Commentaire: Marco Chiesa chauffe ses troupes pour prendre la Coupole
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CommentaireMarco Chiesa chauffe ses troupes pour prendre la Coupole

La pétition contre le confinement reprise par l’UDC sonne comme un appel à l’insurrection contre la Berne fédérale.

par
Eric Felley
L’UDC du président Marco Chiesa tente de créer une crise politique dans la crise sanitaire.

L’UDC du président Marco Chiesa tente de créer une crise politique dans la crise sanitaire.

parlement.ch/UDC

La vindicte contre Alain Berset a été lancée il y a quelques semaines déjà par le chef de groupe aux Chambres fédérales, Thomas Aeschi (UDC/ZG). Dans de nombreux tweets, il s’en prend au conseiller fédéral et sa politique de lutte contre la pandémie. La semaine passée, le PLR s’est mis lui aussi à critiquer le Fribourgeois, lui reprochant de ne pas avoir une stratégie claire. Ce n’est plus «une gestion de la crise, mais une crise de la gestion», a dénoncé le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD). Cela ressemble surtout à une crise politique que d’aucuns veulent entretenir comme un abcès.

Après bientôt une année de pandémie, la lassitude et le mécontentement de la population sont des ressentiments faciles à récupérer. Les jeunes PLR zurichois, qui font circuler une pétition demandant la fin du confinement, l’ont bien compris. L’UDC l’a reprise maintenant à son compte, lançant notamment la rumeur que le confinement actuel durerait jusqu’à juillet-août. C’est son président en personne, Marco Chiesa, qui envoie des courriers électroniques à des milliers de gens: «Stop Lockdown». L’UDC semble tout à coup s’intéresser à des sujets sociétaux: «Les dépressions et les cas de violences domestiques progressent fortement… De plus en plus de gens vivent dans la solitude, le taux de suicide augmente…» Enfin de nombreuses entreprises sont «au bord de la ruine», des secteurs économiques entiers sont «poussés vers l’abîme.»

Dépressions, violences suicides, ruine, abîme… Heureusement que nous ne sommes pas en guerre! Cette pétition a la valeur d’une insurrection en ligne contre la politique du Gouvernement. Ah, si toutes ces signataires pouvaient se soulever ensemble, physiquement, et se déplacer à Berne avec des cloches et des arbalètes pour envahir la Coupole fédérale comme d’autres ont envahi le Capitole. Mais une pétition, fut-elle munie de cinq cent mille signatures, demeure un instrument démocratique qui a peu de poids. D’ailleurs, toutes celles qui arrivent jusqu’à Berne en bonne et due forme ne suscitent jamais beaucoup d’intérêt de la part des parlementaires.

Celle-ci a cependant valeur de démonstration de force ou d’outil d’intimidation qui s’adresse non seulement à Alain Berset, mais à tous les membres du Conseil fédéral. Elle montre aussi que le dialogue est rompu à Berne entre les partis gouvernementaux. Vendredi dernier, les présidents des partis et trois conseillers fédéraux - Alain Berset, Guy Parmelin et Ignazio Cassis – se sont pourtant rencontrés pour les entretiens de Watteville consacré à la crise sanitaire. On se demande bien ce qu’ils ont pu se raconter entre quatre yeux. En tout cas, on peut parier que tout le monde a gardé son masque.

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98 commentaires
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Réponse à tout

11.02.2021, 23:43

L'UDC passe son temps à critiquer ce que font les autres partis. Lorsqu'elle est aux affaires, elle fait au mieux, mais pas mieux que les autres, au contraire. Imaginez un seul instant que Parlemin soit socialiste. Que dirait l'UDC au sujet d'un tel Président? Les autres partis sont fair-play, et c'est très bien, mais l'UDC pourrait avoir un peu de modestie et s'en inspirer.

La fée Pachier

11.02.2021, 14:53

Pourquoi ne pas mettre Maurer à la santé et Berset aux finances pour voir s'il fait mieux !

AIE.

11.02.2021, 10:30

Rappelez-vous du médecin chinois qui avait alerté sur le danger du coronavirus! Pensez vous que c'était un agitateur? Qu'il surestimait ce virus? Que sa mort est un hasard? Il l'a vu de près, de trop près, il a compris mieux et avant les autres ce qui nous menaçait.