Actualisé 08.12.2019 à 14:09

Hong KongLes manifestants pro-democratie défilent en masse

Les militants pro-démocratie espèrent, deux semaines après les législatives qu'ils ont remportées haut la main, que le pouvoir entendra leurs revendications.

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Donald Trump a annoncé vendredi qu'il souhaitait mettre fin aux exemptions accordées à Hong Kong dans le cadre de sa relation spéciale avec les États-Unis désormais remise en cause. (29 mai 2020)

Donald Trump a annoncé vendredi qu'il souhaitait mettre fin aux exemptions accordées à Hong Kong dans le cadre de sa relation spéciale avec les États-Unis désormais remise en cause. (29 mai 2020)

Keystone
«Mécontent» face à l'intention de Pékin de priver Hong Kong de son autonomie, le président américain a promis mardi une riposte imminente. (26 mai 2020)

«Mécontent» face à l'intention de Pékin de priver Hong Kong de son autonomie, le président américain a promis mardi une riposte imminente. (26 mai 2020)

Keystone
Les manifestants ont scandé des slogans de la mouvance pro-démocratie avant d'être dispersés par les tirs lacrymogènes de la police anti-émeute. (Dimanche 24 mai 2020)

Les manifestants ont scandé des slogans de la mouvance pro-démocratie avant d'être dispersés par les tirs lacrymogènes de la police anti-émeute. (Dimanche 24 mai 2020)

AFP

Quelque huit cent mille manifestants pro-démocratie ont défilé dimanche dans les rues de Hong Kong. Objectif: marquer l'anniversaire de six mois de contestation et laisser une «dernière chance» aux autorités pour qu'elles répondent à leurs revendications.

«Nous avons eu 800'000 participants, s'est félicité dimanche soir devant la presse Eric Lai, du Front civique des droits de l'Homme (CHRF), alors que des foules importantes encombraient encore les rues. Ce chiffre est le plus élevé depuis le début des protestations à Hong Kong, en juin dernier.

La police de Hong Kong, dont les estimations sont bien moins élevées, n'a pas encore publié de chiffres.

Des centaines de milliers de personnes ont convergé dimanche en début d'après-midi vers l'île de Hong Kong pour participer à ce rassemblement. A la tombée de la nuit, les participants ont allumé la lumière de leurs téléphones, créant ainsi un immense tapis de lumière, et entonné des chants.

L'ex-colonie britannique traverse depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes pour réclamer des réformes démocratiques ou demander une enquête sur le comportement de la police.

Cette manifestation s'est déroulée deux semaines après le triomphe des candidats pro-démocratie lors des élections locales du 24 novembre, qui est venu démentir l'affirmation des autorités selon laquelle la majorité silencieuse s'opposerait aux manifestants.

Colère

Nombre de manifestants, vêtus de noir, entendaient exprimer leur colère à l'égard de Pékin et de la cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam qui continuent de refuser d'accéder à des demandes renforcées par la large victoire électorale des pro-démocratie.

«Quelle que soit la façon dont nous exprimons nos opinions, par une marche pacifique, par des élections civilisées, le gouvernement n'écoutera pas», a déploré un manifestant de 50 ans, se faisant appeler Wong. «Il n'obéit qu'aux ordres du Parti communiste chinois».

«Je ne sais pas combien de temps durera le combat», a ajouté un autre manifestant, qui a donné son prénom, Kelvin. «Pour l'instant, je n'en vois pas la fin, mais nous ne reculerons pas», a-t-il affirmé.

Rassemblement autorisé

La police a autorisé ce rassemblement organisé par le Front civique des droits de l'Homme (CHRF) à travers l'île de Hong Kong, une première depuis la mi-août. Le CHRF, qui prône la non-violence, avait organisé les grandes manifestations de juin et juillet.

Au cours des derniers mois, les autorités hongkongaises ont interdit les principaux rassemblements, invoquant des risques de violences. D'importantes manifestations n'ont cependant pas cessé de braver ces interdictions. Nombre d'entre elles ont dégénéré en affrontements violents entre protestataires et forces de l'ordre, plongeant la mégapole dans la récession, voire le chaos.

Quelques heures avant le début de la manifestation, la police a présenté des armes, notamment un pistolet et des couteaux, affirmant les avoir saisies lors d'opérations de police, dans la nuit. Onze personnes ont été arrêtées.

«Nous pensons que le groupe avait l'intention d'utiliser ces armes pour inciter au chaos lors du rassemblement (...) et d'attaquer la police», a déclaré à la presse le commissaire principal Lee Kwai-Wa, du bureau de la lutte contre le crime organisé.

Nouvelle action de blocage?

Ce rassemblement intervient à la veille de l'anniversaire des six mois de mobilisation. Celle-ci avait débuté avec une manifestation considérable, le 9 juin, contre un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine, et qui a depuis été enterré.

De nombreux forums en ligne utilisés par les protestataires appellent à marquer lundi cet anniversaire par une nouvelle action de blocage de grande ampleur des transports en commun, en cas d'absence de réponse de l'exécutif local. Mais aucun signe ne laisse présager un changement de position de Mme Lam.

(AFP)

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