Formule 1 - Max Verstappen a tiré dans le noir
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Formule 1Max Verstappen a tiré dans le noir

Tout comme à Imola, il y a deux semaines, le pilote Red Bull était le plus rapide en piste. Mais une fois de plus, il s’est qualifié troisième seulement…

par
Luc Domenjoz
Max  Verstappen n’était pas content de ses qualifications: «J’aurais été largement devant avec mon premier tour, même si j’ai glissé au virage 4.»

Max Verstappen n’était pas content de ses qualifications: «J’aurais été largement devant avec mon premier tour, même si j’ai glissé au virage 4.»

REUTERS

Une week-end difficile

Samedi, lors de la dernière séance d’essais libres précédant les qualifications, Max Verstappen avait tout juste. Il avait tourné un quart de seconde plus vite que les Mercedes, soit largement de quoi le poser en favori de la course à la pole-position.

Les qualifications venues, pourtant, rien n’a fonctionné comme prévu. Lors des phases Q1 et Q2, Max Verstappen semblait incapable de suivre le rythme des Mercedes. En phase Q3, celle qui décide de la grille de départ, les performances de sa RB16B étaient retrouvées. Il a signé un premier chrono, 1’18’’209, qui lui aurait largement offert la pole-position. Mais, sorti trop large au virage 4, ce chrono a été effacé par la direction de course - une décision non contestée par le Néerlandais. «On va remettre ça», a simplement répondu Max Verstappen à son ingénieur lorsque ce dernier lui a annoncé l’effacement de son chrono à la radio.

Seulement, le pilote Red Bull n’a pas réussi à «remettre ça». En fin de séance de qualifications, le vent était plus fort et la piste moins rapide. Et surtout, Max Verstappen a été gêné dans son dernier tour par Lando Norris - qui l’aurait fait exprès, à en croire l’écurie Red Bull - et par Sebastian Vettel, qui avait du mal à maintenir son Aston Martin en piste.

Du coup, Max Verstappen ne s’est qualifié qu’à la troisième place de la grille de départ. Et il en était vraiment affecté. «Ce n’est pas ce que nous souhaitions, lâchait-il. J’aurais été largement devant avec mon premier tour, même si j’ai glissé au virage 4. On a couru après l’adhérence jusqu’au moment de la Q3 où nous avions enfin réussi à la retrouver. Mais ici, même quand on a tout juste, il suffit de changer de train de pneus et tout est différent, c’est comme si on tirait dans le noir. Et puis, dans mon dernier tour, j’étais à un dixième de mon chrono d’avant, c’était bon, et voilà que Sebastian Vettel se retrouve sur ma trajectoire. Mais il pensait à quoi? J’étais dans un tour rapide…»

En résumé, le Néerlandais n’apprécie pas ce circuit. «Non, je n’ai pas aimé un seul tour, ici, ce week-end. C’est beaucoup trop glissant, je ne m’amuse pas…»

Callum Ilott s’est senti comme un bulldog

Callum Ilott s’est mis en évidence vendredi matin.

Callum Ilott s’est mis en évidence vendredi matin.

Getty Images

Vendredi matin, l’écurie Sauber a fait tourner son second pilote-essayeur, Callum Ilott, issu de la Ferrari Junior Academy, au volant de la monoplace d’Antonio Giovinazzi.

C’était la première fois que le jeune Britannique roulait en Formule 1. Sans commettre de grosse erreur, il a terminé avec un chrono proche de celui de Kimi Räikkönen. Une belle performance.

L’après-midi, Callum Ilott a posté sur son compte Instagram une vidéo d’un de ses tours, prise en caméra embarquée. On y remarque que son casque est secoué dans tous les sens dans la longue ligne droite du circuit portugais. «Je sais, ça n’était pas très agréable, a expliqué le Britannique. J’étais assis dans la voiture d’Antonio, et comme je suis physiquement différent de lui, l’air s’écoule autrement sur mon casque, et ça a eu un drôle d’effet dans la ligne droite. Je me sentais secoué comme le bulldog de Winston Churchill…»

Ferrari et Red Bull bloquent les sanctions

Cette saison, pour la première fois dans l’histoire de la F1, un plafond des dépenses des écuries a été mis en place. D’abord prévu à 175 millions d’Euros par an - alors que certains (Ferrari ou Mercedes) en dépensaient plus de 400 millions -, ce plafond a finalement été abaissé à 145 millions en raison de la pandémie (les salaire des pilotes et de trois dirigeants ne sont pas compris dans cette limite).

Pour certaines écuries (Sauber, Williams, Aston Martin), ce plafond reste en-dessus des dépenses annuelles, il ne modifie rien. Mais pour d’autres, il change la donne. Red Bull a dû licencier des dizaines d’employés. Mercedes en a déplacé dans son unité moteurs (non concernée par le plafonnement). Ferrari reste opaque sur ce qui a été fait.

La mesure est nouvelle, il faut encore en préciser plusieurs détails. Zak Brown, chez McLaren, propose de plafonner séparément le salaire des pilotes et des patrons, proposition qui fut rejetée. Il reste aussi à décider quelles sanctions doivent être prises en cas de dépassement du plafond.

Sept écuries sur dix souhaitaient que les sanctions soient sportives, c’est-à-dire que les écuries perdent des points en cas de violation du plafond. Mais cette décision-là devait être prise à l’unanimité des équipes. Et trois d’entre elles viennent de la rejeter: Ferrari et les deux écuries de Red Bull (Red Bull Racing et Alpha Tauri).

Du coup, en cas de violation du plafond de budget, la sanction sera purement financière. Un comble! C’est la porte ouverte à toutes les dépenses pour ceux qui veulent se moquer du règlement. Une tricherie (un dépassement du budget) ne fera jamais que leur coûter un peu plus. Comme les moyens de Ferrari (400 millions par an) sont triples du plafonnement actuel (145 millions), la Scuderia va pouvoir se lâcher et tricher comme elle le veut - il lui suffira de sortir son chéquier.

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