Football: Marco Rose: la carotte et le bâton
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FootballMarco Rose: la carotte et le bâton

Le Borussia Mönchengladbach a connu deux importants problèmes disciplinaires ces dernières semaines. Le pragmatisme de son coach l'a emporté.

par
Robin Carrel
L’incartade de Breel Embolo a été bien gérée.

L’incartade de Breel Embolo a été bien gérée.

AFP

On parle souvent du cliché de la rigueur allemande. Les «Fohlen», eux, ont plutôt mis en avant un pragmatisme tout germanique ce week-end. En quelques semaines, ils ont dû faire face à deux problèmes pas facilement gérables pour un coach ou un directeur sportif: Marcus Thuram, fraîchement convoqué en équipe de France, a été suspendu cinq matches pour avoir craché sur un adversaire; alors que Breel Embolo n'a pas payé cher (écarté un match) une grosse bêtise, une soirée «chez un ami pour regarder du basket», là où certains médias évoquaient bien plus grave.

Le Français, justement vilipendé en Allemagne comme en France après avoir craché au visage d’un adversaire, Stefan Posch, lors de la partie face à Hoffenheim (1-2) le 19 décembre dernier, a retrouvé les pelouses vendredi. Il a remplacé Jonas Hofmann, brillant pendant l'absence du «fils de», à la 65e minute de la partie contre le Borussia Dortmund et a même marqué le 4-2 final. Mais l'Allemand de 28 ans a mis la pression sportivement et Thuram va devoir cravacher pour retrouver sa place de titulaire.

«Même avant sa suspension, ses performances n'étaient pas toujours convaincantes.»

Marco Rose, coach de Gladbach

«J'espère que Marcus a appris de ce qu'il s'est passé et qu'il fera à nouveau parler de lui pour ses bonnes performances, afin de reconstruire le crédit qu'il a perdu, a dit son coach Marco Rose. Nous allons le soutenir dans cet objectif. Il sait que nous avons gagné des matches sans lui ces dernières semaines. Mais même avant sa suspension, ses performances n'étaient pas toujours convaincantes.» Un peu de pression, mais du temps de jeu quand même. L'entraîneur des «Poulains» sait manier la carotte et le bâton.

Le cas de Breel Embolo est quant à lui un peu plus nébuleux. Il est accusé par la maréchaussée et une certaine presse d'avoir participé à une soirée avec 22 autres personnes, dans un restaurant d'Essen où les gestes barrières ont été plus que moyennement appliqués. «Notre position à l'égard de Breel Embolo n'a pas changé. C'est entre les mains de ses avocats. Ses deux tests au coronavirus étaient négatifs et il a donc pu être incorporé au groupe pour Dortmund», a coupé son coach, avant de prévenir: «Le fait est qu'il est totalement inutile d'aller voir un autre ami avec un copain samedi soir à 2h30 du matin pendant la pandémie, en tant que personne publique.»

Car le joueur, lui, s'était défendu sur les réseaux sociaux: «Dans la nuit de dimanche, après le match contre Stuttgart, je suis allé dîner avec un ami. Dans les circonstances actuelles, c'était une erreur.» Mais l'attaquant dément totalement avoir pris part à la soirée controversée: «C'est une fausse information. L'appartement dans lequel je me trouvais se trouvait à proximité du local dans lequel cette fête avait lieu.» Il a tout de même eu le droit de participer à la fête contre l'ancien club de Lucien Favre, pendant 19 minutes, au relais d'Alassane Pléa.

Les errements de certains des éléments de Marco Rose n'ont pas fait plier un Borussia Mönchengladbach, qui reste sur quatre victoires en cinq parties de Bundesliga en 2021, avec au passage un succès de prestige contre le Bayern Munich (3-2). L’Allemand et les siens sont encore en lice pour décrocher une nouvelle place en Champions League la saison prochaine. La fine psychologie de l'entraîneur de 44 ans, double champion d'Autriche avec Salzbourg en 2018 et 2019, n'y est clairement pas pour rien.

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