24.03.2016 à 16:05

LesbosManifestation contre la détention des migrants

Sur l'île grecque, les réfugiés et les humanitaires se sont indignés de la situation actuelle d'accueil.

Une manifestation similaire avait eu lieu mardi, hors et dans le hotspot de l'île de Chios.

Une manifestation similaire avait eu lieu mardi, hors et dans le hotspot de l'île de Chios.

Keystone

Plus de 200 membres d'ONG et associations d'aides aux réfugiés ont manifesté jeudi sur l'île de Lesbos devant le hotspot de Moria. Les humanitaires protestaient contre sa transformation en centre de détention pour les réfugiés et migrants venus de Turquie, dans le cadre de l'accord UE-Ankara.

Plus de 200 personnes internées ont fait écho à ce rassemblement en se massant dans le camp aux cris de «Freedom» (liverté en anglais), mais ils ont été empêchés par la police de s'approcher de la clôture entourant le camp pour communiquer avec l'extérieur.

«No borders» (pas de frontières), «stop deportations», criaient les manifestants, face auxquels a été déployé un important cordon policier.

«Nous sommes en prison»

«Ils ne nous laissent pas partir», a réussi à affirmer à travers le grillage un des migrants retenus, Abdul Rauf Salip, venu du Pakistan. Il a dit avoir été bouclé à Moria après son arrivée le 17 mars, avant la conclusion de l'accord UE-Turquie, et tout ignorer depuis du sort qui lui sera réservé.

«Nous sommes en prison, je ne sais pas ce qui va arriver, ils ne nous laissent pas demander l'asile, je veux sortir et vivre en paix», confiait son compatriote Inam, 39 ans, joint par téléphone. Il a affirmé être un ancien officier de police ayant des «problèmes» dans son pays, arrivé à Lesbos il y a quatre jours.

Une manifestation similaire avait eu lieu mardi, hors et dans le hotspot de l'île de Chios, autre principale porte d'entrée en Europe d'exilés fuyant conflits et pauvreté, selon des images diffusées jeudi par des associations pro-réfugiés.

Trois ONG interrompent leur assistance

Trois ONG, dont Médecins Sans Frontières (MSF), ont annoncé mercredi cesser leur assistance médicale et matérielle dans les centres d'enregistrement de migrants (hotspots), cinq au total, établis sur les îles égéennes, par refus de cautionner leur transformation en centres de détention après l'accord UE-Ankara.

Cet accord, vivement contesté par les humanitaires, prévoit le renvoi en Turquie de tous ceux arrivés irrégulièrement à partir du 20 mars en Grèce, y compris les demandeurs d'asile syriens, sauf pour les personnes jugées éligibles à une protection spécifique, Kurdes par exemple.

Les autres exilés piégés en Grèce par la fermeture de la route des Balkans, quelque 50'000, sont eux soit voués à l'expulsion s'ils sont considérés comme des migrants économiques, le cas notamment des Pakistanais, soit destinés à être répartis dans l'UE.

(ats)

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