Actualisé 22.12.2016 à 16:53

FranceManuel Valls enfariné à Strasbourg

Le socialiste a été «agressé» par un opposant qui a voulu l'interpeller sur le «49.3» alors qu'il se rendait dans un café.

Un homme d'une trentaine d'années est parvenu à s'approcher par derrière du candidat, qui s'apprêtait à entrer dans un café pour rencontrer élus et sympathisants. Après avoir pris à partie l'ex-Premier ministre sur une de ses propositions choc en matière constitutionnelle, il lui a lancé de la farine.

Manuel Valls est resté impassible, s'essuyant le visage avec un mouchoir avant d'entrer dans l'établissement.

Il a ensuite relativisé, non sans ironie, l'incident à la fin d'un discours devant des militants et élus socialistes. Il y a des débats et c'est normal, il faut de l'exigence. Il n'y a que ceux qui ne connaissent pas les campagnes électorales qui sont étonnés par le fait qu'on soit interpellé», a-t-il dit.

«Il n'y a rien de pire qu'une campagne où il ne se passe rien. On nous a même un peu arrosé, de farine sans gluten, une forme d'hommage à mon régime», a-t-il ajouté.

Arme constitutionnelle

L'ancien Premier ministre, qui est en concurrence avec six autres candidats pour la primaire de gauche en janvier, a provoqué la stupeur la semaine dernière en proposant de supprimer un article de la Constitution, le «49.3», qui permet l'adoption d'un texte sans avoir recours au vote à l'Assemblée nationale.

Or M. Valls, lorsqu'il était chef du gouvernement, a utilisé à plusieurs reprises cette arme constitutionnelle controversée, en particulier pour imposer une loi décriée sur la réforme du droit du travail. Cette dernière grande réforme du mandat du président François Hollande, adoptée à l'été, a provoqué de nombreuses manifestations et grèves pendant plus de trois mois.

«49.3 on n'oublie pas ! On n'oublie pas !», a lancé l'auteur de l'incident, qui a été interpellé dans la foulée par la police.

Persuadé d'être le seul à pouvoir «rassembler la gauche», Manuel Valls, 54 ans, a démissionné de ses fonctions début décembre pour se lancer dans la course à l'investiture quelques jours après le renoncement de l'impopulaire François Hollande à briguer un second mandat.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!