France - Martyre du petit Smaël: les parents risquent 20 et 15 ans de prison
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FranceMartyre du petit Smaël: les parents risquent 20 et 15 ans de prison

Un couple est jugé depuis mercredi pour la mort de leur fils de 13 mois, qui a souffert de violences et de carences.

La justice française doit statuer sur ce drame.

La justice française doit statuer sur ce drame.

AFP/Photo d’illustration

L’avocate générale de la Cour d’assises de la Marne a requis jeudi respectivement 20 ans et 15 ans de réclusion criminelle contre la mère et le père du petit Smaël, mort de faim et sous les coups à 13 mois en 2018. «Smaël était encore un bébé qui ne dépend que du bon vouloir de ses parents», a exposé Sandrine Delorme lors de ses réquisitions, demandant également sept ans de suivi pour la mère.

«Arlette N. a reconnu qu’elle le frappait quand il ne voulait pas manger (…) Quand on est deux, c’est plus gérable. Mais Oumar B. préfère être un gamin qui ne pense qu’à lui», a-t-elle ajouté.

En arrêt cardio-respiratoire

Le couple est jugé pour violences ordinaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, non-dénonciation de mauvais traitements, privation de soins et d’aliments et non-assistance à personne en danger.

Le petit garçon avait été découvert par les secours en arrêt cardio-respiratoire dans un appartement de Reims en octobre 2018, à la suite d’un appel des parents, un Français aujourd’hui âgé de 37 ans né en Mauritanie et une Ivoirienne de 25 ans sans titre de séjour.

Constatant l’état de malnutrition et les multiples traces de violences sur le corps, les secours avaient alerté la police. Malgré les tentatives de réanimation, Smaël décédait quelques heures plus tard.

Une personnalité avec des failles

Arlette, mère d’un enfant plus âgé, placé, «a craqué parce qu’elle a une personnalité qui présente des failles. Elle a été battue. Cela occasionne des carences. Mais tous les enfants carencés ne commettent pas l’irréparable», a soutenu l’avocate générale, rejetant une quelconque altération du jugement chez l’accusée.

Selon elle, «on ne peut reprocher les violences qu’à Arlette N.», mais Oumar «ne peut pas prétendre qu’il n’a rien vu.» «Il aurait pu dénoncer ces violences (…) Il s’est abstenu d’aider son fils, alors qu’il était en péril», a-t-elle insisté.

Une femme «cabossée»

Au cours des débats, les deux parents ont déclaré «regretter» ce qui s’est passé. La mère – dépeinte par l’expertise psychiatrique comme «une personnalité carencée avec une intelligence faible et un état dépressif sévère» – a reconnu des «claques», «jets d’objets» et une privation de soins.

Elle a assuré avoir suivi les règles éducatives du père, qui a, lui, nié toute participation au martyre de l’enfant, mais a «accepté» devant la Cour qu’on lui «reproche de ne pas s’en être assez occupé». Arlette N. est une femme «cabossée», elle-même victime de maltraitance en Côte d’Ivoire, et qui s’est «effondrée après la naissance de ses enfants», a lancé son avocate Lydie Laithier, tentant «d’expliquer l’inexplicable». Pour cette mère «traumatisée par la culpabilité de la mort de son fils (…) la peine doit être soutenante, aidante, utile», a-t-elle plaidé.

«L’origine du décès de Smaël, c’est pas lui»

L’avocat d’Oumar B., Simon Miravette, a, lui, demandé l’acquittement de son client pour les «violences habituelles» et les «privations de soins», et une peine de sept ans maximum pour n’avoir pas dénoncé les faits. «L’origine du décès de Smaël, c’est pas lui», a lancé l’avocat, estimant que son client «vivait dans une certaine crainte» de sa compagne, «sous emprise».

«Je regrette ce qui s’est passé», a réitéré Arlette avant que la Cour ne se retire, Oumar déclarant n’avoir «rien à ajouter» .

(AFP)

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