Ski alpin: Mélanie Meillard: la poisse et des questions

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Ski alpinMélanie Meillard: la poisse et des questions

Le genou gauche de la Valaisanne, blessée en février aux JO, doit être réopéré début octobre. Le greffon s'est nécrosé. La championne est abattue, elle devait rechausser les skis cette semaine.

par
Daniel Visentini
Mélanie Meillard subit un gros coup d'arrêt.

Mélanie Meillard subit un gros coup d'arrêt.

Keystone

Le ciel est tombé sur la tête. Blessée lors d'un entraînement à Pyeongchang le 8 février lors des Jeux olympiques et opérée dans la foulée, la Valaisanne Mélanie Meillard pensait avoir fait le plus dur, mais ces mois et ces semaines de rééducation et de sueur ont été balayés mercredi par un terrible diagnostic: la greffe du ligament croisé antérieur de son genou gauche a été rejetée par son corps, le greffon s'est nécrosé, elle devra repasser sur le billard le 9 octobre.

La désillusion tourne en boucle dans la tête de la skieuse. «Je ne préfère pas parler pour le moment, il faut me comprendre», murmure-t-elle au téléphone. On comprend, bien sûr. Elle avait été victime en Corée du Sud d'une fracture du plateau tibial, d'une lésion au ménisque, d'une déchirure du ligament latéral externe et, donc, du ligament croisé antérieur. Les trois premières blessures ne posent plus problème, tout est bien réparé. C'est le ligament croisé antérieur qui pose problème. Et, pour une skieuse professionnelle, il est nécessaire.

Ce qui trotte dans la tête de Mélanie, c'est un questionnement bien légitime: comment se fait-il qu'elle doive tout recommencer à zéro, après plus de six mois de rééducation, au moment même où elle voyait le bout du tunnel? Pourquoi son greffon s'est-il nécrosé? Surtout: pourquoi son chirurgien a-t-il opté pour une allogreffe (greffe d'un tendon appartenant à quelqu'un d'autre, souvent un cadavre) et pas pour une autogreffe (greffe d'un tendon prélevé sur le propre corps de la personne blessée)?

Ces interrogations-là parcourent aussi l'esprit de Ralph Krieger, l'agent de Mélanie Meillard. Il s'en est déjà ouvert au «Blick», il revient plus en détail pour «LeMatin.ch»: «Je ne suis pas médecin, mais je me suis posé la question, oui, explique-t-il. C'était sa première blessure grave et c'est l'allogreffe qui est choisie. Je me demande pourquoi ce n'était pas une autogreffe. Mais je sais aussi que Valentin Giraud Moine, le skieur français, a été opéré des genoux par le biais d'allogreffe. Je crois qu'il y a surtout beaucoup de malchance pour Mélanie, il y a toujours un risque de rejet du greffon, de l'ordre de 10% je crois. J'ai demandé néanmoins au chirurgien des explications. Il m'a envoyé un mail, très détaillé, du diagnostic effectué dernièrement. J'aurais aimé qu'il donne une déclaration à tout le monde pour s'expliquer et faire taire les rumeurs.»

Eh bien Ralph Krieger a été entendu, puisque le Dr Alain Sandoz a publié un communiqué ce vendredi. Il y explique notamment qu'il a choisi l'allogreffe parce que c'était «une technique totalement maîtrisée aujourd'hui, couramment pratiquée et qui rencontre un grand succès dans plusieurs pays, puisque 50% des greffes aux États-Unis sont réalisées par ce système». Il a été décidé d''employer cette technique avec Mélanie Meillard, «afin de ne pas lui faire subir une lésion supplémentaire».

Pour l'opération du 9 octobre, par contre, c'est le système de l'autogreffe qui sera mis en pratique, puisque «seul le ligament croisé antérieur doit être réopéré».

Et Mélanie, justement, comment vit-elle tout cela? «Évidemment, c'est un résultat qui est très compliqué à accepter pour elle, raconte Ralph Krieger. C'est pour cela qu'elle ne veut pas parler à chaud. Il y a énormément de déception, de frustration. Elle sentait bien depuis quelques semaines déjà, en descendant les escaliers, qu'il y avait comme un souci. Mais une IRM passée il y a deux mois n'avait rien décelé. C'est ce même examen, qu'elle a à nouveau effectué cette semaine, qui a révélé le gros problème. C'est terrible pour elle, parce qu'elle était dans sa tête prête à remettre les skis et à se lancer ensuite en Coupe du monde. Et d'un coup, sans même se blesser, elle doit à nouveau être opérée. Au lieu d'une absence d'une demi-saison, elle perd désormais une saison et demie. Et tout le travail effectué depuis février est réduit à néant.»

C'est un coup dur pour Mélanie Meillard. Mais elle est courageuse. On peut déjà lui souhaiter le meilleur pour elle, après, pour revenir encore plus forte.

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