26.05.2017 à 14:24

MusiqueMC Solaar bientôt de retour dans les bacs

L'artiste français, habitué de la Fête de l'Espoir, à Genève, s'y produira demain. Il revient sur son amitié pour l'événement et son actualité, à savoir un nouveau disque dont le premier single sortira fin août!

par
Caroline Piccinin
MC Solaar, 48 ans, plus «easy» que jamais, nous a confirmé la sortie de son prochain disque pour novembre.

MC Solaar, 48 ans, plus «easy» que jamais, nous a confirmé la sortie de son prochain disque pour novembre.

Sadaka Edmond/SIPA

«Bonjour, pardon, j’étais en studio et je n’ai pas regardé mon téléphone», lance MC Solaar à 20 h 10 alors que notre rendez-vous téléphonique était fixé en fin d’après-midi. «Je sais, ce n’est pas très La Chaux-de-Fonds compatible, les retards», glisse-t-il en riant avant d’ajouter: «Je n’y suis jamais allé, mais je connais le nom. Par contre il y a trois jours, je portais mon T-shirt du Chant du Gros, où j’ai joué. Il est bleu avec un dessin farfelu d’une créature avec des gros yeux.» Décidément cool, le rappeur littéraire de 48 ans, Claude M’Barali de son vrai nom, n’est jamais vraiment là où on l’attend!

Un rendez-vous plaisir

Un MC Solaar lunaire et heureux d’être «dans une période baignée de musique» s’enthousiasme d’autant plus quand on lui parle de sa 15e venue ce samedi à la Fête de l’Espoir au Stade du Bout-du-Monde, à Genève. «C’est un vrai plaisir. La première fois que j’y suis venu, j’étais si surpris de voir ce mélange. Des familles, des gens qui aiment la musique, des espaces de convivialité, des stands de snacks et je ne sais pas combien de groupes qui y jouent. C’est un truc fantastique que je ne retrouve que là.» Pour lui qui a une voix qui compte, s’engager est quelque chose de naturel, comme il l’explique: «Nous les artistes, on fait un job tranquille alors on peut bien prendre une demi journée, quelques jours ou je ne sais pas combien de temps pour aider un peu les autres.»

Et comme le titre «Juste une p’tite chanson» qu’il a coécrite avec Grégoire pour Les Enfoirés, il n’y a pas de petites actions. «Il faut simplement aimer son prochain. Ce prochain il peut être au quart-monde, au tiers-monde ou à la Fête des voisins, il n’est pas forcément loin. Il faut juste regarder autour de soi», exprime-t-il avant d’encourager les gens à venir à Genève samedi: «Il y a un grand espace où l’on peut voir tous ceux qui s’engagent. Le panel d’associations présentes est grand et, de ce fait, on peut s’y éduquer dans la joie et s’informer en musique.»

Les classiques et «Caroline»

MC Solaar jouera aux alentours de 23 h 30 après Fefe et avant Tweek. Il faut dire qu’à la Fête de l’Espoir, c’est un vrai défilé d’artistes qui se suivent et ne se ressemblent pas. Mais comment le rappeur choisit-il ses morceaux pour un show annuel, devenu un rendez-vous? Il rit: «Dans ce cas-là, c’est une shortlist! On me demande systématiquement «Caroline». Je ne sais pas ce que ce titre a de spécial, mais en Suisse quand je ne la fais pas, les gens sont déçus.» On acquiesce en riant aussi. Il ajoute: «Après j’essaie de partager le choix avec ceux qui viennent avec moi sur scène. Et comme j’ai des morceaux sur plein de périodes, si je fais un titre début 1990, j’essaie d’en faire des plus récents et les classiques pour varier un peu, mais la base c’est «Caroline».

Un ange passe, on le saisit au vol en lui demandant s’il ne s’est pas lassé d’elle avec le temps. La réponse de l’As de Trèfle est catégorique: «Non parce qu’elle est bien écrite et très musicale. On dirait un court-métrage et je la trouve intemporelle. Je ne sais pas trop comment ça se fait, mais elle n’est pas datée.» Ce qui est le cas de pas mal de ses titres. Alors qu’il fait un créneau avec sa voiture, le rappeur répond: «Quelques-uns de mes morceaux sont des titres pop art, qui traitent vraiment de l’air du temps. Je les écrivais pour marquer un moment dans une époque. Toutefois, je n’ai jamais voulu faire du rap d’actualité, j’ai toujours voulu analyser avec du recul. Je crois que mes chansons sont des éditos et pas des articles d’actu. De cette manière, elles durent plus longtemps.»

Claude MC parle d’actu… La tentation est trop forte et le buzz trop vague depuis que Jimmy Jay, son ancien acolyte, a balancé l’inédit «Sentinel Nord» sur le Net au début de l’année, alors on rebondit: sort-il bientôt cet album tant attendu depuis 2007? «Je passe d’un studio à l’autre ces jours. Ça faisait un moment que je n’étais pas entré pour moi dans des studios, et ça fait plaisir de retrouver la création.» On le sent un peu sur la retenue, on insiste. Quel a été le déclic? Et c’est le déclic! Il balance: «Un jour, un pote m’a téléphoné pour prendre des nouvelles d’une promesse que je lui avais faite. J’avais en effet dit que je retournerais bientôt en studio… Et en lui parlant, je me suis dit: «OK, c’est le bon moment.» Ce coup de fil a clairement stoppé mon laisser-aller et m’a sorti de ma grotte où je me disais «c’est cool, personne ne me demande rien». Ce n’était pas urgent, mais comme c’est une promesse je bosse depuis le 7 juillet dernier et là j’y suis presque!»

Un premier single en août

Ce 8e album à sortir en novembre 2017 est encore en peaufinage et sortira chez Play Two, «un petit label de gens très bien et motivés». Le rappeur est pressé d’y ajouter les dernières touches «comme sur un plat, à la fin, on peut y mettre du persil, du citron si c’est du poisson, ou du piment d’Espelette», dit-il dans un fou rire. Quant au titre de ce disque très attendu dont un premier single sortira en août, il ne l’a pas encore choisi.

«Je n’en sais encore strictement rien. Ce qui compte c’est la musique, pas forcément les mots que l’on met dessus et les noms qui vont avec. Sinon Jean-Pierre Papin serait encore en train de jouer à Marseille!» Pourquoi donc Claude MC conclut-il sur du foot? Parce que toutes les Fêtes de l’Espoir durant, il y joue l’après-midi et ça l’éclate tout autant que la musique et l’écriture. Un mélange des genres à une cadence qui le mèneront sans doute au nirvana ce samedi.

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