Hockey sur glace: Match de l'année: il vaut de l'or

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Hockey sur glaceMatch de l'année: il vaut de l'or

La finale de l'année vaut beaucoup d'argent. Jouer les play-offs, ça veut dire gagner des sous, des supporters et des sponsors.

par
Julien Caloz et Grégory Beaud
Genève
GE Servette en play-out, ce serait des places vides aux Vernets.

GE Servette en play-out, ce serait des places vides aux Vernets.

Eric Lafargue

Il y a des matches à six points et d'autres à six chiffres. Ce GE Servette - Zurich Lions fait partie des deux catégories : gagner dans le temps réglementaire permettrait à la fois aux Grenats de disputer les play-offs et de s'assurer de nouveaux bénéfices, venant par exemple des sponsors, qui gagneraient en visibilité. «Nos contrats avec les sponsors incluent des primes versées au club en cas de participation aux séries finales, et ce pour chaque tour passé», livre Christophe Stücki, le CEO des Vernets. Toutes les formations de la National League n'ont pas signé le même genre de deal avec leurs soutiens: à Lugano ou Bienne, par exemple, ce type de contrat n'existe pas. «Nous n'avons pas encore été suffisamment de fois en play-offs pour négocier ce type d'accord. Mais on pourrait y réfléchir à l'avenir», sourit la présidente seelandaise, Stéphanie Merillat.

Retrouvez nos premiers épisodes de la journée sur ce match décisif.

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Outre les revenus générés par le sponsoring, une participation aux play-offs permettrait à GE Servette de garder ses fidèles pour la saison prochaine, voire d'en acquérir de nouveaux. «Une qualification a des effets directs sur la campagne d'abonnements pour la saison à venir. Il est plus simple de fidéliser les fans, les sponsors et les entreprises locales quand on sort d'une série finale», estime Jean-Jacques Aeschlimann, directeur général du HC Lugano. Ce dernier précise qu' «en général, un club en play-out vend moins d'abonnements la saison suivante».

Un malus en cas d'échec?

GE Servette aurait donc beaucoup à gagner s'il parvenait à renverser les Lions zurichois ce soir. Mais aurait-il beaucoup à perdre? Christophe Stücki dit que non. «Nous avons une planification très prudente. Notre budget ne tient compte que de la saison régulière. Play-off ou tour de placement, ce n'est finalement qu'un bonus.» Là encore, chaque club a sa propre stratégie. Bienne établit toujours son budget en fonction du pire scénario possible. «En l'occurrence une participation aux play-offs avec seulement deux matches à domicile», résume Mérillat, qui insiste: «Si on atteint les play-offs nous devons verser des primes de qualifications aux joueurs, qu'il s'agit ensuite de rembourser en faisant venir du monde à la patinoire. Donc plus on a de matches à la maison, et plus on entre dans nos frais.»

GE Servette verserait lui aussi des primes de qualification à ses joueurs s'ils venaient à bout des Zurichois. «Mais elles seraient couvertes par les rentrées d'argent supplémentaires que les séries induisent, en termes de billetterie ou de restauration notamment», précise Stücki, résumant ensuite le sentiment général avant de défier les ZSC Lions. «Ce match ne nous rend pas nerveux d'un point de vue financier car tout est sous contrôle, peu importe le résultat.»

Une question toutefois reste encore sans réponse : GE Servette gagnerait-il un peu d'argent si sa première équipe échouait aux portes des séries finales ? Certains clubs pratiquent en effet le système de malus. Concrètement : les joueurs perdent de l'argent s'ils ne remplissent pas l'objectif fixé par leur employeur en début de saison. La pénalité financière dépend alors du classement final de l'équipe. Les Grenats ont-ils mis ce système en place? Christophe Stücki dégage en fond de patinoire: «Les clauses des contrats de nos joueurs sont confidentielles».

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