25.07.2020 à 20:12

MotocyclismeMarc Marquez vous salue bien…

Non, l’octuple champion du monde n’est pas un irresponsable. Il est venu, il a compris, il est reparti.

par
Jean-Claude Schertenleib

Un titre perdu, combien de gagnés?

Le GP d’Andalousie se déroule ce dimanche, à Jerez de la Frontera. Pas certain que ceux qui ont dominé le week-end dernier le GP d’Espagne se partagent encore tous les honneurs, quoique la nouvelle domination des deux pilotes Yamaha Fabio Quartararo (ci-dessous) et Maverick Viñales laisse à penser que demain soir, le retard de Marc Marquez sur celui qui occupera la tête du championnat pourrait être de plus de 40 points.

Alors qu’il ne restera que onze courses – si tout va bien, la menace Covid-19 restant réelle – au programme de ce championnat 2020 forcément différent. Pas besoin d’être Pythagore pour comprendre que le double zéro du tenant du titre Marc Marquez devrait logiquement être éliminatoire, même si la course n’est pas toujours logique et que les retournements de situation sont toujours possibles dans un art que l’on exerce en permanence sur un fil.

En mettant un terme à son défi – revenir et disputer une course une semaine après une chute terrible, cinq jours après une opération complexe –, Marc Marquez sait qu’il a certainement perdu toutes ses chances de conserver sa couronne. Mais pour ce titre perdu, combien de gagnés, demain et après-demain?

Même si sa tentative semblait logiquement et physiquement impossible, l’étalement aussi brutal de sa force psychologique est un message dont n’avaient pas besoin ses adversaires pour se rendre compte que face à lui, décidément, il ne sera jamais facile de s’imposer.

Aurait-il dû se ménager, rester chez lui? Non. Marc Marquez savait qu’il n’y avait qu’un seul moyen de mesurer à quel point il était handicapé, c’était de piloter sa Honda. Il l’a fait une vingtaine de tours.

On relèvera qu’en début d’après-midi, par une chaleur étouffante, il a perdu moins d’une seconde – si, si, 999 millièmes! – sur le meilleur temps de la quatrième séance d’essais libres. Et qu’il a laissé derrière lui plusieurs pilotes, et pas seulement d’autres miraculés – Crutchlow et son scaphoïde fraîchement opéré d’une fracture, Rins et son épaule à peine remise d’une dislocation. Avant de comprendre que c’était trop. Il est donc reparti, comme il avait promis de le faire.

«Ce soir, je vais bien dormir»

Marc Marquez, qui ne s’était pas exprimé publiquement depuis sa chute de dimanche dernier, a expliqué en fin de journée pourquoi il avait tenté ce défi: «Tenir 25 tours, je savais que ce serait difficile. Mais il y avait une petite possibilité et mon caractère est ainsi fait que lorsque j’entrevois la moindre ouverture, j’essaie de l’utiliser. Ce soir, je vais bien dormir, parce que j’ai essayé et j’ai vu que ce n’était pas possible.»

Lüthi et la politique des petits pas

18e des essais au Qatar (10e en course), 19e il y a une semaine sur le même circuit de Jerez de la Frontera (chute en course), neuvième chrono des qualifications samedi: ce n’est pas encore le Thomas Lüthi qui joue le podium chaque week-end, mais ce n’est plus l’homme – et l’équipe – perdus de ce début de drôle de championnat: «Il y a peu à peu des progrès, ce qui est toujours positif. Tout le monde travail très fort, dans des conditions – la chaleur extrême – où il n’est pas facile de rester concentré. Nous ne sommes de loin pas encore où nous le désirons, mais l’amélioration est là. Réussir un ou deux tours rapides en qualification, c’est quelque chose, mais l’important, c’est de trouver de la régularité pour la course; et sur ce plan, nous avons encore du boulot pour le warm-up de dimanche matin.»

La première pole «électrique» de Dominique Aegerter

Le 12 juillet 2014, sur le circuit du Sachsenring, Dominique Aegerter obtenait sa première et, jusqu’à hier, seule pole position en championnat du monde. C’était en Moto2 et le lendemain, dimanche 13 juillet, il gagnait le GP d’Allemagne. De l’eau, des larmes, des soucis ont passé sous les ponts de Rohrbach depuis six ans, mais l’histoire retiendra que le 25 juillet 2020, le même numéro 77, désormais pilote en Coupe F.I.M. MotoE, a obtenu le meilleur temps des qualifications, à sa deuxième participation dans la discipline. Troisième le week-end dernier pour sa première course de moto électrique, Aegerter sait qu’il a le rythme pour jouer la gagne sur les six tours de l’épreuve. La clef? «Un meilleur premier tour que l’autre jour», dit-il.

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