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FranceMariage d'un supporter de foot visé par des fans adverses

Ecoeurés de voir un des leurs «passer à l'ennemi», des ultras ont saccagé son buffet de noces. Mais ils se sont trompés d'endroit.

Le château où la réception de mariage était prévue et où la bande a commis son forfait.

Le château où la réception de mariage était prévue et où la bande a commis son forfait.

Ils sont pour la plupart de bons pères de famille, présentés comme des employés modèles. Mais leur passion dévorante pour les Verts de Saint-Etienne et la légendaire rivalité entre leur club de foot et celui de Lyon leur a fait commettre un dérapage violent qui les a conduits devant la justice.

Ces dix supporters, plus ou moins proches du groupe «d'ultras» de Saint-Etienne, ont été interpellés entre mercredi et vendredi. Leur forfait? Le 5 septembre dans l'après-midi, ils ont saccagé un buffet de mariage dans un château du Beaujolais à coups de barres de fer, de battes de baseball et de matraques, dans un déferlement de violence qui n'avait pas fait de blessés mais terrorisé le personnel présent. Deux femmes avaient du reste été mises en arrêt de travail.

Matériel de sono détruit, buffet de boissons et victuailles ravagé, mobilier fracassé, cette «véritable opération commando», selon l'expression d'un régisseur du château de Talancé, à Denicé, s'était produite alors que les jeunes mariés et leurs 300 invités étaient encore à l'église pour la célébration de leur union.

Pourquoi un tel déchaînement? Le mariage d'un fan de l'Olympique lyonnais, et ancien supporter stéphanois «passé à l'ennemi», un fait rarissime, avait lieu ce jour-là dans la région. Problème: la noce qui a été prise pour cible n'était pas la bonne. Selon un avocat des supporters stéphanois, le supporter qui était visé aurait savamment orchestré cette confusion.

Ils risquent jusqu'à 5 ans de prison

Présentés en comparution immédiate vendredi après-midi au tribunal de grande instance de Villefranche-sur-Saône, les dix supporters, âgés de 26 à 48 ans, sont arrivés à l'audience menottes aux poignets et sous bonne escorte policière.

Parmi eux figure un des quatre supporters stéphanois interpellés à Rome, début octobre, en marge d'une rencontre d'Europa League et condamné à 20 mois de prison avec sursis pour détention d'armes. D'autres n'ont pas le casier judiciaire d'enfants de choeur et font l'objet d'interdictions de stade et de condamnations pour violences en marge de matches de leur club.

Poursuivis pour «association de malfaiteurs, dégradations et destructions en réunion avec le visage dissimulé», «violences volontaires en réunion avec préméditation et avec arme», ils risquent jusqu'à 5 ans de prison, le double pour certains en situation de récidive.

A la demande des prévenus, les débats ont été renvoyés au 6 janvier.

(AFP)

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