Actualisé 02.10.2020 à 12:53

MusiqueMelanie Oesch: «J’ai été très touchée de retrouver le public»

Les rois de la musique populaire en Suisse, Oesch’s die Dritten, sortent un nouvel album le 2 octobre. Après son accouchement et le semi-confinement, la fille de la famille bernoise a hâte de reprendre les concerts. Interview.

par
Laurent Flückiger
La chanteuse Melanie Oesch sur la scène de la salle Métropole à Lausanne lors du festival Label Suisse le samedi 19 septembre 2020, l’un des rares concerts de l’année.

La chanteuse Melanie Oesch sur la scène de la salle Métropole à Lausanne lors du festival Label Suisse le samedi 19 septembre 2020, l’un des rares concerts de l’année.

KEYSTONE

Le samedi 19 septembre, à Label Suisse à Lausanne, Oesch’s die Dritten a donné l’un de ses premiers concerts après des mois d’interruption. Devant une salle masquée et coupée en deux mais enthousiaste, le groupe de musique populaire s’est dépensé à fond durant une heure, comme s’il fallait étirer plus que jamais des articulations rouillées par le semi-confinement. Jeune maman, Melanie Oesch a voulu multiplier les rappels même si ça faisait transpirer à l’accordéon «Vati», le père Oesch.

Nous l’avons retrouvée en loges trente minutes plus tard pour lui parler du nouvel album d’Oesch’s die Dritten intitulé «Die Reise geht weiter», prévu le 2 octobre, et de cette famille bernoise devenue incontournable des deux côtés de la Sarine.

Melanie, cela vous a fait du bien de retrouver la scène?

Oui, mais ça reste exceptionnel. Tous nos concerts sont repoussés, tout comme la minitournée que nous avions prévue pour la sortie de l’album, et c’est compliqué car chaque canton a ses propres règles. Notre prestation à Label Suisse m’a paru durer cinq minutes seulement, je ne voulais pas que ça se termine. J’étais très touchée de retrouver le public. Répéter à la maison, en studio, passer à la TV, c’est bien mais ce n’est pas la même chose. Ma passion, c’est la scène. J’ai presque oublié les masques en face de moi car j’ai senti qu’il y avait une onde positive.

Qu’est-ce qui s’est passé pour le groupe à partir du moment où tout s’est arrêté en mars dernier?

J’ai accouché fin mars. Avec la naissance de Robin, nous avions de toute façon prévu de ne pas donner de concerts jusqu’à fin mai. Mais, quand est arrivé le coronavirus, nous avons commencé à recevoir beaucoup de demandes pour des vidéos, et c’était difficile d’y répondre favorablement. Puis les petits concerts que nous avions prévus ont été annulés les uns après les autres, alors nous nous sommes concentrés sur d’autres choses. J’ai commencé à réfléchir à mon livre pour les enfants.

Vous écrivez pour les enfants?

Comme métier, je voulais être journaliste ou auteure. Je n’ai jamais fait les études pour, parce que la musique prenait tout mon temps. En 2015, j’ai été approchée par une maison d’édition et l’année d’après j’ai publié mon premier livre. C’est l’histoire d’une petite fille arbre qui habite dans la forêt et qui fait passer le message de prendre soin de la nature. J’ai écrit un deuxième livre en 2018 et l’an dernier, avec mes frères Kevin et Mike, nous avons imaginé un programme musical pour les familles. Je comprends que c’est aussi quelque chose que je fais pour moi, ça me fait du bien.

Qu’est-ce qui a changé en vous sur scène depuis que vous êtes devenue maman?

Cinq minutes avant le concert à Lausanne, je regardais encore des photos de Robin. Armin, mon copain, m’a envoyé une vidéo du bébé pour me souhaiter bonne chance. C’était très touchant. Je crois qu’à chaque chanson j’ai pensé à lui.

J’imagine que chaque membre de votre famille se met déjà en avant pour que Robin joue de tel ou de tel instrument!

(Rires.) On en rigole des fois. Mais c’est lui qui décidera s’il veut faire de la musique. On a le temps.

