Semaine «gaming»: Mario en petite forme et quelques autres nouvelles
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Semaine «gaming»Mario en petite forme et quelques autres nouvelles

Le «Nintendo Direct» déçoit. Microsoft chatouille, Sony dévoile des petits secrets, le monstrueux «Star Citizen» entrouvre ses portes…

par
Jean-Charles Canet
Shinya Takahashi, de Nintendo, homme-orchestre du «Nintendo Direct» diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi.

Shinya Takahashi, de Nintendo, homme-orchestre du «Nintendo Direct» diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi.

Nintendo France

Cela faisait dix-huit mois que Nintendo ne s’était plus plié à l’exercice du «Nintendo Direct», soit le format réservé aux annonces majeures du constructeur de la Switch. Les fans étaient affamés, ils ne pouvaient donc être que déçus et Nintendo s’est fait un devoir d’aller dans leur sens.

En une cinquantaine de minutes, la firme de Mario a donc enchaîné une série de présentations de ses prochaines sorties, essentiellement composées de refontes ou de variations autour des titres anciens, sans parvenir à créer l’enthousiasme si on se réfère au verdict des pouces levés ou baissés, au pied de la vidéo YouTube qui trône sur la page de Nintendo France: un gros 50/50 constatait-on jeudi, au lendemain de la présentation.

«Mario Golf: Super Rush». Annoncé pour le 25 juin.

«Mario Golf: Super Rush». Annoncé pour le 25 juin.

Nintendo Europe.

Pas terrible, en effet sachant que ce sont plutôt les acquis à la marque qui viennent consulter ce type de chaînes. L’annonce d’un nouveau «Mario Golf» («Super Rush») ou, en fin de présentation, d’un «Splatoon 3» n’a rassasié presque personne, surtout lorsqu’on attend comme le loup blanc de voir les premiers extraits de gameplay de la suite de «The Legend of Zelda – Breathe of the Wild», le titre le plus porteur et le plus anticipé de l’écurie et qu’on se retrouve, à la place, devant un chef d’équipe qui s’excuse, avec une politesse toute nippone, de ne rien pouvoir montrer.

Microsoft chatouille

Microsoft de son côté a composé avec les contraintes de la pandémie et de la pénurie chronique qui affecte la production des consoles de jeux de nouvelle génération en se focalisant sur son point fort: la rétro compatibilité. La «game division» du géant du logiciel a dévoilé une mise à jour qui voit l’entrée d’une nouvelle fonctionnalité pour ses consoles Xbox Series X&S, soit la possibilité de faire tourner des jeux d’anciennes générations, généralement bridés à 30 images par seconde, et qui passeront à 60 (voire 120) sans intervention du développeur dans le code. Une poignée de jeux («Watch Dogs 2» notamment) en est déjà bénéficiaire alors qu’une prochaine version du système de la Xbox, ce printemps, permettra d’activer ou de désactiver cette nouvelle option. D’autres seront intégrés au programme sur une base régulière, affirme Microsoft.

Sony moins cachottier

En attendant le prochain gros jeu exclusif à la PS5 (le premier, en fait), soit «Ratchet & Clank: Rift Apart», le 11 juin, Sony, un tantinet cachottier jusqu’ici, a daigné dévoiler plus en détail l’architecture de la nouvelle console que personne ne parvient à acquérir.

Ce simple fait permet aux factions pro et anti de s’entre-déchirer un peu plus, Les pro Xbox jubilant de constater que la PS5 a potentiellement un goulet d’étranglement que les Xbox Series n’ont pas, les anti louant la capacité de Sony de faire aussi bien, et parfois mieux, avec moins. On ne prendra pas parti bien évidemment, observer cette guéguerre nous procurant une intense et suffisante satisfaction.

«Star Citizen» en entrée libre temporaire

Si vous n’avez jamais entendu parler de «Star Citizen» sur PC, vous devriez. Il ne s’agit pas moins du shooter – jeu de rôle – science-fiction le plus mégalomane de l’histoire du jeu vidéo. Doté d’un financement participatif hallucinant amassé en 2012 (4,2 millions de dollars) et régulièrement réalimenté dans des proportions bibliques depuis, le monde ouvert fantasmé par Chris Roberts (un vieux de la vieille dans l’industrie) reste englué dans une interminable version alpha ouverte qui permet aux aventuriers des bugs de se frotter à quelques-uns des départements en construction. Ticket d’entrée, une quarantaine de francs avec l’achat d’un petit vaisseau spatial et, pour ceux qui ne regardent pas à la dépense, un yacht dépassant le millier de francs. Et on vous passe toutes les polémiques du type «Ou va l’argent? Pourquoi c’est si long? Le jeu ne va-t-il pas s’écrouler sous son propre poids?»

Dans le cockpit d’un vaisseau de «Star Citizen».

Dans le cockpit d’un vaisseau de «Star Citizen».

DR

Depuis quelques jours, et jusqu’au 25 février, «Star Citizen» ouvre gracieusement ses portes en fournissant (temporairement) un kit de base aux regardants. On s’y est bien sûr précipité pour constater que le jeu est toujours aussi demandeur (un bon gros PC de gamer est requis) et qu’absolument rien n’est fait «in game» pour faciliter l’accès aux nouveaux entrants qui devront se coltiner moult vidéos pédagogiques ne serait-ce pour comprendre comment on se lève de son lit et comment on ouvre une porte pour quitter sa chambre. Et parvenir au hangar pour s’envoler dans son vaisseau, c’est encore une tout autre histoire.

Le patron de Stadia savait

Revenant sur le coup de théâtre du premier février dernier qu’a constitué l’annonce par Stadia (le service de jeu «dans le nuage» de Google) de la fermeture des studios maisons chargés du développement de titres exclusifs, le site Kotaku révèle que le patron de la division avait menti à ses employés. Et en connaissance de cause, qui plus est.

Phil Harrison, en mars 2020.

Phil Harrison, en mars 2020.

Getty Images

Cinq jours avant d’annoncer le changement brutal de stratégie du groupe qui a fait perdre leur poste à 150 employés, du jour au lendemain, Phil Harrison avait envoyé un mail aux concernés sur le ton de «Tout va très bien, Madame la marquise» se disant confiant dans l’avenir, prêt à confirmer une enveloppe d’investissements et à transmettre en retour la stratégie et les objectifs des studios. Quand la question lui fut posée sur ce qui s’était passé dans l’intervalle pour expliquer un tel revirement, ce dernier aurait répondu «rien» en avouant qu’il savait, avant même d’envoyer son message faussement rassurant, que le couperet était tombé.

Un gros bonus pour «Assassin’s Creed: Valhalla»

Ubisoft a annoncé mardi dernier l’arrivée immédiate d’une grosse mise à jour gratuite pour sa poule aux œufs d’or, l’excellent «Assassin’s Creed Valhalla». Une fois téléchargée, elle permet d’accéder à de nouvelles conquêtes fluviales dans les confins de l’Angleterre pour nos amis vikings, pour autant que ces derniers se trouvent en manque de chrétiens à occire. Avec quelques améliorations et corrections de bugs, en sus.

Cette plus-value fait suite à un autre gros patch ayant ouvert les portes du Valhalla à «The Division 2». Ce jeu d’action plutôt coopératif, situé à Washington après une pandémie qui fait passer la nôtre pour une aimable plaisanterie, s’affiche désormais en glorieuse 4K - 60 images par seconde sur les consoles de dernière génération.

Ainsi va la vie du jeu vidéo à notre connaissance.

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