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FranceManuel Valls s'efforce de redonner un cap aux socialistes

Le Premier ministre français a tenté dimanche de convaincre le parti socialiste de faire confiance au gouvernement, notamment sur les questions budgétaires.

Manuel Valls a cloturé l'université d'été du PS par un discours de confiance.

Manuel Valls a cloturé l'université d'été du PS par un discours de confiance.

Keystone

Manuel Valls a tenté dimanche 31 août de convaincre sa famille politique divisée de suivre le cap du «sérieux budgétaire» choisi par le gouvernement. Lors de son discours de clôture à l'université d'été du Parti socialiste, le Premier ministre a invité le PS à débattre «face à la droite» plutôt qu'en son sein.

Dans un discours énergique prononcé en clôture de l'université d'été du PS à La Rochelle, où planaient les fantômes de la désunion, le Premier ministre a récusé le terme d'austérité. Il a également demandé aux entreprises de faire preuve de «patriotisme économique», en appliquant le Pacte de responsabilité.

Devant un auditoire agité où des huées ont parfois retenti, il a justifié la mise à l'écart des ministres en désaccord avec sa politique au nom de la «responsabilité que les Français (leur) ont confiée».

«Nous ne faisons pas de l'austérité et c'est ça qui fonde la différence entre la gauche et la droite, et entre ce qui se fait en France et ailleurs», a-t-il déclaré, réitérant, à l'adresse de Bruxelles, la nécessité «d'adapter le rythme de réduction des déficits à la situation économique, au niveau de la croissance et à la nouvelle donne que nous visons en Europe».

Les 35 heures ménagées

S'il a invité la Banque centrale européenne à aller «plus loin» vers une baisse de l'euro pour favoriser l'emploi, il s'est aussi adressé aux patrons français.

Dans un discours oscillant habilement entre la riposte et l'apaisement, Manuel Valls, qui a fait huer les «bonus indécents» quand les Français «ont tant de mal à boucler leurs fins de mois», a déploré les sifflets entendus contre l'entreprise.

Donnant des gages à un auditoire où l'enthousiasme s'est levé peu à peu, Manuel Valls a affirmé qu'il ne toucherait pas à la semaine de 35 heures et confirmé des gestes fiscaux supplémentaires pour 2015.

Le manque de résultats économiques et l'impopularité de l'exécutif au pouvoir depuis deux ans ont instillé le doute chez les socialistes, où des élus «frondeurs» menacent de ne plus soutenir le gouvernement au Parlement.

Confiance «pas automatique»

Samedi, le Premier ministre avait affirmé qu'il ne tenait pas rigueur à Christiane Taubira d'avoir assisté à une réunion des élus «frondeurs» socialistes. A peine arrivé à La Rochelle, le Premier ministre a dû éteindre le début d'incendie provoqué par la visite surprise de la garde des Sceaux au rassemblement politique de l'aile gauche du parti.

Au cours de cette réunion, les parlementaires «frondeurs» ont lancé «Vive la gauche», un collectif sans chef qui se veut «fidèle aux valeurs de la gauche» en combattant une politique économique jugée trop austère et trop favorable au patronat.

Les élus rebelles, qui se sont parfois abstenus au Parlement ces derniers mois sans empêcher l'adoption d'aucun texte, devront se concerter au moment d'accorder ou non leur confiance au gouvernement Valls II, puis de voter le budget 2015 à l'automne.

Un autre élu a prévenu à la tribune que «la confiance n'(était) pas automatique», un troisième a rappelé que Manuel Valls n'avait recueilli que 5% à la primaire PS de 2011.

Risque d'éclatement

Dimanche, Manuel Valls a rendu hommage appuyé à François Hollande qui «mérite le respect de tous, notre affection, notre loyauté, notre soutien parce que c'est grâce à lui (...) que nous pouvons aujourd'hui gouverner». «C'est notre devoir d'être à ses côtés», a-t-il affirmé.

Le discours du Premier ministre a refermé une édition 2014 «typique du Parti socialiste: une oscillation permanente entre un trouble et un réflexe légitimiste», selon une formule du ministre de la Réforme de l'Etat, Thierry Mandon.

Au début de la séance de clôture, le malaise s'est notamment exprimé dans le discours très offensif de Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes, qui a demandé de «prendre conscience des désillusions qui règnent (et) mènent à l'abstention et au Front national».

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du dimanche, 76% des 1007 personnes interrogées pensent que le PS court le risque d'éclater en plusieurs courants d'ici 2017.

(ats)

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