J’aime bien chanter en français. Je trouve que c’est plus mélodieux.

Melanie Oesch, artiste

Le titre français de votre nouvel album est «Le voyage continue». À quoi fait-il référence?

À la tournée que nous avons réalisée l’an dernier, avec comme date finale un concert au Stravinski, à Montreux, l’un des sommets de ma carrière. Elle s’appelait «Globe-trotter – Mon amour c’est la Suisse» et nous a menés du lac de Thoune, chez nous, en France, en Irlande, aux États-Unis… Comme nous n’avions pas eu le temps d’enregistrer un disque, nous avons joué les chansons sur scène. Cela nous permettait de les tester. Cet album fait le pont entre le programme de l’an dernier et celui de cette année. Le titre fait aussi référence à mon congé maternité. Finalement, il fait aussi écho à la situation actuelle, avec le coronavirus. Nous voulons rester positifs.

Vous avez déjà joué dans 14 pays différents. Où avez-vous envie d’aller un jour?

Pourquoi pas au Mexique. Il y a trois, quatre ans nous avons découvert que beaucoup de commentaires sous nos vidéos sur YouTube étaient de la part de Mexicains. Le yodel, l’accordéon, la valse auraient beaucoup de similitudes avec leur folklore. Nous avons voulu leur faire un clin d’œil sur l’album avec la chanson «Chica Suiza».

Vous avez aussi des titres en français. C’est important pour vos fans romands?

Oui, mais pas pour tous. Certains préfèrent que nous restions sur le suisse-allemand ou l’allemand. Moi, j’aime bien chanter en français. Je trouve que c’est plus mélodieux. Ce sont Fred et Alessandra des Sweet People qui nous écrivent des morceaux originaux. C’est important pour moi de ne pas faire que des reprises de «Butterfly» ou de «Quand le soleil dit bonjour aux montagnes».

Comment réagit votre public suisse-allemand face à vos chansons en français?

Ça dépend… (Rires.) C’est très apprécié dans le canton de Berne. Mais, à Saint-Gall ou dans les Grisons, les gens ne comprennent pas trop pourquoi nous chantons en français, alors nous ne le faisons pas. Comme ça, nous n’avons pas toujours le même programme. Par exemple, «Jodel-Time» est seulement un hit en Suisse romande. Donc ce n’est pas seulement une question de langue mais aussi de sensibilité.

Vous parlez de protection de l’environnement dans «Elle tournera encore». Y a-t-il des partis politiques qui demandent à Oesch’s die Dritten de militer pour leurs causes?

Non, ils savent que nous sommes des musiciens. Pourquoi donnerions-nous nos opinions politiques? Il y a bien assez d’experts. Nous voulons que nos chansons parlent à tout le monde.

Votre titre «Heimat» a été remixé en version electro. Vous pourriez vous lancer un jour en solo dans un style complètement différent que la musique folklorique?

Le yodel est ma musique de cœur et va le rester. Mais je suis ouverte à de nouveaux projets… À propos de ce remix, il faut dire que nous avons beaucoup de demandes de DJ. Alors, nous avons eu envie d’essayer une fois. C’est intéressant, en Allemagne, les radios ont plus joué cette version que l’originale! Cela nous a fait gagner un nouveau public.

À écouter

Oesch’s die Dritten, «Die Reise geht weiter», sortie le 2 octobre. Toutes les dates de concert sur www.oeschs-die-dritten.ch

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5 commentaires
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gigi

03.10.2020 à 23:45

Chaque artiste a sa place, chaque place a son artiste, gardons Madame Pahud chez nous et laissons Mélanie en Suisse Allemande ;-O)

René

03.10.2020 à 19:15

Bravo j'adore vos concerts et désirs commandés votre dernier album mais j'habite à Neuchâtel

Rosette

03.10.2020 à 18:19

De très bonnes nouvelles, félicitations. Dommage que nous sommes bloqué en Belgique, j'aspire de retourner en Suisse le plus vite possible et d'écouter cette belle musique.