces au format 20,5:9 et l’autre de 3,9 pouces, quasi carré. Le hic, c’est que la dalle principale ne coulisse que dans un sens, de quoi gêner les gauchers puisqu’en pivotant, celle-ci vient alors buter contre la paume de la main.

Un concept bluffant

Bon, on doit reconnaître qu’avant de recevoir le joujou, on n’en attendait pas grand-chose, imaginant un objet imposant, tout en ayant de sérieuses réserves sur l’aspect gadget du concept.

Or, nos appréhensions se sont vite envolées au moment de sa prise en main. D’abord, l’appareil n’est pas si massif. A peine plus qu’un autre smartphone premium actuel. En comparant ses dimensions (169,5 x 74,5 x 10,9mm) avec le Samsung S21 Ultra, on constate que le LG est plus long d’un demi centimètre à peine, plus large d’un millimètre et plus épais de 2. En position «fermée», on jurerait ainsi un téléphone normal. D’autant plus qu’on ne distingue pas, que ce soit visuellement ou au toucher, la présence de deux écrans distincts.

Le LG Wing, malgré son deuxième écran, n’est  plus épais que de deux millimètres comparé au Samsung S21 Ultra.

Le LG Wing, malgré son deuxième écran, n’est plus épais que de deux millimètres comparé au Samsung S21 Ultra.

LG

Surtout, le concept est en fin de compte assez bluffant. En gros, il permet deux types d’utilisation. D’abord de pouvoir librement jouer avec le multitâche, en affichant deux applications distinctes. On pourra ainsi facilement texter avec ses amis en regardant une vidéo YouTube, chercher des infos sur un acteur en visionnant un film ou afficher les commandes multimédia de sa musique tout en gardant par exemple une carte affichée sur l’écran principal.

Il est même possible d’associer deux applications sous une icône afin de pouvoir les ouvrir à loisir d’un clic. A noter que les Etats-Unis viennent de bénéficier d’une mise à jour du système permettant d’envoyer les différentes apps d’un écran à l’autre, d’un simple glissement de trois doigts. Celle-ci est attendue en Suisse d’ici une ou deux semaines.

Le multitâche à l’honneur

Après, certaines applications sont bien évidemment conçues pour tirer pleinement parti du double affichage. Le jeu «Asphalt 9», directement installé sur l’appareil, utilise ainsi l’écran secondaire pour illustrer le tracé du circuit, avec notre position et celle des concurrents, tandis que YouTube déporte toute sa palette de commandes sur ce petit écran. En faisant défiler sa galerie de photos sur ce dernier, chacune s’affiche à tour de rôle, en grand, sur le principal. Et puis en mode message, email ou prise de notes, il suffit de retourner complètement l’appareil (en «T» inversé) pour pouvoir utiliser l’écran principal comme un clavier géant, le texte s’inscrivant sur le petit.

On l’a compris, la force du système est aussi de pouvoir être utilisé dans tous les sens, selon son confort personnel ou selon les combinaisons d’applications choisies: en «T», à 90 ou à 180°. Celles-ci sont toutefois encore rares et l’on souhaite à LG que les développeurs s’emparent vite de la technologie pour en optimiser le plus possible.

Le fabricant coréen montre d’ailleurs l’exemple de manière plutôt originale avec son mode photo, puisqu’une fois ouvert, l’appareil se transforme en un véritable gimbal, ces poignées capables de stabiliser un smartphone et de lui permettre de suivre plus facilement un objet en mouvement. La partie verticale du «T» devient alors une poignée et un joystick virtuel apparaît sur l’écran secondaire. Pilotable du pouce, il offre alors des fonctions dignes d’un Osmo Mobile (DJI) ou d’un Smooth (Zhiyun), avec plusieurs modes permettant de stabiliser les différents axes: Panoramique pour réaliser un travelling horizontal, Follow pour son pendant vertical, ou encore Vue première personne pour accentuer le dynamisme des mouvements de caméra.

