13.11.2014 à 22:34

footMaroc-Bénin: privés de CAN-2015, ils tentent d'évacuer la déception (REPORTAGE)

Par Guillaume KLEIN Agadir (Maroc), 13 nov 2014 (AFP) - Un but, puis deux, puis trois...

Privés de CAN-2015 à domicile, et de CAN-2015 tout court, les supporteurs du Maroc ont tenté jeudi soir, à Agadir, d'évacuer -un peu- leur déception, le temps d'un match amical face au Bénin. A près de deux mois du coup d'envoi de la principale compétition sportive du continent, la Confédération africaine de football (CAF), inflexible, en a retiré l'organisation au royaume, qui réclamait coûte que coûte son report en raison de l'épidémie d'Ebola. Elle a en outre disqualifié les Lions de l'Atlas, jusqu'alors qualifiés d'office au titre du pays hôte. De match de préparation sur la route d'un rendez-vous capital, le Maroc-Bénin de jeudi soir est devenu simple rencontre amicale, à l'atmosphère embrumée, au propre comme au figuré. "Drapeau maghribi! Drapeau maghribi!": sur le parking du majestueux "Grand stade" d'Agadir, Hassan, casquette vissée sur le crâne, s'époumone dans l'espoir d'un maigre profit, sans doute loin des rêves d'une CAN florissante: "on est quand même un peu déçu. Je ne ressens pas cet engouement. On ne s'arrache pas mes drapeaux", grimace-t-il. Perchée sur les hauteurs de la grande station balnéaire du sud marocain, l'enceinte de 45.000 places, inaugurée l'an dernier par le Bayern Munich lors du Mondial des clubs, a en grande partie été construite dans l'optique de cette prestigieuse compétition, la deuxième seulement que devait accueillir le royaume, du 17 janvier au 8 février. "C'est dommage, on a de très bons joueurs dans cette équipe: (Adil) Taarabt, (Mehdi) Benatia, (Marouane) Chamakh. Mais ils ne seront pas en mesure de disputer la CAN avec nous...", se lamente Adil, 28 ans, un billet à revendre à la main, dans la fraîcheur automnale. "On est déçu car on est un peuple qui aime le foot. Là, ils vont sans doute aussi priver nos clubs de Coupes d'Afrique", renchérit Mohammed, en allusion au risque d'autres sanctions de la CAF. A l'image du sélectionneur-adjoint et ancienne gloire nationale, Mustapha Hadji, la déception n'empêche toutefois pas les supporteurs de se dire solidaires de la décision de leurs autorités. "S'il y avait un vrai danger pour notre santé, ça se comprend. On est très déçu, mais on est quand même là pour encourager notre équipe", assure Hicham, entouré de ses deux fillettes. "C'est la première fois que je vois la sélection à Agadir et je voulais être là, avec la famille. Pour la CAN, on espère qu'il y aura une prochaine fois", poursuit ce chauffeur de taxi de 38 ans. Dans ces conditions, la CAF est la cible de tous les griefs. "Ebola: 5.000, CAF: 0", assène une pancarte brandie par un fan, dans une référence au nombre de décès engendrés par le virus. Abdelaziz, autre vendeur de drapeaux, est également "au côté des autorités", clame-t-il: "Dieu soit loué, nous n'avons pas cette épidémie! Et les gens viennent malgré tout au match. L'injustice de la CAF motive même certains pour encourager notre équipe encore plus". Dans le stade, l'hymne national vient réchauffer l'ambiance et, sur le terrain, loin de paraître dépités, les Marocains assurent le spectacle, inscrivant trois buts au cours de la seule première période, sous les vivats des 15.000 à 20.000 spectateurs. Lahcen Etalal, 20 ans, veut voir plus loin. "Ca n'est pas un match important, c'est vrai, mais ça reste primordial pour préparer l'équipe pour le futur", avance-t-il. Absente de phase finale de Coupe du monde depuis 1998, la sélection marocaine a désormais tout le temps. En commençant par un autre "match de préparation" transformé lui aussi en rencontre amicale, dimanche contre le Zimbabwe. Toujours à Agadir. gk-hr/gv

(AFP)

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