Actualisé 20.12.2014 à 14:47

PolémiqueMarine Le Pen tweete contre la «censure» de Zemmour

Marine Le Pen et d'autres personnalités du Front national (FN) et de la droite française ont dénoncé sur Twitter l'arrêt de l'émission d'Eric Zemmour «Ça se dispute» sur iTELE.

La chaîne d'information en continu iTELE a mis un terme vendredi 19 décembre à l'émission «Ça se dispute» dans laquelle Eric Zemmour intervenait depuis dix ans, après la polémique provoquée par ses propos sur l'islam qui avaient indigné la rédaction.

«La censure de #Zemmour par @itele est détestable!», a tweeté Marine Le Pen, présidente du Front national (FN).

Louis Alliot, vice-président du FN, a pour sa part annoncé sur le réseau social avoir annulé sa participation à la matinale de iTELE le 7 janvier.

«L'éviction d'Eric Zemmour d'itelé n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie #policedelapensée», a pour sa part jugé le député UMP des Alpes maritimes Eric Ciotti.

De son côté, Christine Boutin a envoyé plusieurs tweets de soutien au polémiste tout en mettant en garde contre «une récupération» par le FN: «ITELE met fin à sa collaboration avec Eric Zemmour tout cela devient inquiétant!», «surtout qu'il garde son indépendance politique! La danse du ventre du #FN est indécente».

Daniel Cohn-Bendit aussi

Tout en jugeant les propos de Zemmour «souvent insupportables», l'ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, chroniqueur sur Europe 1, a déclaré qu'il se devait de soutenir la présence d'Eric Zemmour «dans l'espace public».

«Comme je défends la proportionnelle et le droit du FN d'être représenté à l'Assemblée nationale, je me dois de défendre la présence de Zemmour dans l'espace public que cela me fasse mal ou pas. Au nom de la liberté et de la diversité dans les médias», a-t-il dit.

Dès vendredi soir sur Twitter, le journaliste Nicolas Domenach, qui affrontait Zemmour depuis des années sur iTÉLÉ dans «Ça se dispute», a lui aussi regretté son éviction.

«J'ai toujours dit que j'étais pour débattre (avec) Zemmour entre autres», a-t-il ajouté dans un autre tweet alors que la nouvelle affaire Zemmour suscitait le buzz sur Twitter.

Emission supprimée après des propos controversés sur les musulmans

«Ça se dispute» a été supprimé après plusieurs jours de vive polémique sur des propos d'Eric Zemmour sur l'islam à un journal italien. Il avait notamment déclaré que les musulmans «vivent entre eux, dans les banlieues» et que «les Français ont été obligés de les quitter».

Il a en revanche affirmé que le verbe «déporter» (cinq millions de musulmans français) qui apparaît dans la transcription de l'interview au Corriere della Sera, n'avait pas été prononcé, comme l'a reconnu le journaliste italien qui a mené l'entretien. La controverse a continué, Zemmour dénonçant «une manipulation fantastique».

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, qui avait le premier épinglé le polémiste pour ses propos, a soutenu samedi que «Virer Zemmour n'est pas une décision utile à la lutte contre ses idées».

Plusieurs députés PS se sont félicités de la décision de la chaîne d'informations du groupe Canal+, tout comme SOS Racisme et le CRAN, qui ont exhorté RTL, Paris Première et le Figaro à prendre «la même décision».

Des organisations anti-racistes ont annoncé leur intention de saisir la justice à la suite des propos du chroniqueur, déjà condamné pour incitation à la haine raciale.

La direction de RTL, première radio de France, s'est refusée à tout commentaire.

«J'attends comme tous les journalistes de RTL la position de la direction sur Eric Zemmour», a commenté samedi l'un des journalistes vedette de cette station Jean-Michel Aphatie.

«A la direction de choisir»

La Société des journalistes de RTL, qui s'était «désolidarisée» mercredi des prises de position de l'éditorialiste, a estimé que c'était maintenant «à la direction de choisir si elle gardait ou non Zemmour», dont la chronique est bi-hebdomadaire.

Il pourrait avoir une autre place sur la grille, ce qui pourrait constituer une porte de sortie honorable pour la direction, notait un journaliste sous couvert d'anonymat.

«Zemmour est un intellectuel, sûrement pas un homme politique, et de moins en moins un journaliste», avait relevé récemment Christopher Baldelli, le patron de RTL.

Au Figaro, dont Eric Zemmour est salarié, la SDJ a indiqué qu'elle «aviserait lundi ou éventuellement à la rentrée» des vacances de fin d'année. L'éditorialiste tient notamment une tribune dans le Figaro Magazine.

Le dernier livre d'Eric Zemmour, 56 ans, «Le suicide français» caracole en tête des ventes d'essais avec plus de 400'000 exemplaires écoulés.

(AFP)

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