Actualisé 22.08.2018 à 04:57

Marche antispéciste: les boucheries sous surveillance

Genève

La Marche pour la fin du spécisme organisée samedi prochain ne fera pas l'objet de mesure de sécurité extraordinaire. Mais les boucheries feront l'objet d'«une attention particulière».

par
Anne-Charlotte Müller
Archives 2016: Marche pour la fin du spécisme à Genève.

Archives 2016: Marche pour la fin du spécisme à Genève.

Théo Héritier

Les antispécistes investiront les rues de Genève samedi 25 août pour une grande Marche en faveur de la fin du spécisme, organisée par l'association Pour l'égalité animale (PEA).

Cette quatrième édition se déroulera dans un contexte plus tendu que les années précédentes. En effet, les défenseurs de la cause animale ont défrayé la chronique et fait les gros titres des journaux cette année, avec des actions qui ne sont pas passées inaperçues: caillassages de boucheries et de restaurants, manifestation non autorisée avec diffusion de cris d'animaux, enlèvement de cabris dans un abattoir notamment. Est-ce que l'on doit s'attendre à de nouvelles casses durant ce rassemblement? Voire des contres manifestations de la part de consommateurs de viande, de bouchers ou d'éleveurs en colère?

Encadrement standard»

«Je n'ai pas du tout pensé à cette possibilité, confie Fabien Truffer, porte-parole de l'association PEA. Ce regroupement a reçu une autorisation de la part des autorités. Nous aurons une dizaine de militants qui encadreront le cortège et quelques policiers comme pour une manifestation standard.» La police genevoise confirme qu'elle ne déploiera pas plus d'agents sur place que les années précédentes. «Les cibles potentiellement visées, comme les boucheries par exemple, feront par contre l'objet d'une attention particulière», indique le porte-parole. L'année dernière la manifestation avait mobilisé entre 800 et 1000 personnes. Cette année, les organisateurs espèrent rassembler autant de monde.

Mais si tous les antispécistes se battent pour une même cause - mettre fin à l’exploitation animale - l'association PEA affirme adopter des moyens d’action et des stratégies extrêmement différentes des casseurs de vitrines.

Ces personnes sont désemparées

«Avec cette marche, nous voulons montrer que malgré les caillassages de boucheries, un grand nombre de personnes considère qu'il est possible d'exprimer ses opinions de façon acceptable, plus dépassionnée. Nous comprenons les militants qui ont perpétré ces actions virulentes, mais nous ne cautionnons pas. Ces personnes sont désemparées et pensent que ces agissements sont le seul moyen de faire changer les choses. Pour gagner l'opinion publique il est plus efficace de le faire par la raison», défend Fabien Truffer.

A ce propos, des conférences publiques auront lieu toute la journée autour de la question du spécisme et du mouvement antispéciste, à la Maison des Associations, le dimanche 26 août.

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