Science-Fiction - Mélanie Laurent ne manque pas d’air
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Science-FictionMélanie Laurent ne manque pas d’air

Mais le personnage qu’elle incarne dans «Oxygène» sur Netflix si. Un exercice de style convaincant.

par
Jean-Charles Canet
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Mélanie Laurent prisonnière d’un caisson cryogénique,

Mélanie Laurent prisonnière d’un caisson cryogénique,

Netflix
Son lien avec le monde extérieur, l’intelligence artificielle Milo à qui Mathieu Amalric prête sa voix.

Son lien avec le monde extérieur, l’intelligence artificielle Milo à qui Mathieu Amalric prête sa voix.

Des jours heureux reviennent à la mémoire de la captive.

Des jours heureux reviennent à la mémoire de la captive.

Netflix

Avec une souris blanche prisonnière d’un interminable labyrinthe en guise de générique, le ton est donné. Une femme enveloppée dans un cocon se réveille alors que tous les signaux sont au rouge. Le temps de déchirer l’enveloppe protectrice, elle se découvre prisonnière d’un caisson cryogénique hermétiquement fermé dans lequel l’oxygène est appelé à manquer suite à un dysfonctionnement. Et personne à l’extérieur pour l’assister. Son temps est donc compté. Il s’agit de retrouver la mémoire, de comprendre ce qui l’a amené là et, à l’évidence de trouver un moyen de s’en sortir. Avec l’intelligence artificielle Milo pour seul assistant, malgré le fait que Mathieu Amalric lui prête sa voix onctueuse, ce n’est pas gagné.

La loi du genre

La femme, qui au début du film n’a pas de nom, et pour cause, c’est Mélanie Laurent qui incarne avec talent toutes les émotions d’une prisonnière d’un espace clos. Le réalisateur de cet exercice de style, tiré d’un scénario qui a longtemps tourné à Hollywood avant d’être rapatrié en France, est Alexandre Aja (fils du cinéaste Alexandre Arcady). Depuis «Haute tension», en 2003, en passant par la case Hollywood avec notamment l’excellent remake de «La colline à des yeux», largement supérieur à l’original, le cinéaste s’est spécialisé dans les films de genre, les films d’épouvante en particulier. «Crawl», le long-métrage qui précède «Oxygène», raconte les affres d’une nageuse prisonnière d’une maison en Louisiane infestée de crocodiles du fait de la montée des eaux, on ne se refait pas.

S’il n’était entièrement tourné en français, «Oxygène» passerait facilement pour une de ces productions manufacturée aux petits oignons, comme c’est souvent le cas aux États-Unis. C’est à la fois sa force, sa limite mais aussi son élégance. «Je suis très client des films à retournements», déclare Alexandre Aja sur les ondes de France Culture. Pas étonnant donc qu’«Oxygène» n’en manque pas, c’est d’ailleurs la manière dont ces «twists» sont agencés, mis en scène et incarnés, qui font que l’on reste les yeux rivés sur son écran jusqu’à l’ultime minute. Dire que la révélation qui clôt le film a donné une réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste (c’est «42», si, si, vérifiez) serait exagéré. Mais on se serait senti floué si ce qui se trouve autour du caisson n’avait pas été révélé. On vous le conseille tout en vous suggérant de modérer vos attentes.

«Oxygène» est disponible sur Netflix depuis le 12 mai 2021.

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