Tennis – Matteo Berrettini remercie Monfils et s’en va défier Nadal
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TennisMatteo Berrettini remercie Monfils et s’en va défier Nadal

Le finaliste de Wimbledon a profité d’un cinquième set catastrophique de Gaël Monfils pour s’offrir sa première demi-finale à Melbourne (6-4, 6-4, 3-6, 3-6, 6-2).

par
Mathieu Aeschmann
Matteo Berrettini rugit de plaisir: il prend le dessus sur Gaël Monfils, mardi sur la Rod Laver Arena. --

Matteo Berrettini rugit de plaisir: il prend le dessus sur Gaël Monfils, mardi sur la Rod Laver Arena. --

AFP

Gaël Monfils possède une qualité qui est aussi un problème chronique: il n’est jamais aussi fort que lorsqu’il est mené au score. Mardi soir dans une Rod Laver Arena acquise à sa cause, cette «spécialité» lui aura permis de remonter un handicap de deux sets avant de totalement s’écrouler dans la manche décisive et d’offrir une place en demi-finale à Matteo Berrettini (6-4, 6-4, 3-6, 3-6, 6-2). Vendredi, le Romain deviendra ainsi contre Nadal le premier Italien à jouer une demi-finale de l’Open d’Australie (sauf si Jannik Sinner gagne mercredi et se voir programmé avant lui).

«C’était un immense combat et, heureusement, j’ai réussi à me regrouper au cinquième set, réagissait le finaliste du dernier Wimbledon. J’ai tout donné sur le court ce soir. Je suis si heureux d’avoir gagné.» Matteo Berrettini mérite toutes les louanges. Depuis 18 mois, il n’a perdu en Grand Chelem que contre Novak Djokovic, ce qui résume bien sa constance à très haut niveau. Et pourtant, l’histoire de ce quart de finale nous oblige à constater que cette place dans le dernier carré, c’est surtout Gaël Monfils n’a pas su l’empoigner. Voici comment.

Tout avait commencé par deux sets à sens unique. Trop loin derrière sa ligne de fond, pas assez tranchant en retour, Gaël Monfils subissait le coup droit de l’Italien. Et lorsqu’un rythme retrouvé à l’échange lui offrait une petite occasion, soit il se montrait trop timide pour en profiter, soit Matteo Berrettini l’assommait d’une première balle «tomahawk». Le quatrième jeu du deuxième set étalait même durant 20 minutes cette réalité limitante: malgré dix «égalités» et une balle de break, le Français laissait échapper sa chance et l’Italien au tableau d’affichage (6-4, 6-4).

Le réveil puis l’éclipse

Or comme souvent durant ses quinze ans de carrière, Gaël Monfils profita de l’appel du précipice pour se transformer. Les chiffres sont implacables: entre le deuxième et le troisième set, «la Monf» a avancé son impact moyen à la frappe d’un mètre. Ou comment prouver par la statistique que le protégé de Günter Bresnik prenait enfin son destin en mains, frappant plus fort pour mieux voler du temps au finaliste du dernier Wimbledon. La conséquence? Un festival de puncheur qui laissait Matteo Berrettini comme roué de coups derrière sa ligne de fond (3-6, 3-6).

Le cinquième set s’annonçait superbe et incertain. Il se transforma en un triste monologue de huit jeux. La faute à la disparition totale de Gaël Monfils, lequel marqua les deux premiers points du set… Puis plus rien. La longue pause toilettes prise par l’Italien à la fin du quatrième set (6 minutes) a-t-elle coupé les jambes du Parisien? A-t-elle brisé son momentum comme celui de Shapovalov quelques heures plus tôt? Un peu, peut-être. Mais l’excuse serait trop facile, trop décevante aussi au regard de ce que représente une demi-finale de l’Open d’Australie. À 35 ans, Gaël Monfils a trop d’expérience pour qu’une pause bouscule autant de certitudes chèrement acquises… Les raisons de cette absence viennent de plus loin. Et malheureusement pour «la Monf», elles le freinent depuis trop d’années.

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