Allemagne: Matthias Müller nommé directeur général de Volkswagen
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AllemagneMatthias Müller nommé directeur général de Volkswagen

Le directeur de Porsche prend la tête du groupe Volkswagen après la démission de Martin Winterkorn.

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Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)

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AFP
Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)

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Keystone
Jusqu'à présent, les fabricants d'automobiles ne devaient faire tester leurs véhicules qu'en conditions de laboratoire. Les résultats ne reflétaient alors que peu leurs véritables émissions. A partir du 1er septembre, des réglementations strictes entreront en vigueur en Europe et en Suisse. (Dimanche 13 août 2017)

Jusqu'à présent, les fabricants d'automobiles ne devaient faire tester leurs véhicules qu'en conditions de laboratoire. Les résultats ne reflétaient alors que peu leurs véritables émissions. A partir du 1er septembre, des réglementations strictes entreront en vigueur en Europe et en Suisse. (Dimanche 13 août 2017)

Keystone

Le patron de Porsche, Matthias Müller, 62 ans, a été désigné vendredi pour prendre la tête du constructeur automobile allemand Volkswagen, en remplacement de Martin Winterkorn, emporté par le scandale des moteurs truqués, a annoncé le conseil de surveillance du groupe.

«Le conseil de surveillance a dans sa réunion d'aujourd'hui proposé à Matthias Müller de prendre la présidence du directoire» de Volkswagen, et ce dernier a accepté, a indiqué lors d'une conférence de presse à Wolfsburg Berthold Huber, président de l'organe de contrôle. «Nous pouvons et nous allons surmonter cette crise», a promis le nouvel homme fort.

Un «désastre moral et politique»

Le président du conseil de surveillance a qualifié l'affaire de «désastre moral et politique». «Un petit groupe de personnes a causé un énorme préjudice» à Volkswagen, a renchéri Bernd Osterloh, qui représente les salariés dans le conseil.

Le nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller a promis de son côté que l'entreprise «allait surmonter» le scandale des moteurs truqués pour devenir «plus fort».

«Nous pouvons et nous allons surmonter cette crise. Ensemble, nous allons faire de Volkswagen une société encore plus forte», a déclaré Matthias Müller peu après sa désignation à la tête du groupe automobile allemand.

Un enfant du sérail

Matthias Müller est un pur produit de l'empire aux douze marques, fin connaisseur de ses arcanes et apprécié en interne.

A 62 ans, ce grand amateur de football et de sports automobiles est un enfant du sérail, marqué du sceau Volkswagen de la tête aux pieds. Sa première voiture était une Coccinelle et son garage héberge maintenant une Audi TT et une Porsche 911 GT3.

Cheveux blancs et regard bleu azur, celui qui a promis vendredi «une investigation sans concession et une transparence maximale» sur l'affaire des moteurs truqués a longtemps côtoyé son prédécesseur Martin Winterkorn, avec qui il a collaboré chez Audi, une des marques du géant automobile allemand.

Lors de la passe d'armes en coulisses au mois d'avril entre Martin Winterkorn et Ferdinand Piëch, alors président du conseil de surveillance, le nom du chef de Porsche pour prendre la succession du premier avait déjà circulé. Son heure a finalement sonné à la faveur du scandale des moteurs diesel truqués qui ébranle le groupe depuis une semaine.

Matthias Müller est depuis octobre 2010 à la tête de Porsche, fabricant des célèbres bolides de luxe et filiale du groupe Volkswagen au sein duquel il a effectué toute sa carrière professionnelle.

Un Allemand de l'Est

Né le 9 juin 1953 à Chemnitz en RDA, le jeune garçon fuit durant son enfance le régime communiste est-allemand avec ses parents pour s'installer en Bavière, dont il garde aujourd'hui encore l'accent rond.

Quelques années plus tard, il suit une formation d'apprenti mécanicien-outilleur dans les usines du constructeur Audi, où son père exerce comme ingénieur. Cette période lui permet de «mettre les mains dans le cambouis» et de côtoyer «des gens simples», aime-t-il à raconter.

Il complète ce cursus par des études en technologies de l'information à Munich et fait ses premières armes à partir de 1977 comme analyste des systèmes, à nouveau chez Audi.

En 1993, il prend la tête du projet de développement du modèle A3 de la marque aux anneaux et commence à se faire un nom au sein du groupe. Gravissant rapidement les échelons, il endosse deux ans plus tard la responsabilité de l'ensemble de la gestion des produits d'Audi.

Lignes de produits

A partir de 2003, il est nommé responsable de toutes les lignes produits d'Audi et Lamborghini, avant d'être nommé en 2007 chef du développement des projets au siège du groupe à Wolfsburg, où il a la haute main sur l'ensemble des produits de Volkswagen et des autres marques du groupe comme Skoda et Seat.

Très apprécié en interne, Matthias Müller se forge une réputation de décideur à la fois décontracté et lucide, rapportent les médias allemands. Ses anciens collègues saluent son esprit d'équipe et ses prises de décision collégiales. Et s'il adopte parfois un ton bourru, c'est toujours au service de la cause, dit-on de lui.

Bons résultats à la tête de Porsche

En outre, ses excellentes relations avec les plus hauts échelons de direction du groupe sont portées à son crédit. Fin connaisseur du groupe, il jouit du soutien de membres des familles Piëch et Porsche, héritières de l'empire Volkswagen et qui contrôlent indirectement le mastodonte automobile.

Ses résultats à la tête de Porsche, englouti par le groupe Volkswagen en 2012 après bien des péripéties, sont quant à eux flatteurs.

Entre 2012 et 2014, la marque a dopé ses volumes de ventes de plus de 30%, grâce notamment à l'attractivité de ses 4x4 citadins, et le cru 2015 n'annonce aucun ralentissement de ce rythme. Sur les huit premiers mois de l'année, ses livraisons de bolides ont déjà bondi de 30% sur un an.

(ats)

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