JO de Tokyo - Marlen Reusser: «J’avais l’impression d’être un parachute!»
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JO de TokyoMarlen Reusser: «J’avais l’impression d’être un parachute!»

La Bernoise a eu des soucis avec sa visière et avec le vent. À 29 ans, alors qu’elle a commencé il y a cinq ans dans le cyclisme de compétition, elle est vice-championne olympique.

par
Sylvain Bolt
(Tokyo)
SMarlen Reusser, 29 ans, médecin et vice-championne olympique du contre-la-montre.

SMarlen Reusser, 29 ans, médecin et vice-championne olympique du contre-la-montre.

Keystone/Laurent Gilliéron

Comment vous sentez-vous avec cette médaille d’argent autour du cou?
Je me sens vraiment toute bizarre sur le plan émotionnel. C’est drôle, il y a une immense horloge au-dessus du podium, je ne savais plus si c’était l’heure suisse ou japonaise. J’étais déphasée. Puis j’ai pensé aux personnes qui ont soutenu ce projet un peu «égoïste» et qui m’ont écrit de si gentils messages. J’ai dû me retenir de pleurer.
Vous êtes médecin de formation et avez disputé votre premier contre-la-montre il y a quatre ans. Comment résumeriez-vous cette aventure?
J’ai un superbe environnement et une magnifique fédération autour de moi. Je suis une personne très chanceuse, qui a la chance de pouvoir vivre beaucoup d’émotions et qui a l’opportunité d’apprendre. Parfois c’est un peu intense. Mais aujourd’hui, j’ai pu confirmer que j’avais un très bon moteur. ça me donne de la confiance pour la suite.
À quel âge avez-vous pensé qu’une médaille olympique était possible?J’ai commencé à y croire quand les Jeux 2020 ont été annulés, donc l’année passée à 28 ans. Dès qu’on est arrivés ici au Japon, j’ai perdu espoir en voyant de mes propres yeux le profil du parcours. Je me suis «oh mon Dieu!» Mais du coup j’étais relax. C’était soit ça passe, soit il faudra revenir dans quelques années.

«Dès l’entrée dans le circuit automobile final, j’ai entendu que j’étais à six secondes du podium. Je me suis dit que cela aurait été vraiment dommage de rater une médaille pour si peu.»

Marlen Reusser, vice-championne olympique du contre-la-montre

Redoutiez-vous les pentes de ce parcours assez vallonné?
Non, ce ne sont pas les montées qui m’ont fait peur, mais j’ai parfois des difficultés lors de descentes rapides avec des virages serrés. Je freine trop fort et perds de précieuses secondes. Aujourd’hui, je me suis dit «chill Marlen!» Mieux vaut freiner un peu plus tôt et laisser rouler derrière. Et cela s’est bien passé.
Vous avez lancé vos lunettes au sol pendant le parcours. Que s’est-il passé?J’ai eu des problèmes avec mon casque, car ma visière me rentrait dans les yeux. J’ai aussi pris beaucoup de vent de face sur mon maillot, j’avais l’impression d’être un parachute! C’était vraiment compliqué, donc je me suis dit qu’il fallait tenter de compenser cela en donnant encore plus de moi-même.


Où avez-vous fait la différence pour monter sur le podium?Dans les parties techniques. Car normalement je perds plus de temps qu’aujourd’hui. Puis, dès l’entrée dans le circuit automobile final, j’ai entendu que j’étais à six secondes du podium. Je me suis dit que cela aurait été vraiment dommage de rater une médaille pour si peu. Alors j’ai poussé sur laccélérateur (rires).
C’est la cinquième médaille du cyclisme suisse en trois jours. Quel est votre secret?Ces médailles démontrent le superbe travail réalisé par notre fédération. Mais aussi par le coach national féminin (VTT et route) Edi Telser. Il a tellement investi pour améliorer le niveau depuis des années. Le talent ne suffit pas, lui arrive à sortir le meilleur de chaque athlète.
Vous êtes médecin, allez-vous accrocher votre médaille à côté de votre diplôme?Non, je vais la donner à mon coach Edi Telser! Il a tellement gagné avec ses athlètes qu’il la mérite.

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