Motocyclisme - Marc Márquez au bout de lui-même
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MotocyclismeMarc Márquez au bout de lui-même

Adrénaline aidant, on l’a vu souriant dans ses premières déclarations, au pied du podium du GP d’Aragón. Mais Marc Márquez a terminé sa course à bout de force.

par
Jean-Claude Schertenleib

Jamais on ne l’avait vu aussi marqué, jamais on ne l’avait vu aussi heureux Il a terminé à la deuxième place du GP d’Aragon derrière Francesco Bagnaia). Revanchard, quand il dit: «Certains se demandaient si le vrai Márquez existait toujours; eh, bien, vous l’avez vu!» Peut-être un peu, quand même, mais surtout fier d’avoir répondu à plusieurs questions, à des doutes, car même-lui – il ne nous fera pas croire le contraire – est passé par des moments, ces quinze derniers mois, où il s’est forcément posé la question: «To be, or not to be Marc Márquez again?»

On connaît désormais la réponse. Et une bonne heure après l’arrivée, quand les trois premiers se sont retrouvés pour la traditionnelle conférence de presse, on a vu cette image saisissante: Márquez qui prend sa bouteille d’eau de sa main gauche, qui essaie de l’ouvrir avec la droite, qui n’y parvient pas et qui décide de s’aider de ses dents! L’octuple champion du monde a dû bien dormir, dimanche soir...

Valentino Rossi, l’hypnotiseur

Il a déjà vécu un tel bonheur, un tel honneur, l’an dernier avec Franco Morbidelli; voici que le Docteur Valentino Rossi voit un autre de ses académiciens monter sur la plus haute marche d’un podium en MotoGP: «Je suis vraiment heureux pour Bagnaia, la première victoire en MotoGP est un moment qu’un pilote n’oublie jamais et une victoire comme ça, avec une telle bagarre dans les derniers tours, c’est quelque chose de splendide», avoue le patron de la VR46.

Un homme aux multiples talents, dont on ne connaissait pas encore celui-ci: «Parfois, «Pecco» a pris des décisions étranges en ce qui concerne le choix des pneus. Alors samedi soir, j’ai essayé de l’hypnotiser, en disant hard/soft, hard/soft, hard/soft. Et ce matin (dimanche), après le warm-up, j’ai encore répété une fois ce conseil», sourit Rossi. Et ça a marché!

Première victoire en MotoGP pour l’Italien Francesco Bagnaia.

Première victoire en MotoGP pour l’Italien Francesco Bagnaia.

AFP

L’imbroglio pneus/réglages/adaptation...

En compétition, le pneumatique a toujours occupé une place importante, souvent décisive. Après les années où plusieurs manufacturiers étaient en concurrence, celles où l’on savait que sur tel circuit, le pneu de la marque X valait une seconde au tour par rapport à celui de la marque Y, on vit désormais à l’heure du fournisseur unique (Michelin en MotoGP, Dunlop en Moto2 et en Moto3, Pirelli en superbike et en supersport).

Dimanche, Johann Zarco mis à part – le Français a opté pour la gomme «medium» à l’avant, mais avoue que sa contre-performance (17e) n’a rien à voir avec ce choix –, ils sont tous partis avec un pneu dur à l’avant et tendre à l’arrière. Ce choix a bien sûr été testé lors des essais. Problème: il semble de plus en plus qu’un pneu qui a pourtant supporté la distance d’une course en deux ou trois «runs» aux essais, ne se comporte pas de la même façon que le pneu qu’on monte neuf au départ et qui va devoir couvrir 23 tours à la suite, comme ce fut le cas en Aragón.

A Silverstone, Rossi parlait d’un pneu qui avait comme «brûlé» en quelques tours, et dimanche, Fabio Quartararo s’est lui aussi retrouvé face à un casse-tête – et d’autres avec lui. «Avant d’avoir analysé toutes les données, je ne peux pas affirmer que tous mes soucis sont venus des pneus, ce qui est sûr, c’est que jamais encore, cette saison, je n’avais eu ce type de feeling. Dès le début, je n’ai pas eu les sensations habituelles, que ce soit au freinage, au niveau du grip, ou bien encore de la traction. Il est donc évident que quelque chose ne s’est pas passé comme prévu», a expliqué celui qui reste solidement en tête du championnat.

Lüthi et les nombreuses chutes en Moto2

Une chose est claire: les conditions de la piste, dimanche au moment des départs, était différente de celles connues depuis le début du week-end (47 degrés au sol pour le MotoGP, légèrement moins à 12 h 20 pour la classe Moto2). N’empêche: les chutes ont été anormalement nombreuses dans la catégorie intermédiaire (10, sur 32 partants), dont celle de Thomas Lüthi en début de course.

«Le warm-up matinal avait été positif, le feeling était bon; mon temps de réaction au départ a été parfait, j’étais bien placé au premier virage, mais très rapidement, j’ai commencé à avoir des problèmes avec le pneu avant, puis l’arrière. Je devais me battre pour ne pas perdre trop de positions – il passe alors de la quatorzième à la vingtième place –, mais ce n’était plus possible, j’ai insisté et j’ai perdu l’avant», explique le Bernois.

La course n’a pas duré longtemps pour Thomas Lüthi.

La course n’a pas duré longtemps pour Thomas Lüthi.

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