Hockey sur glace: Match de l'année: qui sera en play-off?

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Hockey sur glaceMatch de l'année: qui sera en play-off?

Qui sourira et qui pleurera au terme du duel de la vérité ce lundi soir aux Vernets? GE Servette ou les ZSC Lions? De deux nos journalistes spécialisés en débattent.

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Sport-Center
Zurich LIons ou GE Servette?

Zurich LIons ou GE Servette?

Keystone

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GE Servette

Parce que cette équipe a quelque chose de spécial

Grégory Beaud, Journaliste

En temps normal, l'issue de cette rencontre couperet ne devrait pas faire un pli. Supérieurs techniquement et au bénéfice d'une expérience dans grands rendez-vous qui n'a pas son pareil en Suisse, les Zurich Lions devraient s'imposer facilement aux Vernets. Mais ce qui se passe actuellement n'a rien de normal. Ce n'est pas la norme pour Genève – même si cela devient une mauvaise habitude – de totaliser autant de blessures et de coups du sort en aussi peu de temps. Ce n'est la norme non plus de voir le champion de Suisse en titre devoir cravacher jusqu'à la dernière journée du championnat pour se qualifier pour les play-off. Ainsi une issue hors-norme n'aurait rien d'étonnant.

Lorsque la maestria d'un Roman Cervenka ou le sens du but de Fredrik Pettersson sont opposés à la rigueur et à la solidité d'un GSHC, les deux phénomènes n'en mènent pas large. Et c'est justement là toute la beauté de ce que réalise Chris McSorley avec son équipe décimée par les blessures. Oui, le niveau de talent n'est pas à la hauteur de bien des équipes de la ligue. Mais les John Fritsche, Eliot Berthon, Mike Völlmin et autres Goran Bezina compensent par un sens du collectif à toute épreuve.

Ne commettons pas l'erreur de résumer cet affrontement entre «le cœur» genevois avec le pognon zurichois. Les Aigles ont également des atouts à faire valoir autres que leur état d'esprit irréprochable. Ils peuvent déjà compter sur un gardien à nouveau en pleine confiance. Lors des dernières sorties, Robert Mayer a été absolument parfait. Souvent remis en question lors des play-off, l'ancien prospect du Canadien de Montréal a une occasion rêvée de prouver qu'il est capable d'hausser son niveau lors des matches «à la vie, à la mort».

Lors des trois victoires genevoises face aux Zurichois, le système mis en place par Chris McSorley a parfaitement muselé la force de frappe adverse. Fin joueur d'échec, l'Ontarien n'a pas son pareil pour cacher les faiblesses de son équipe afin de mieux exploiter ses points forts. Certes, ils sont peut-être moins nombreux que pour les Lions. Mais lors de ces matches capitaux, ce sont souvent les joueurs que l'on attend le moins qui marquent le but décisif. Cela tombe bien, ils sont plus nombreux à Genève qu'à Zurich, à ne pas être attendus au tournant.

Retrouvez nos premiers épisodes de la journée sur ce match décisif.

> 1. Match de l'année: une anomalie du calendrier

> 2. Le match de l'année aura lieu à guichets fermés

> 3. Match de l'année: cinq raisons de croire en Genève

> 4. Match de l'année: l'amitié entre parenthèses

> 5. Match de l'année: Genève favori des experts

> 6. Match de l'année: il vaut de l'or

> 7. Match de l'année: A Zurich, ils ne sont pas trop inquiets

> 8. Match de l'année: Le DJ des Vernets promet du trash

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Les ZSC Lions

Parce que les joueurs ont de l'ego et ne veulent pas passer pour des ânes

Emmanuel Favre Journaliste

A ce stade, le rationnel s'efface souvent devant des facteurs moins palpables.

Les confrontations directes précédentes et les vidéos compilées jusqu'au petit matin par les entraîneurs assistants ont permis aux joueurs d'apprivoiser les systèmes de jeu de leurs adversaires ainsi que les qualités et défauts de chacune des individualités auxquelles ils se mesureront lundi soir aux Vernets.

Le match de la vérité ne sera donc pas celui des secrets.

Il sera celui de l'envie et de la fierté.

Quels joueurs seront les plus enclins à se sacrifier pour la cause commune? Lesquels accepteront de se coucher sur des tirs, quitte à perdre quelques dents ou à hériter de quelques bleus? Lesquels iront batailler dans ces zones cruciales (devant les gardiens, le long des balustrades) d'où on ne ressort pas souvent indemne?

A ce stade, on peut spéculer que les membres des deux camps ne seront pas avares en efforts et que, comme dans un match 7 d'une série de play-off, les rôles seront clairement définis et les missions rigoureusement appliquées.

La différence pourrait donc se créer sur des éléments bien éloignés des schémas si souvent appris sur le tableau noir ou sur les tablettes numériques depuis le début du mois de septembre.

Où l'instinct de survie sera-t-il le plus fort? Où la fierté serait la plus amochée en cas de non participation aux séries éliminatoires pour le titre dès samedi? A Zurich, forcément.

Si les Aigles devaient demeurer sous la barre ce lundi soir à 22 h, ils pourraient continuer à se balader sur le Quai du Mont-Blanc sans être apostrophés avec véhémence par leurs supporters. Ils se seront battus avec du coeur et beaucoup de courage, et il faudrait être bien sot pour leur reprocher quoi que ce soit.

Champions en titre, les hockeyeurs du “Z” ne bénéficieraient pas de la même clémence en se promenant sur les berges de la Limmat. En cas d'échec, ils seraient confrontés aux sifflets, aux insultes, aux railleries.

Et c'est justement pour ne pas vivre ce cauchemar que ces hockeyeurs à l'ego bien dimensionné trouveront comme souvent la solution pour jubiler sur le coup de klaxon.

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