Bilan - Mathieu Jaton: «Le retour du Montreux Jazz en 2022 doit être différent»
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BilanMathieu Jaton: «Le retour du Montreux Jazz en 2022 doit être différent»

Le festival a clôturé son édition pas comme les autres hier soir avec le sourire et l’expérience du changement, inévitable pour son avenir.

par
Laurent Flückiger

Alors que quelques rayons de soleil traversent enfin les vitres du Palace, vendredi, Mathieu Jaton se présente avec un sourire radieux devant la presse pour présenter le bilan du 55e Montreux Jazz Festival. Une édition pas comme les autres, réalisée avec «abnégation, résilience et courage», décrit le directeur de la manifestation. Sans stand sur les quais mais avec le projet de mettre la musique au cœur de l’événement avec deux scènes payantes, une de 520 places assises et une de 250, seulement.

Contrat rempli puisque, après de si longs mois d’attente, les notes ont sonné durant seize jours et ont fait vibrer 15 000 personnes (40 000 si on compte les festivaliers venus à l’espace gratuit). Même si, au vu des derniers assouplissements fin juin, Montreux aurait pu voir plus grand. «Il n’y a pas eu de queue, pas eu d’agoraphobie non plus. On ne voulait pas faire la course à la capacité», se justifie Mathieu Jaton.

Que faire de la Scène du Lac?

Le clou du spectacle est bien sûr la Scène du Lac, adorée dès le premier soir par les artistes et les spectateurs. Un écrin incroyable qui a contribué à faire venir des artistes qui ne seraient pas venus, à commencer par Zucchero, reconnaît-on sans détour à Montreux. L’Italien a joué cinq fois, Woodkid trois, mais le boss du festival ne peut pas cacher son bonheur d’avoir vu la nouvelle génération suisse se distinguer sur les eaux du Léman, tels Arma Jackson, Priya Ragu et Hermanos Gutiérrez.

La Scène du Lac ne peut pas disparaître, Mathieu Jaton le sait. À l’avenir, elle devrait être complémentaire à l’Auditorium Stravinski, «la cathédrale du festival», comme l’est le Montreux Palace. De nombreuses réflexions seront entamées d’ici à 2022.

Zéro cas positif

En 2021, impossible de faire un bilan sans évoquer le plan sanitaire. Là encore, c’est la satisfaction du côté des organisateurs. Au centre de test installé sur le site du festival, sur 2000 tests antigéniques réalisés auprès des festivaliers et 500 auprès du staff, aucun cas positif n’a été enregistré. Plus de 50 formations musicales ont été testées et toutes ont pu jouer. «Sur ce côté-là, nous sommes bénis des dieux. Moins sur la météo», déclare Mathieu Jaton. Il est vrai que dix jours de pluie ont contraint les Jardins, le seul lieu gratuit du festival, à fermer ses parasols et ses grilles quatre soirs. Toutefois, si ce temps avait créé de grandes difficultés dans une édition normale, il n’a pas eu une incidence essentielle sur une configuration budgétée à 8 millions de francs et centrée sur les concerts et non les chiffres de bars et de nourriture.

Au final, si c’est une pandémie qui a contraint le Montreux Jazz à faire une édition inédite, elle a accéléré une réflexion qui devait être faite. Le festival ne redeviendra pas comme avant. Et ce, même si Lionel Richie est déjà annoncé l’an prochain au Stravinski, le 12 juillet. «Notre expérience nous permet de transformer notre manifestation. Le retour doit être différent», affirme Mathieu Jaton, qui donne rendez-vous du 1er au 16 juillet 2022.

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