Ski alpin – Marco Odermatt: «Je me sentais tout sauf favori à Wengen!»
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Ski alpinMarco Odermatt: «Je me sentais tout sauf favori à Wengen!»

Pour sa première sur le Lauberhorn, le Nidwaldien a remporté tel un patron le super-G de Wengen. Le prodige avait de la peine à mesurer la portée de son exploit.

par
Sylvain Bolt
(Wengen)

Dans l’aire d’arrivée du Lauberhorn, Marco Odermatt a levé les bras au ciel, comme s’il s’envolait. Son cri a résonné au pied du mythique Lauberhorn, privé de public pour le super-G de jeudi.

Une épreuve rajoutée au programme de Wengen qui a permis au skieur de 24 ans de signer sa quatrième victoire en super-G alors qu’il découvrait la mythique piste de l’Oberland bernois. Et de s’imposer cinq jours après son exploit en géant sur la voisine Chuenisbärgli en géant.

Cette deuxième victoire en super-G permet au Suisse de revenir à 61 points du Norvégien Aleksander Aamodt Kilde, 2e à 23 centièmes, alors qu’il ne reste que deux épreuves au programme dans la discipline.

Marco Odermatt ne veut pas se placer en favori de la descente.

Marco Odermatt ne veut pas se placer en favori de la descente.

AFP

«On se livre une sacrée bataille cette saison. C’est très plaisant de se battre contre lui, car c’est un bel adversaire dans une forme étincelante», a relevé le Norvégien, lui aussi bluffé par le phénomène.

Marco, comment décririez-vous cette victoire pour votre première à Wengen?

C’est incroyable, je ne sais pas quoi dire. J’étais super motivé aujourd’hui avec le temps magnifique et les montagnes. Personne ne connaissait vraiment la piste du super-G (ndlr: une première depuis 1994 au Lauberhorn dans la discipline) et c’était très impressionnant pour nous tous. J’ai aimé découvrir les passages mythiques.

Tous vos concurrents ont été bluffés dans l’aire d’arrivée. Et vous, à quel point êtes-vous satisfait de votre performance aujourd’hui?

Je dois avouer que je me suis encore un peu plus surpris moi-même aujourd’hui. Car je me sentais tout sauf favori à Wengen. J’ai abordé l’épreuve de manière décontractée. Après le week-end passé, c’est assez fou d’enchaîner avec une victoire ici.

Êtes-vous prêt pour la descente du Lauberhorn?

Non, je ne peux pas dire que je suis prêt. Ce n’est pas le bon mot pour cette descente. Bien sûr, la course d’aujourd’hui m’apporte beaucoup de confiance et l’avantage d’une descente plus courte vendredi me permettra probablement de faire un meilleur résultat. Mais je ne me compte pas pour autant parmi le cercle des favoris. Pour samedi, ce sera plus difficile car le départ est très difficile pour un géantiste.

Comment décririez-vous l’exploit de s’imposer à Adelboden et Wengen en une semaine?

Je ne crois pas que ce soit souvent arrivé qu’un skieur s’impose à Adelboden puis à Wengen la même semaine. C’est magnifique, comme dans un rêve! Les deux courses étaient très différentes, notamment en termes d’émotions. La pression n’était pas la même. Pour skier, Adelboden était très difficile et dur. Ici, c’était très calme. Mais les deux fois ça a fonctionné.

Johan Clarey: «C’est un surdoué»

Dans l’aire d’arrivée, les réactions après la victoire de Marco Odermatt étaient unanimes. Le Norvégien Aleksander Aamodt Kilde, deuxième à 0’’23, s’est réjoui du duel avec le Nidwaldien: «Tous les deux, on offre toujours un beau combat».

L’Autrichien Matthias Mayer, champion olympique en titre de la discipline, troisième, n’a pas trouvé les mots pour décrire la performance d’Odermatt: «Que dire de plus? C’est titanesque».

«Il s’adapte à toutes les conditions, c’est ça qui est impressionnant. Dès le deuxième entraînement, il était dans le coup en descente (…) C’est un surdoué, on le savait depuis longtemps mais maintenant c’est confirmé», a salué le Français Johan Clarey, 18e jeudi. Au point de pouvoir s’imposer dans le jardin de son compatriote Beat Feuz, triple vainqueur ici? «Franchement, je ne dis plus rien», a plaisanté Clarey. «Je ne pensais pas, mais je pense que oui, finalement».

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