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justiceMarine Le Pen perd son procès contre Eva Joly

La présidente du Front National réclamait 20'000 euros de dommages et intérêts à la candidate écologiste qui l'avait accusée d'être «l'héritière de son père milliardaire par un détournement de succession».

Marine Le Pen est «l'instrument de son père et de la politique de son père», selon l'avocat d'Eva Joly.

Marine Le Pen est «l'instrument de son père et de la politique de son père», selon l'avocat d'Eva Joly.

Keystone

Marine Le Pen a perdu le procès en diffamation qu'elle avait engagé contre sa rivale écologiste à l'élection présidentielle Eva Joly. Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que la présidente du FN était «irrecevable en son action» car elle n'était «pas visée par les propos incriminés», le détournement de succession étant imputé à son père.

Immédiatement après l'annonce de cette décision par le tribunal correctionnel de Paris, l'avocat de Mme Le Pen, Me Wallerand de Saint-Just a déclaré qu'il ferait appel, estimant que le tribunal «commettait une erreur de raisonnement». «C'est une décision logique, attendue qui permet de faire tomber les masques», réagissait pour sa part Me Joseph Breham, l'un des collaborateurs de Me William Bourdon qui avait défendu lundi Eva Joly.

Tout cela montre que Marine Le Pen est «l'instrument de son père et de la politique de son père», a-t-il ajouté, en se réjouissant qu'elle ait «échoué dans sa tentative d'instrumentalisation de la justice».

Marine Le Pen réclamait 20'000 euros

Les propos litigieux remontent au 10 avril. Avant de se rendre à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), ville symbole de la percée de Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais, Eva Joly avait déclaré dans un entretien avec Jean-Jacques Bourdin (RMC-BFMTV) que son adversaire du Front national était «l'héritière de son père milliardaire par un détournement de succession».

L'ancienne magistrate faisait allusion à l'héritage qu'avait reçu Jean-Marie Le Pen dans les années 1970 d'un de ses amis, Hubert Lambert, et qui avait donné lieu à un début de conflit avec la famille du défunt, avant un règlement à l'amiable. Faisant référence au scandale touchant la fédération socialiste du Pas-de-Calais, Eva Joly avait ajouté que le FN ne faisait que remplacer «un clan par un autre.

En quoi est-ce que Marine Le Pen sera plus propre que ne l'étaient les autres?» Pour ces propos qu'elle jugeait diffamatoires, la candidate du FN à l’Élysée réclamait à Eva Joly 20'000 euros de dommages et intérêts.

(AFP)

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