Motocyclisme - Márquez, le chat, est bien de retour
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MotocyclismeMárquez, le chat, est bien de retour

Les souris avaient dansé toute l’année 2020, elles doivent à nouveau cohabiter avec le chat. Tension, nervosité, chutes, le spectacle est partout à la fois.

par
Jean-Claude Schertenleib

Il fallait s’y attendre: le retour, si attendu (par certains), si redouté (par beaucoup d’autres) de Marc Márquez allait redonner un nouveau visage à la classe MotoGP. En 2020, libérés de la menace permanente de celui qui dominait la catégorie depuis 2013, on avait apprécié les ambitions nouvelles d’une kyrielle de pilotes, tous conscients que c’était l’année ou jamais. Le spectacle avait été total, les retournements de situation nombreux, les périodes fastes – le doublé de Fabio Quartararo lors des deux premiers GP, à Jerez de la Frontera – étant suivies de moments de crise profonde. Le titre, finalement, était revenu à l’homme (Joan Mir) et à la machine (la Suzuki) les plus réguliers.

Cela, c’était avant. Avant le retour du phénomène. Mais voilà, l’attente a pris fin et ce qui était d’abord de la curiosité, s’est transformé en réalité: Marc Márquez n’a perdu ni sa vitesse, ni ses dons d’acrobate, encore moins son sens tactique. Fourbe? Le mot est trop fort, on le remplacera donc par la formule hyper-malin. Comme il est le seul à connaître exactement son état physique, comme il manque logiquement de points de repère après une absence de neuf mois, il a donné un premier festival dans la phase initiale des qualifications, en se plaçant dans le sillage de celui qui lui avait succédé l’an dernier, Joan Mir.

Première mission de l’après-midi réussie, les deux hommes allaient rejoindre les dix plus rapides à l’issue des trois premières séances d’essais libres pour en découdre, pole position au bout du chemin. Et voilà Q2 qui commence. Márquez est prêt à prendre la piste mais il rentre dans son stand, ôte son casque et s’assied; les observateurs avisés ont compris: il va attendre et analyser le premier run de ses adversaires puis, dans les ultimes minutes, il s’élancera dans la roue de celui dont il est sûr qu’il ne lambinera pas en chemin. Ce sera cette fois Alex Rins (Suzuki).

Les deux hommes quittent les stands en même temps, s’observent, font mine de ralentir pour que l’autre prenne le relais; mais comme le temps passe, Rins se décide, Marc Márquez a encore parfaitement joué. Une première fois dans la roue de son compatriote, une seconde en ayant laissé un peu plus d’espace, il va avoir devant lui le guide idéal. Pour une sixième place finale: «Nous sommes les mêmes, deux sacrés caractères. Mais c’est ainsi, j’essaie toujours d’apprendre de lui», rigole Rins. Et de préciser: «L’important, c’est le respect. Et nous nous respectons.» Ce dimanche, le chat aura un autre combat à mener: contre la fatigue physique de ce bras droit dont il a énormément exigé ces deux derniers jours.

Jorge Martin: le choc

Héros du GP de Doha – pole position, il avait mené la course pendant dix-huit tours, avant de terminer troisième de ce qui était sa deuxième course en MotoGP -, Jorge Martin a été victime d’une chute terrifiante lors de la séance d’essais libres du samedi matin, alors qu’il venait de quitter son stand. Resté étendu, mais toujours conscient, l’ancien champion du monde Moto3 a reçu les premiers soins sur les lieux de l’accident – la séance a été arrêtée au drapeau rouge -, avant d’être transporté vers le centre médical du circuit, puis dans un hôpital de Faro. Sérieuse commotion, fracture du premier métacarpe de la main droite et de la malléole de sa cheville droite, le pilote Ducati n’a jamais perdu connaissance et a pu parler à son père, venu à son chevet.

Bagnaia: drapeau jaune!

Quelques règles ont évolué cette saison, notamment celle qui dit qu’un chrono amélioré dans un secteur où le drapeau jaune – problème sur la piste, ou sur les à-côtés directs – est montré, sera immédiatement annulé. C’est ce qui est arrivé à Francesco «Peco» Bagnaia qui, au guidon de sa Ducati Desmosedici, venait de mettre à mal pour 4 dixièmes de seconde le meilleur chrono absolu du circuit de Portimão. Résultat: au lieu de s’élancer de la pole position, l’ancien champion du monde Moto2 partira du milieu de la quatrième ligne (11e chrono).

Lüthi: un décodeur, svp!

Tom Lüthi: des moments difficiles.

Tom Lüthi: des moments difficiles.

Qui croire? Le discours officiel de Tom Lüthi, qui dit: «je suis persuadé que nous travaillons dans la bonne direction»? Ou la réalité des chiffres, qui rappelle qu’après les trois séances d’essais libres – c’est à ce moment du week-end que les quatorze plus rapides obtiennent un sésame direct pour la phase finale des qualifications, les seize autres devant en découdre entre eux, pour les quatre dernières places disponibles -, Lüthi avait le 20e chrono, à 919 millièmes du plus rapide et à 172 millièmes du dernier qualifié d’office?

Et que comprendre de ce qui s’est passé dans ces fameuses 15 minutes décisives, dont 11 passées au stand, moto en panne? «Un problème technique au moment de partir», dit Daniel-M. Epp, le manager de Tom. Et quand on lui répond que l’on a vu cela et qu’on aimerait juste avoir quelques précisions, le découvreur tombe dans le mutisme: «Je ne veux pas me mêler de cela, il faut demander au patron du team.» Toute ressemblance avec des faits et des explications déjà observés et entendus l’an dernier doivent être le signe d’un hasard total!

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