Hockey sur glace: Match de l'année: l'amitié entre parenthèses

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Hockey sur glaceMatch de l'année: l'amitié entre parenthèses

Lundi soir, Chris McSorley et Arno Del Curto seront opposés pour la 68e fois et se connaissent par cœur. Mais il n'y aura pas de sentiments.

par
Grégory Beaud
Chris McSorley et Arno Del Curto, photographiés le 16 février 2016.

Chris McSorley et Arno Del Curto, photographiés le 16 février 2016.

Eric Lafargue

Lors d'une interview d'Arno Del Curto, ce dernier nous avait fait une confidence étonnante à propos de Chris McSorley, lorsque celui-ci avait été mis à l'écart du côté des Vernets, la saison dernière. «Vous savez, nous nous connaissons tellement qu'il en devient parfois difficile de nous affronter. L'été, nous jouons au golf ensemble et j'adore aller lui rendre visite à Genève. Alors même si cela me rend triste de ne plus le voir à Genève, ne plus le défier quatre fois par saison ne peut qu'aider à renforcer l'amitié qui nous lie.» Mais ça, c'était avant le retour de «CMS» à la bande. Depuis, nul doute que les choses ont évolué.

Retrouvez nos premiers épisodes de la journée sur ce match décisif.

> 1. Match de l'année: une anomalie du calendrier

> 2. Le match de l'année aura lieu à guichets fermés

> 3. Match de l'année: cinq raisons de croire en Genève

68e affrontement

Il faut dire que les deux hommes se connaissent par cœur. «Je ne peux qu'être d'accord avec Arno, a rigolé Chris McSorley ce lundi. Je n'ose à peine penser aux nombres de fois où nous nous sommes défiés. Combien cela fait? Cinquante ou soixante fois?» Pour être exact, les deux techniciens se sont défiés 67 fois en championnat de Suisse. «Et si l'on ajoute la Coupe Spengler, c'est bien davantage encore.» Bilan officiel? 33 victoires pour Chris McSorley, 3 matches nuls et 31 victoires pour Arno Del Curto.

A force, est-il possible de garder le même focus sur son match avec un ami sur le banc d'à côté? «Durant la saison, nous ne nous parlons pas beaucoup, précise Chris McSorley. En tant qu'entraîneur, tu dois développer une aversion de l'équipe d'en-face. Et donc de son entraîneur. Cela peut paraître rude comme façon de penser, mais c'est comme cela que je fonctionne. Mais il est vrai qu'avec certains c'est plus facile qu'avec d'autres (rires).»

Aucun contact

Mais au fait, se chambre-t-on lorsque l'on est en position de jouer un match capital face à un si vieil ami? «Mon Dieu, non. Je pense que nous nous respectons bien trop pour faire cela, s'est marré le boss des Vernets. Pour être franc, nous ne nous sommes que très peu parlé depuis son arrivée à Zurich. Lors de notre dernier match, j'ai pris de ses nouvelles. Mais finalement assez brièvement. Nous aurons le temps de nous parler davantage durant l'été.»

Entre deux swings sur le parcours du Golf Club de Genève - «La vue sur le Mont-Blanc me fait à chaque fois envie de rester à Genève », nous avait raconté Arno Del Curto -, les deux hommes auront tout loisir de débriefer cette rencontre si spéciale. Peut-être l'une de celles avec le plus d'enjeu que les deux hommes ont disputées. «Suivant comment cela se passe, il se peut que ce ne soit pas lui le premier à venir sur le sujet», a pouffé Chris McSorley.

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