Ski-alpinisme: Marianne Fatton: «J’ai réalisé un rêve»
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Ski-alpinismeMarianne Fatton: «J’ai réalisé un rêve»

La Neuchâteloise Marianne Fatton s’est illustrée durant les mondiaux de ski-alpinisme en décrochant une médaille d’or en sprint et une de bronze en relais.

par
Thibaud Oberli
Marianne Fatton avec les couleurs de la délégation Suisse.

Marianne Fatton avec les couleurs de la délégation Suisse.

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La délégation helvétique partie en Andorre pour disputer les championnats du monde de ski-alpinisme fait actuellement une razzia de médaille. Avec 19 breloques et encore une course à disputer samedi, la place de leader pour le moment détenue par l’Italie semble à portée. La Neuchâteloise Marianne Fatton est une des actrices de ces bons résultats, elle qui a décroché mardi une médaille d’or en sprint, puis une médaille de bronze en relais dans la catégorie Elite. Un aboutissement sur le plan personnel comme sur le plan collectif, qu’elle a partagé avec nous.

Vous êtes championne du monde de sprint élites, qu’est-ce que l’on ressent dans ce genre de moment?

C’est beaucoup de joie! J’étais tellement contente en passant la ligne d’arrivée. Je me suis dit à ce moment-là que j’avais vraiment réalisé un rêve.

Vous partiez dans la peau d’une candidate au titre, cela n’a pas été trop lourd à porter?

Ça fait déjà quelque temps qu’on me considère comme une candidate sérieuse en sprint. Durant la saison 2018-2019, j’avais remporté «l’Overall» (ndlr: le général) de la Coupe du monde de sprint. Depuis ce moment-là, j’ai toujours le premier numéro de dossard en sprint. Du coup, j’ai aussi toujours le dossard rouge, je suis un peu la cible. (Rires). Comme j’ai ce statut depuis deux ans, j’ai eu le temps de m’y habituer un peu. Mais c’est sûr que porter ce dossard est une petite source de pression.

Juste avant ce succès, votre résultat aux qualifications n’était pas terrible… Comment interprétez-vous cela?

En terminant la qualification, j’étais assez surprise puisque j’avais l’impression d’être allée assez vite et d’avoir bien réussi mes manipulations (ndlr: le changement de matériel, de peaux, etc). En passant l’arrivée et en découvrant que j’étais 15e, je me suis un peu remise en question, notamment au niveau de ma forme.

Mais avec un peu de recul, ce résultat en qualification n’était peut-être pas si problématique. Le parcours était vraiment raide et le fait d’aller trop vite durant les premiers tours aurait pu être une fatigue peut-être trop importante pour la finale.

Cela n’a pas été une source de pression supplémentaire?

Pour l’anecdote, la première chose qui m’est passée par la tête en voyant mon 15e rang était qu’il y avait eu une erreur dans le chronométrage! (Rires). Du coup, je suis restée sur cette idée et j’ai réussi à m’en détacher, même si je pense que c’était bel et bien mon score. (Rires) Mais ça ne m’a pas trop perturbée visiblement.

«Je serais super-contente si plus de femmes en Suisse s’engageaient dans les compétitions.»

Marianne Fatton

Le lendemain, vous décrochiez le bronze en relais. Travailler en équipe dans une discipline plutôt individuelle, ça aide à progresser?

J’aime beaucoup pouvoir faire les deux. Ce sont deux aspects très différents à travailler. Le fait d’évoluer par équipe crée du lien entre nous, ça aide à construire un réel esprit d’équipe. Lorsqu’on court pour un relais, en plus de se donner pour l’équipe, j’ai aussi l’impression qu’on le fait pour la Suisse. C’est un sentiment vraiment génial.

Il me semble que l’engouement grandi pour la version loisir de votre sport, qu’est-ce que cela vous évoque?

De mon côté, j’ai entendu que les ventes de matériel avaient explosé. Je pense que c’est aussi lié à la situation sanitaire, comme cela était arrivé au printemps avec les VTT.

Du coup, plus de concurrence pour vous dans quelques années?

Je ne sais pas trop, mais je serais super-contente si plus de femmes en Suisse s’engageaient dans les compétitions. Mais pour le moment, j’ai l’impression que les gens qui le pratiquent le font plus dans une optique de tourisme ou de loisir.

Samedi, l’athlète aura l’occasion de décrocher une troisième médaille en trois courses aux championnats du monde durant l’individuel. «Je serais ravie de réaliser un Top 5 demain», se réjouissait-elle vendredi soir.

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