Alors il ne s’agit ici que d’un traitement logiciel et l’effet ne rivalise forcément pas avec le mécanisme de véritables poignées externes mais LG montre qu’avec un peu d’astuce, son concept permet de faciliter certaines tâches, en l’occurrence ici de capturer des séquences plus fluides tout en laissant l’utilisateur exploiter sa créativité.

Le problème – et il est de taille –, c’est que le capteur photo spécialement affilié à cette configuration est de bien moindre qualité que le principal, destiné à être utilisé de manière classique, l’appareil fermé. Déformant les perspectives, parcouru de bruit numérique, bloquant l’accès à certaines fonctions (comme la vidéo 4K ou la photo en mode panoramique), ce mode gimbal ne donne en fait tout simplement pas envie d’être utilisé.

Filmer devant et derrière en simultané

Dommage, alors que les performances photos «classiques» de l’appareil sont en réalité bonnes. Celui-ci bénéficie de 3 capteurs sur la face arrière: le principal (64 Mpx, ouverture f/1.8), un ultra grand-angle (13 Mpx, f/1.9) et celui dédié au gimbal (12 Mpx, f/2.2). A cela, il faut ajouter une caméra frontale Pop-Up, qui sort en un clin d’œil de la tranche de l’appareil (32 Mpx, f/1.9) pour les selfies.

La fameuse caméra pop-up du LG Wing.

La fameuse caméra pop-up du LG Wing.

LG

Les couleurs sont fidèles, les détails bien présents et il n’y a qu’en faible luminosité où LG ne se montre pas à la hauteur des cadors du genre. A noter que ce smartphone est aussi le premier à être capable d’enregistrer une vidéo à la fois avec les caméras avant et arrière. Un système visant clairement le marché des vlogueurs puisqu’il permettra de filmer non seulement une scène mais en même temps la propre réaction de l’utilisateur.

Reste la question du mécanisme. Selon le fabricant, la charnière rotative est prévue pour supporter plus de 200'000 mouvements. Alors on ne sait pas si LG comptabilise l’ouverture et la fermeture de l’appareil comme un seul d’entre eux, ou comme deux… Mais si l’on part de la première optique, la plus logique, cela permettrait d’ouvrir et de fermer son appareil 50x par jour pendant près de 11 ans… Il y a donc de la marge. Attention, comme pour les Galaxy Z Flip ou Flop, l’engin n’est pas étanche, ni à l’eau, ni à la poussière. Le fabricant précise toutefois avoir développé une technologie propre pour protéger l’écran secondaire des rayures causées par différentes particules lors du coulissement.

Prototype imparfait

L’appareil n’est disponible qu’avec une mémoire de 128 Go mais extensible grâce à son emplacement pour microSD. Niveau performances, ses 8GB de RAM semblent suffisants pour gérer les applications les plus gourmandes. Il supporte la 5G, est doté d’un capteur d’empreintes digitales sous l’écran (mais ne propose pas la reconnaissance faciale) et il faut compter 11 ou 12 heures d’autonomie en mode «fermé», auxquelles on retranchera 2 heures en «ouvert». Petit bémol, les textes en français accompagnant l’utilisateur dans les différents menus sont traduits à l’emporte-pièce, chargés de fautes de frappes et rendant les explications parfois peu claires.

Conclusion: tout comme Samsung avec son premier smartphone pliable, le Z Fold, LG livre ici un prototype imparfait mais au potentiel suffisamment excitant pour nous laisser espérer une deuxième version plus mature, corrigeant ses principaux défauts. Quitte à carrément transcender, on l’espère, sa première version, comme l’avait d’ailleurs fait le Z Fold 2.

Votre opinion

24 commentaires
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ce nest pas tres catholique

31.01.2021, 08:01

ce smartphone est en forme de croix mortuaire a cause des ondes trop haute qui foutent le cancer ou bien

Ronald Wozniak-Jobs

30.01.2021, 20:03

Seul Apple sait innover et être toujours au top du progrès et des ventes !

jesuisresponsable

30.01.2021, 19:04

moi j attend le H c est plus fun !!