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Ski alpinMaria Walliser: «Doris a été mon modèle»

La Saint-Galloise et Pirmin Zurbriggen rendent hommage à la Tessinoise Doris De Agostini, décédée dimanche à 62 ans.

par
Sylvain Bolt
Doris De Agostini (à g.) et Maria Walliser (à dr.), ici en 1982 après la descente des championnats du monde de Schladming, qu’elles ont respectivement terminé aux 7e et 12e rangs.

Doris De Agostini (à g.) et Maria Walliser (à dr.), ici en 1982 après la descente des championnats du monde de Schladming, qu’elles ont respectivement terminé aux 7e et 12e rangs.

KEYSTONE

Doris De Agostini s’est éteinte dimanche à l’âge de 62 ans des suites d’une maladie incurable. Sa carrière de skieuse avait été brève mais couronnée de succès. Elle avait pris sa retraite en 1983, à l’âge de 25 ans seulement. Cela n’avait pas empêché la skieuse d’Airolo de décrocher 19 podiums en Coupe du monde, dont huit victoires.

Tout avait commencé sept ans plus tôt, lors d’une victoire surprise lors de la descente de Bad Gastein pour sa première course sur le cirque blanc. À 17 ans, elle avait profité de son dossard 26 pour doubler les favorites, en profitant aussi de conditions climatiques qui avaient joué en sa faveur. Ce succès lui avait permis de percer.

«Doris, c’était un immense talent, elle avait un ressenti rare sur les skis»

Pirmin Zurbriggen

Au premier abord, la skieuse d’Airolo n’avait pas forcément le profil type de la descendeuse. «Elle était très grande, fine et élancée, se souvient Pirmin Zurbriggen, qui a partagé la même marque de ski que l’ancienne championne. Mais cela ne l’a pas empêchée de briller sur la neige. Doris, c’était un immense talent, elle avait un ressenti rare sur les skis, elle se concentrait sur des détails et c’était une très bonne glisseuse qui a réussi à compenser ce léger handicap morphologique.»

Doris de Agostini, lauréate de la descente des championnats de Suisse en 1983 à Stoos. 

Doris de Agostini, lauréate de la descente des championnats de Suisse en 1983 à Stoos.

KEYSTONE

«Un style de ski inimitable»

Par sa classe et son élégance, Doris De Agostini a marqué l’histoire du ski suisse, décrochant la médaille de bronze de la descente des Mondiaux de Garmisch en 1978. «Doris a été mon principal modèle, j’ai toujours admiré son tempérament de battante, confie l’ancienne championne Maria Walliser. Son style de ski était inimitable!»

Mais la Tessinoise a aussi laissé une empreinte dans l’univers du ski en dehors des pistes et des piquets. «C’était une femme très honnête, qui dégageait une énorme sérénité, raconte Pirmin Zurbriggen, champion olympique de descente en 1988 à Calgary. Elle avait toujours un geste d’attention pour les gens autour d’elle et était une éternelle optimiste.»

Promesse tenue

Maria Walliser se souvient d’une anecdote qui en dit beaucoup sur la personnalité de Doris De Agostini. «Lorsqu’elle a pris sa retraite sportive après avoir décroché le globe de cristal de descente, elle m’a pris par la main et m’a emmenée à l’écart en me disant très clairement: l’année prochaine, tu vas gagner la Coupe du monde de descente. Je devais le lui promettre!» La Saint-Galloise n’avait pas déçu sa mentor puisqu’elle avait soulevé le premier de ses deux globes de descente en 1984.

«J’admirais son rayonnement et sa joie de vivre»

Maria Walliser


Élue sportive suisse de l’année lorsqu’elle a raccroché les skis en 1983, Doris De Agostini s’était retirée du cirque blanc au sommet de son art. Montrant la direction à suivre à sa successeure Maria Walliser, mais aussi à ses compatriotes Michela Figini (championne olympique de descente en 1984) et plus récemment à Lara Gut-Behrami, deux championnes italophones qui ont elles aussi réalisé leurs premiers virages à Airolo. «Doris a été la première skieuse tessinoise à briller et elle a ouvert la voie en montrant que c’était aussi possible de faire une carrière sur les skis au Tessin», affirme Pirmin Zurbriggen, qui avait recroisé son ancienne coéquipière à Zermatt lorsque sa fille y disputait des tournois de tennis.

L’émotion de Walliser

Maria Walliser et Doris De Agostini étaient restées en contact jusqu’au décès soudain de la Tessinoise, mariée à l’ancien hockeyeur Luca Rossetti avec lequel elle a eu deux enfants. «Nous nous retrouvions parfois pour boire des cafés. En tant que femme et mère de famille, j’admirais son rayonnement et sa joie de vivre», confie émue la Saint-Galloise. «Doris était un exemple dans le sport et elle connaissait la valeur de la vie», conclut Pirmin Zurbriggen.

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6 commentaires
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Camille

23.11.2020 à 23:57

Ohlala, quelle belle époque c'était. Et puis ces fameux bonnet Crédit Suisse et ce même casque que Clay Regazzoni, tous ces champions et championnes sur deux lattes pour lesquels ont se dépêchait de rentrer de l'école le samedi pour voir les descentes... Une époque que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître et c'est bien dommage

Don Bernardino

23.11.2020 à 22:02

bel hommage sur teleticino en dialecte ticinese pour ceux qui comprennent

Merci et bravo

23.11.2020 à 20:44

Quand c’est des spécialistes qui le disent, on ne peut que s’incliner et rendre hommage à cette grande championne qui a fait briller haut les couleurs de la Suisse.