12.10.2020 à 23:59

Christophe ColombManifestations des communautés indigènes en Amérique du Sud

Les Indigènes de différents pays sud-américains ont manifesté le jour de la commémoration de l’arrivée de Christophe Colomb aux Amériques, en 1492.

À Santiago, au Chili, des représentants des peuples indigènes chiliens ont manifesté et des heurts ont éclaté avec la police.

À Santiago, au Chili, des représentants des peuples indigènes chiliens ont manifesté et des heurts ont éclaté avec la police.

AFP

Des milliers de membres des communautés indigènes de Colombie et du Chili ont manifesté lundi, jour de commémoration de l’arrivée de Christophe Colomb sur le continent américain et de la fête nationale en Espagne.

Dans le sud-ouest de la Colombie, les manifestants ont convergé vers Cali pour «dénoncer les massacres systématiques qui se produisent sur nos territoires sans que le gouvernement ne s’y intéresse», a déclaré Franky Reinosa, du Conseil régional indigène de l’État de Caldas (ouest).

Les manifestants demandent également à être consultés sur les grands projets qui impactent leurs territoires, et la pleine mise en œuvre du plan de paix historique de 2016 qui a mis fin à un demi-siècle de violences avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Le sud-ouest de la Colombie, qui borde l’Équateur et le Pacifique, compte une importante population indigène estimée à 4,4% des 50 millions d’habitants, et est l’une des régions les plus touchées par les violences en lien avec le trafic de cocaïne dans le pays, premier producteur mondial.

«Jour de l’hispanité»

Les manifestations se déroulent le jour de la commémoration de l’arrivée des expéditions de Christophe Colomb aux Amériques, en 1492, «Jour de l’hispanité» et fête nationale en Espagne, appelé «Jour de la race» dans de nombreux pays de la région. «Pour nous, ça a été le plus grand ethnocide dans l’histoire de nos territoires», a déclaré Franky Reinosa.

À Santiago, des représentants des peuples indigènes chiliens, principalement des Mapuches, le plus grand groupe ethnique du pays, ont également manifesté et des heurts ont éclaté avec la police. La plupart des communautés mapuches du Chili vivent en Araucanie (sud) et entretiennent un conflit historique avec l’État chilien auquel elles réclament des terres qu’elles considèrent comme leur appartenant de droit ancestral.

Les autorités en ont cédé plusieurs à des entreprises privées, principalement des sociétés d’exploitation forestière. Outre les groupes indigènes, de violentes manifestations sociales secouent le Chili avant un référendum organisé le 25 octobre pour déterminer s’il faut changer la Constitution héritée de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).

Au Venezuela, Maduro rebaptise une autoroute

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a déclaré initier «un processus de décolonisation» en remplaçant lundi le nom de l’autoroute principale de Caracas, celui d’un «colonisateur génocidaire», par le nom d’un célèbre chef indigène. Nicolás Maduro a fait cette annonce lors de la célébration du 528e anniversaire de la «Résistance indigène». C’est ainsi que le mouvement chaviste appelle le jour de la découverte des Amériques par Christophe Colomb.

«J’ai décidé (…) d’engager de manière progressive, graduelle, organisée et disciplinée un processus de décolonisation et de reconquête de tous les espaces publics portant le nom des colonisateurs, conquérants et génocidaires, et à partir d’aujourd’hui» l’autoroute Francisco Fajardo, un descendant d’Espagnols né au Venezuela et lié à la colonisation, s’appellera «Grand cacique Guaicaipuro», a annoncé Nicolás Maduro. Pendant plus de deux décennies au pouvoir, le chavisme a changé le nom de plusieurs sites vénézuéliens emblématiques.

(ATS/NXP)

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