France : Manuel Bompard défend ses propos controversés sur la gifle de Quatennens

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France Manuel Bompard défend ses propos controversés sur la gifle de Quatennens

Sous le feu des critiques pour avoir affirmé qu’une «gifle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours», le député LFI refuse de qualifier sa sortie de «maladresse»

«Dire ça, dire qu’il faut graduer, ce n’est pas minimiser, ce n’est pas relativiser», a déclaré dimanche Manuel Bompard.

«Dire ça, dire qu’il faut graduer, ce n’est pas minimiser, ce n’est pas relativiser», a déclaré dimanche Manuel Bompard.

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Une gifle est «une violence inacceptable» et «dire qu’il faut graduer les sanctions, ce n’est pas minimiser», s’est défendu dimanche le député LFI Manuel Bompard, regrettant une polémique sur ses propos après les aveux de violences conjugales de son collègue Adrien Quatennens.

«Je ne veux pas relativiser»

Le député, très proche du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, s’est attiré les foudres des féministes et bien au-delà après avoir dit qu’une gifle n’était «jamais acceptable» mais qu’elle n’était «pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours». «J’ai été choqué» de voir que la «partie importante» de la phrase «qui dit qu’une gifle est toujours inacceptable» ait été évincée par certains médias, a-t-il dit dimanche sur BFMTV.

Le député a également déploré «une polémique» qui «donne l’impression que je relativise: je ne veux pas relativiser. Je n’ai jamais voulu», a-t-il insisté. «Je n’ignore pas ce qu’on appelle le continuum en matière de violences conjugales, c’est-à-dire que souvent, parfois, peut-être toujours une violence répétée, elle commence par une gifle. Et les associations féministes, les gens qui travaillent sur ce sujet, ont raison de dire que c’est au moment de la première gifle qu’il faut réagir», a-t-il poursuivi.

«Gradation des faits»

Il a toutefois refusé de qualifier de «maladresse» ses propos, expliquant qu’il y avait bien «une gradation des faits» à laquelle devait répondre «une gradation des réponses et des sanctions». «Dire ça, dire qu’il faut graduer, ce n’est pas minimiser, ce n’est pas relativiser. Dire qu’il faut graduer c’est y compris pouvoir être plus efficace ensuite dans la manière de répondre à ces violences», a-t-il argumenté. Figure de la jeune garde de La France insoumise (LFI), le député Adrien Quatennens, sous le coup d’une enquête après une main courante déposée par son épouse, a annoncé qu’il se mettait «en retrait de sa fonction de coordinateur» du mouvement, reconnaissant des violences envers son épouse.

Le député Adrien Quatennens.

Le député Adrien Quatennens.

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Manuel Bompard a souligné que depuis 2018, le groupe LFI à l’Assemblée avait, «à chaque examen budgétaire» déposé une proposition de loi pour qu’on accorde un budget d’un milliard d’euros aux luttes contre les violences faites aux femmes, comme le demandent les associations. «Cet amendement n’a pas été adopté» par la majorité, a-t-il dit, y voyant «un deux poids deux mesures» de membres du gouvernement qui l’ont pilonné pour ses propos, citant notamment le ministre des Comptes publics Gabriel Attal.

«Propos terriblement choquants»

Ce dernier a dénoncé, dans le «JDD», des «propos terriblement choquants» de Manuel Bompard, estimant que «la violence n’est pas une gradation, c’est une spirale». Il a également fustigé «la culture du chef» Jean-Luc Mélenchon au sein de LFI, comme le ministre des Relations avec le Parlement Franck Riester qui a fustigé sur Radio J «un comportement de violence scandaleux» du leader insoumis pour avoir touché la joue d’un journaliste de Quoditien.

Samedi soir, Jean-Luc Mélenchon, également vivement critiqué pour un tweet du 18 septembre rendant hommage au «courage» d’Adrien Quatennens qui venait d’avouer des violences conjugales, a dit «accepter les critiques». «Tout le monde peut faire mieux, moi aussi», a-t-il déclaré sur France 2.

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(AFP)

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