Actualisé

TunisieManifestations après l'assassinat de Mohamed Brahmi

Le dirigeant tunisien d'opposition Mohamed Brahmi a été abattu jeudi de plusieurs balles devant son domicile à Tunis.

1 / 19
Le président tunisien, Moncef Marzouki, a appelé à l'«unité nationale» après la mort de huit soldats dans une embuscade. (30 juillet 2013)

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a appelé à l'«unité nationale» après la mort de huit soldats dans une embuscade. (30 juillet 2013)

Keystone
Les manifestants tunisiens rassemblés devant le siège l'Assemblée nationale constituante, ont demandé lundi soir la démission du gouvernement. (29 juillet 2013)

Les manifestants tunisiens rassemblés devant le siège l'Assemblée nationale constituante, ont demandé lundi soir la démission du gouvernement. (29 juillet 2013)

Reuters
Les manifestants tunisiens rassemblés devant le siège l'Assemblée nationale constituante, ont demandé lundi soir la démission du gouvernement. (29 juillet 2013)

Les manifestants tunisiens rassemblés devant le siège l'Assemblée nationale constituante, ont demandé lundi soir la démission du gouvernement. (29 juillet 2013)

Keystone

L'assassinat de Mohamed Brahmi a provoqué manifestations et incidents dans la capitale tunisienne et à Sidi Bouzid, dans le centre du pays.

Selon des témoins, Mohamed Brahmi, leader du Mouvement populaire (Echaâb) a été abattu par deux hommes à moto devant chez lui alors qu'il descendait de voiture. «Il a été tué devant sa maison alors qu'il était avec sa fille handicapée», a déclaré Mohamed Nabki, membre lui aussi d'Echaâb.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le ministère de l'Intérieur à l'annonce de l'assassinat en exigeant la démission du gouvernement dominé par les islamistes.

«A bas le pouvoir islamiste !», criait la foule. «Ce gang criminel a tué la voix libre de Brahmi», a déclaré sa veuve Mbarka Brahmi. Elu à l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mohamed Brahmi, âgé de 58 ans, était fondateur et ancien secrétaire général du Mouvement populaire, une formation laïque et nationaliste.

Bureaux d'Ennahda incendiés

A Sidi Bouzid, berceau de la «révolution de jasmin» de l'hiver 2010-2011, des bureaux du parti islamiste Ennahda, au pouvoir ont été incendiés par des manifestants.

Des milliers de personnes «très en colère» sont descendues dans les rues, ont bloqué plusieurs artères de la ville et mis le feu à des pneus. Un jeune vendeur de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi, s'était immolé par le feu en décembre 2010 à Sidi Bouzid pour protester contre la confiscation de son étal par la police.

Son décès début janvier avait suscité une intense émotion et déclenché une vague de manifestations qui avaient débouché sur le renversement du président Zine Ben Ali et inspiré les «printemps arabes» dans la région.

«Jour de deuil national»

Membre de l'assemblée chargée d'élaborer la nouvelle Constitution, Mohamed Brahmi n'avait pas ménagé ses critiques envers le parti islamiste Ennahda au pouvoir. Le président de l'ANC, Mustapha Ben Djaafar, a déclaré que vendredi serait «un jour de deuil national».

Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahda, a estimé que l'assassinat de Mohamed Brahimi avait pour but de «stopper le processus démocratique en Tunisie et de tuer le seul modèle réussi dans la région, particulièrement après les violences en Egypte, en Syrie et en Libye».

Le 6 février, un autre responsable de l'opposition laïque, Chokri Belaïd, avait déjà été abattu devant son domicile dans la capitale tunisienne, probablement par un membre d'un groupe salafiste radical, selon la police. Sa mort avait provoqué à travers le pays les plus importantes manifestations depuis la chute de Ben Ali.

Condamnations à l'étranger

Hussein Abbasi, secrétaire-général de l'UGTT, la principale confédération syndicale du pays, a prédit jeudi «un bain de sang» après l'assassinat de Mohamed Brahimi.

A Paris, le président François Hollande a condamné «avec la plus grande fermeté» cet assassinat et appelé «l'ensemble des forces politiques et sociales tunisiennes à faire plus que jamais preuve du nécessaire esprit de responsabilité pour préserver l'unité nationale et garantir la poursuite de la transition démocratique».

La Suisse a elle aussi condamné «avec la plus grande fermeté» cet assassinat. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a appelé à ce que les responsables de cet acte soient traduits en justice «au terme d'une enquête indépendante et neutre», soulignant «la nécessité pour chacun d'éviter de s'engager dans la spirale de la violence.».

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a condamné l'assassinat et demandé «une enquête rapide et transparente» sur ce crime, soulignant qu'«il s'agit du troisième assassinat de cette nature au cours des dix derniers mois».

(AFP)

Votre opinion