Hockey sur glace - Mathieu Vouillamoz vit un bien joli printemps avec les Aigles
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Hockey sur glaceMathieu Vouillamoz vit un bien joli printemps avec les Aigles

Le jeune Valaisan des Vernets est en progression constante depuis plusieurs semaines. Il réalise des play-off très convaincants au sein du premier trio offensif.

par
Grégoire Surdez
Mathieu Vouillamoz fait la paire avec Linus Omark, le rêve pour le jeune Valaisan. 

Mathieu Vouillamoz fait la paire avec Linus Omark, le rêve pour le jeune Valaisan.

Eric Lafargue

Mathieu Vouillamoz qui patine avec Linus Omark et Daniel Winnik dans une demi-finale de play-off. Ce scénario, pas grand monde ne l’avait vu venir. À commencer sans doute par le principal intéressé qui vit un bien joli printemps avec les Aigles. «Je prends tout ce que l’on me donne comme une immense chance de progresser, dit le jeune ailier de 21 ans. J’ai un job précis à faire dans cette première ligne et je m’attache à le faire le mieux possible.» Le Valaisan a pour mission première de mettre du poids et faire de la place pour l’artiste Linus Omark et son compère Daniel Winnik. Mais il fait bien plus que cela.

Eclosion printanière

En quart de finale, Mathieu Vouillamoz a véritablement franchi un palier dans sa progression qui doit en faire un bon joueur de National League. Que ce soit avec les stars ou avec les travailleurs du 4e bloc, il a toujours livré la marchandise contre Fribourg Gottéron. En début de saison, il faut bien admettre qu’on imaginait davantage Deniss Smirnovs confirmer sa très belle première saison dans l’élite. Tandis que le Letton à licence suisse épatait la galerie, Mathieu Vouillamoz passait par la case Swiss League du côté de Sierre. À l’automne, il était une nouvelle fois envoyé au pays du soleil après un camp de préparation avec les Aigles qui avait été très convaincant, selon les dires du staff technique des Vernets.

Six mois plus tard, Smirnovs est dans les tribunes avec Arnaud Riat et John Fritsche, tandis que le gamin d’Isérables mange des minutes de jeu avec les Aigles. Le 20 mars dernier, à Langnau, il inscrivait son premier but dans l’élite. Deux buts de plus et cinq assists plus tard, il gagne ses galons de titulaire pour les play-off. Cette éclosion printanière n’est pas à proprement parler une surprise monumentale car le garçon a toujours joué les premiers rôles chez les juniors.

«Il possède deux qualités rares chez les jeunes joueurs, c’est la patience et la capacité à recevoir les coups»

Pat Emond

Formé tout d’abord dans son Valais natal (Martigny puis Viège), il avait pour habitude de martyriser la rondelle et d’enfiler les buts. Mathieu Vouillamoz, c’est un physique taillé pour la National League, c’est certain. Il fallait juste qu’il prenne conscience que ce mètre 85 et ses 85 kilos sont de véritables armes lorsque l’on sait s’en servir à bon escient. «Il a enfin compris comment utiliser son corps pour gagner des duels et récupérer des pucks dans les coins, analyse Pat Emond. Depuis plusieurs semaines, il nous donne pleinement satisfaction.»

D’autant plus que comme le rappelle le Québécois, Mathieu Vouillamoz, ce n’est pas qu’un costaud qui se contente de ruer dans les brancards. «Il a une véritable intelligence de jeu, estime Pat Emond. Il fait souvent le bon choix lorsqu’il reçoit le puck. Je dirais même qu’il possède deux qualités rares chez les jeunes joueurs, c’est la patience et la capacité à recevoir les coups. Lors des entrées en zone offensive, il peut et sait attendre avant de faire une passe dans le bon timing, quitte à recevoir une charge. Là ou d’autres se débarrassent un peu trop vite du puck, lui accepte de payer le prix.»

En retour, il lui arrive alors de recevoir du caviar dans la canne. Comme une offrande pour lui dire merci, Linus Omark et Daniel Winnik vont le chercher dans le slot. Lors de l’acte V contre Fribourg, Mathieu Vouillamoz a signé son premier but en play-off en National League. Il y est même allé d’un doublé. Un moment après la rencontre, le solide gaillard s’est laissé submerger par les émotions. «Je dédie ces deux buts à mes parents…» C’est souvent dans ces instants marquants que plein d’images refont surface. L’enfance, les premiers patins, les premiers réveils aux aurores pour aller aux entraînements. Les kilomètres avalés. Et puis le déchirement. Le départ à quinze ans pour rejoindre le mouvement junior de Genève-Servette.

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«Mon passage par Sierre m’a été très utile»

Mathieu Vouillamoz

Des années en famille d’accueil couronnées de succès avec une génération dorée dont plusieurs éléments évoluent désormais avec les Aigles. Il y a eu ces belles épopées pour aller «jusqu’au bout» en compagnie de Sandis Smons, Enzo Gebuey, Deniss Smirnovs et autres Damien Riat. Un titre de champion chez les Novice Elite. Et deux titres chez les M20, avec un entraîneur encore très méconnu et reconnu en Suisse, un certain Pat Emond. C’est dire si le coach des Aigles peut apprécier la progression de ce garçon «attachant, toujours respectueux et poli», à sa juste valeur.

«Mon passage par Sierre m’a été très utile estime le No 13 des Vernets. Le passage des juniors à l’élite demande un certain temps d’adaptation. En ce sens, les très nombreuses minutes de jeu que j’ai pu avoir à Graben ont eu toute leur importance dans ma progression.» Lentement mais sûrement, l’ailier a également su combler ses lacunes. Avec en particulier un très gros travail sur l’explosivité et la vitesse. «Il a énormément progressé sur ce plan-là, estime Pat Emond, qui avoue qu’il a encore une belle marge de progression. Et franchement sur le premier match de la demi-finale, contre une équipe qui patine énormément, ce n’était pas le plus rapide, c’est sûr. Mais ce n’était pas non plus le plus lent.»

Une jolie façon de relever le très bon match livré par Mathieu Vouillamoz au sein du premier bloc offensif. «Il est fort dans sa tête, dit le coach. Certains se mettraient beaucoup trop de pression en se retrouvant avec de telles responsabilités. Mais lui gère ça très bien. On est vraiment très satisfait de son travail.» Le joli printemps de Mathieu Vouillamoz continue. Ce mardi soir, il patinera encore avec Linus Omark et Daniel Winnik.

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