Publié

VaudMédecin du CHUV acquittée après le décès d'un patient

La doctoresse était accusée d'homicide par négligence mais la justice vaudoise a suivi le réquisitoire du Ministère public.

Archives, Keystone

Le Tribunal de police de Lausanne a acquitté ce jeudi 5 février une doctoresse de 31 ans, comme l'avait requis le Ministère public. Elle était accusée d'homicide par négligence, suite au décès d'un patient au CHUV en août 2010.

Opéré des amygdales, le patient de 59 ans est décédé des suites d'une hémorragie. Comme le procureur, le tribunal a considéré qu «aucune faute» ne peut être reprochée à la doctoresse, qui a agi «en suivant le protocole et dans les règles de l«art».

Absence de responsabilité

Pour le tribunal, la responsabilité de la décision finale de ne pas placer immédiatement le patient au bloc opératoire appartenait exclusivement au chef de clinique de chirurgie. Le juge souligne que l'acquittement «n'a pas été décidé au bénéfice du doute», mais en raison d'une intervention «conforme aux règles de l«art».

Il souligne que «le tribunal reconnaît la douleur des proches», mais «doit juger au-delà de l'émotion, pour ne pas ajouter de la souffrance à ce drame». Il a également précisé que l'objet de la cause n«était pas de «faire un procès au CHUV».

Plusieurs hémorragies

Le 29 juillet 2010, suite à un abcès, le patient a subi une opération des amygdales au CHUV. Deux heures plus tard, après une hémorragie, il a dû être ré-opéré pour une coagulation.

Le 7 août 2010, à son domicile, il a subi durant la nuit une nouvelle hémorragie massive. Transporté en ambulance au CHUV, il a été pris en charge par trois médecins, dont la doctoresse, médecin assistante ORL.

Constatant l'arrêt des saignements, la jeune femme a renoncé à le conduire au bloc opératoire, malgré des demandes répétées de sa famille. Vers 04h30, elle a téléphoné à son chef de clinique, qui lui a demandé de préparer une opération.

Vers 5h25, alors qu'il attendait son transfert, le patient a recommencé à saigner abondamment. Il a rapidement perdu conscience et est décédé une heure plus tard, malgré 50 minutes de massage cardiaque. Deux mois plus tard, son épouse, sa fille et son fils ont porté plainte.

Injuste et choquant

Les plaignants considèrent le jugement comme «injuste et choquant». Les proches «espèrent que cette affaire fera changer les choses au CHUV». Ils «n'attendaient rien de ce jugement, sinon d'avoir des réponses qu'ils n'ont pas eues», ont-ils déclaré.

(ats)

Ton opinion