06.08.2020 à 18:12

MotocyclismeMarquez s’est blessé... en ouvrant une fenêtre!

Marc Marquez ne reviendra au mieux qu’en septembre, à Misano. A ses adversaires d’en profiter dès ce week-end, à Brno, en République Tchèque.

par
Jean-Claude Schertenleib
Notre journaliste Jean-Claude Schertenleib.

Notre journaliste Jean-Claude Schertenleib.

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Marc Marquez? «Un accident domestique!»

Alberto Puig, le manager du HRC (le service compétition de Honda) a parfois effectué des choix étranges. Ainsi, il n’a plus voulu de Dani Pedrosa, le lieutenant parfait, l’assurance tous risques du team officiel Repsol lorsque Marc Marquez connaissait un problème; il avait ensuite créé la sensation en engageant, l’hiver 2018-2019, Jorge Lorenzo. On sait ce qui est advenu: Lorenzo a jeté les gants avant même la fin de saison dernière et Pedrosa, engagé par KTM comme pilote de développement, permet désormais à la marque autrichienne d’espérer mieux que des accessits. Par la qualité de son travail, la KTM RC16 est une machine qui peut jouer le podium. Passons. Mais ce n’est pas tout: à peine arrivé à Brno que le patron a dû donner des explications – pour faire taire les rumeurs – sur ce qui s’est réellement passé il y a une semaine et qui a obligé le multiple champion du monde MotoGP Marc Marquez à devoir subir une nouvelle opération de son humérus droit, qu’il s’était fracturé lors du GP d’Espagne: «Un accident domestique. En voulant ouvrir une grande fenêtre, enfin, plutôt une lourde porte, Marc a ressenti une forte douleur à son bras; dans ce mouvement, la plaque en titane s’est cassée (sic).» Comme quoi le fameux métal est moins solide qu’on l’imagine habituellement... Alberto Puig, toujours: «Personne ne pouvait imaginer cela, les médecins en premier. Marc va faire l’impasse sur la course de ce week-end et sur les deux suivantes, en Autriche. Il est très fort mentalement, il accepte la situation. Dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut.»

Yamaha qui rit, Yamaha qui tremble...

Deux GP, deux doublés Fabio Quartararo-Maverick Viñales, c’est Yamaha qui rit. Casses mécaniques en course de Valentino Rossi (GP d’Espagne) et de Franco Morbidelli (GP d’Andalousie), soucis à répétition chez Maverick Viñales, c’est Yamaha qui tremble. Et pour cause. Le règlement technique 2020, adapté à la nouvelle situation (moins de courses que prévu à l’origine en raison de la pandémie de Covid-19) dit que les pilotes officiels (Viñales et Rossi, chez Yamaha) ne peuvent utiliser au cours de la saison que quatre moteurs pour un championnat qui ne comprendrait que onze courses et cinq si quatorze courses peuvent être organisées. A ce jour, en plus des deux GP qui se sont déroulés à Jerez de la Frontera, douze autres dates sont connues, mais sans la moindre garantie qu’elles puissent se dérouler, la fameuse pandémie reprenant de la force notamment en Espagne où cinq GP sont prévus cet automne. Or, Viñales a déjà utilisé, lors d’une ou l’autre séance d’essais/course ses cinq moteurs (quatre pour Rossi, Quartararo et Morbidelli). Ces moteurs sont plombés et les ingénieurs des différentes marques ne peuvent pas les ouvrir, sans l’accord unanime de tous leurs confrères, réunis au sein de leur propre mouvement (MSMA). Si Yamaha devait en arriver là, obligation serait ainsi donnée au constructeur d’Iwata de préciser la nature du mal, dans une transparence absolue, en prouvant que la ou les modifications nécessaires n’apportent aucun avantage en termes de performances. Et quid si un pilote doit utiliser un moteur supplémentaire? Simple, il devra s’élancer du couloir des stands, derrière tout le monde.

La phrase du jour: Fabio Quartararo

«Je n’ai même pas pu embrasser ma maman»: le double vainqueur de ce début de saison, à son retour à Nice, a été très, très prudent. «Je suis resté chez moi, en permanence avec le masque. Quand on voit ce qui est arrivé à ce pauvre Sergio Perez (pilote de F1), qui est privé de plusieurs courses, c’est très stressant», explique Quartararo.

Valentino Rossi et les chiffres

Dimanche, Valentino Rossi peut monter pour la 200e fois de sa carrière sur un podium dans la classe principale (500 cm3, puis MotoGP), sur un circuit où il a remporté sa première victoire (il y a 24 ans) et où il avait célébré son premier titre mondial (l’année suivante, en 125 cm3). Ajoutons à cela ses 15 podiums en 125 et ses 21 en 250, il y a de quoi... «Etre fier, bien sûr. Quand on est jeune, on ne s’intéresse pas trop aux statistiques, mais plus on vieillit, plus on les regarde», rigole Rossi.

Aegerter est plus que le pompier de service

Il a d’abord dû se faire violence, en fin de saison dernière, avant de comprendre qu’une place en Coupe F.I.M. MotoE était sa seule solution pour rester dans le paddock. Dominique Aegerter n’a pas mis longtemps pour comprendre sa nouvelle et lourde moto – une deuxième place et une victoire en deux courses, la tête du championnat à la clef – et encore moins pour accepter de remplacer au pied levé son compatriote Jesko Raffin, qui souffre de problèmes de santé, dès ce week-end à Brno au guidon de la NTS Moto2: «J’espère vraiment que les médecins trouveront rapidement la nature du mal de Jesko. Je n’ai plus piloté de Moto2 depuis novembre dernier, mais je suis prêt à tout donner pour l’équipe», explique, parfaitement maître de la langue de bois, le pilote de Rohrbach. Qui, dans cette histoire, est beaucoup plus que le pompier de service. A un tel point que dans la région de Rohrbach, certains en sont déjà à ouvrir les paris: «Vous verrez, s’il gagne la Coupe F.I.M. MotoE et qu’il fait ce dont on le sait capable lors du (des?) remplacement(s) qu’il ne manquera pas de faire en Moto2, Dominique sera un candidat pour le titre de «Sportif suisse de l’année» en décembre.» De chômeur à grande star? C’est bien possible!

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2 commentaires
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Mijon

07.08.2020 à 10:15

Heureusement que nous avons en Suisse romande un journaliste qui nous dit la vérité. Merci pour ces bons papiers.

Jfm3r

06.08.2020 à 19:20

Tous les pilotes suisses sont au chômage de temps en temps dans leur carrière AutoMoto. C'est ce pays qui veut ça, des champions mais pas un seul circuit, égoïste exacerbé.