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FranceMarée violette à Paris: «Harceleur, t'es foutu»

Environ 50'000 personnes ont dénoncé les violences sexistes lors d'une manifestation samedi à Paris.

La «marée violette», la couleur des marches contre les violences faites aux femmes, a déferlé sur Paris samedi.

Près de 50'000 personnes ont défilé samedi à Paris pour dire «stop» aux violences sexistes et sexuelles envers les femmes et aux féminicides. Le nombre de cas (au moins 116 depuis le début de l'année) suscite une vague d'indignation sans précédent en France.

«Agresseur, harceleur, t'es foutu, les femmes sont dans la rue»: des manifestants en nombre ont battu le pavé samedi à travers la France. «Dans 32 féminicides, c'est Noël», pouvait-on lire sur une pancarte dans le cortège parisien qui a réuni 49'000 manifestants, selon un comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP. Nombres des manifestants brandissaient des panneaux affichant la photo de leur proche assassinée.

«Brisons le silence, pas les femmes»

Une grande banderole s'élevait contre une «justice complice», tandis qu'une multitude de pancartes proclamaient: «Ras le viol», «Féminicides, pas une de plus», «Brisons le silence, pas les femmes», «Qui ne dit mot ne consent pas» ou encore «Aux femmes assassinées la patrie indifférente».

Ils n'étaient qu'une petite poignée à arborer un gilet jaune, noyée dans la «marée violette», la couleur des marches contre les violences faites aux femmes.

Depuis le début de l'année 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP. Le collectif féministe «Féminicides par compagnons ou ex» a lui dénombré 137 femmes tuées dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier. Sur toute l'année 2018, le chiffre avait atteint 121 femmes victimes, selon le ministère de l'Intérieur.

Une trentaine de marches étaient également organisées dans le reste de la France, notamment à Toulouse (sud-ouest), où la marche a rassemblé plusieurs centaines de manifestants, selon l'AFP. «A bas, à bas le patriarcat», «On ne se laissera plus jamais faire», scandaient les manifestantes.

L'an passé, près de 50'000 personnes s'étaient rassemblées fin novembre dans toute la France dont 30'000 à Paris selon les organisatrices, la police ayant compté de son côté 12'000 manifestants dans la capitale.

«Manque de moyens»

«On pense que ça va être une marche historique», a déclaré samedi l'une des organisatrices, Caroline De Haas, convaincue que «le niveau de conscience (...) sur la question des violences est en train de bouger de manière assez radicale».

La militante féministe a cependant pointé un «manque de moyens» et une «absence de réponse à la hauteur de la part du gouvernement». Elle réclame un milliard d'euros pour la lutte contre les violences faites aux femmes, alors que le budget qui lui est consacré est de 361,5 millions d'euros annuels, selon le cabinet de la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.

Cette mobilisation survient juste avant la clôture lundi d'une vaste consultation sur les violences conjugales, lancée début septembre pour tenter d'enrayer ce fléau. Le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, doit y annoncer une quarantaine de mesures.

Près de 70 organisations et plusieurs personnalités se sont jointes au défilé parisien. Quelque 213'000 femmes majeures sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint, selon les données officielles.

Rome aussi dit «non» aux violences contre les femmes

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi à Rome pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles et dire «stop» aux féminicides à l'appel de l'association féministe «Non Una Di Meno» (Pas une de moins).

Le cortège, composé majoritairement des femmes, a sillonné pendant l'après-midi les rues du centre historique de la capitale derrière une banderole où était inscrit: «Contre votre violence, nous sommes la révolte».

«Nous sommes le cri féroce et puissant de toutes ces femmes qui n'ont plus de voix», pouvait-t-on lire sur l'un des écriteaux brandis par des manifestants.

(ats/afp)

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