12.05.2012 à 13:53

Législatives françaisesMélenchon défie Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais

Jean-Luc Mélenchon, arrivé 4e de l'élection présidentielle sous les couleurs du Front de gauche, a confirmé qu'il allait défier la patronne du Front national aux législatives de juin. Le duel promet d'être houleux...

Les deux adversaires vont se livrer une bataille féroce d'ici aux législatives de juin.

Les deux adversaires vont se livrer une bataille féroce d'ici aux législatives de juin.

Keystone

"Je suis quelqu'un qui propose comme réponse à la crise le social et pas l'ethnique", a annoncé Jean-Luc Mélenchon sur France-3 Nord-Pas-de-Calais. "Je suis un citoyen partout chez moi sur le territoire de la République", a-t-il ajouté, alors qu'on l'interrogeait sur son choix. Mme Le Pen est arrivée en tête du premier tour de la présidentielle à Hénin-Beaumont avec 35,4% des voix.

Depuis Perpignan (Pyrénées-Orientales), la patronne du Front national a ironisé sur celui qui avait fait d'elle sa principale cible lors de la présidentielle. "C'est plus de la rage, c'est de l'amour!", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. "Je crois qu'il ne peut plus vivre sans moi".

Le duel annoncé entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen promet des échanges houleux après les passes d’armes qui ont opposé le candidat du Front de gauche et celle du Front national pendant la campagne de la présidentielle.

Ainsi le 18 janvier, à Metz, Jean-Luc Mélenchon ouvrait le feu et qualifie la présidente-candidate du FN de "semi-démente, qui propose des solutions auxquelles personne ne peut croire". Il donnait ce jour là un meeting sur ces terres lorraines frappées par la désindustrialisation pour commencer "l’opération de nettoyage par rapport à la prétendue présence du FN dans les milieux ouvriers et employés".

"Cette Mme Le Pen, qui n’a aucune espèce d’imagination, passe son temps à faire des emprunts forcés pour dire : je parle comme Mélenchon. Voyez mes ailes, je suis un oiseau. Et de temps à autres, je suis xénophobe, voyez mes pattes, je suis un rat. Cela nous fait une chauve-souris".

Dès le lendemain, Marine Le Pen ripostait : Mélenchon "perd ses nerfs, je comprends ! C’est quand même pitié de voir quelqu’un qui se présente comme étant le défenseur des ouvriers n’attirer" que 2% de leurs intentions de vote, ironisait-t-elle. Tout en dénonçant "un vrai dérapage", la présidente du FN considère que "tout ça c’est du cinéma, c’est un grand comédien M. Mélenchon". "Devant les caméras, il éructe, il menace, il insulte. Mais en dehors des caméras, c’est un homme charmant, affable, presque un petit garçon".

Le 31 janvier, Jean-Luc Mélenchon revenait à la charge, raillant "la malheureuse" Marine Le Pen qui "va trébuchant d’un stupiditude à l’autre". "Elle est plutôt limitée, dans son humour comme dans son imagination", assène le candidat FG. Et "la moitié du temps, elle répète des formules qu’elle emprunte aux autres. (...) Elle se mélange les papiers dans ses fiches".

Le 23 février, leur duel télévisé très attendu tourne à la succession de monologues dans un climat tendu. La présidente du FN, qui refusait ce débat à moins que M. Mélenchon ne s’excuse publiquement, accuse France 2 de l’avoir maintenu par pure "logique commerciale".

Le Front de gauche ironisait encore la veille sur "Marine la pétoche". Sur le plateau, la leader frontiste lançait à son contradicteur : "En m’insultant vous insultez des millions de Français et 40% des ouvriers qui s’apprêtent à voter pour moi". M. Mélenchon l’interrompt à plusieurs reprises. "Semi-démente ? Ca vous laisse une bonne moitié", disait-il. Trois jours plus tard, Jean-Marie Le Pen traitait Jean-Luc Mélenchon de "voyou" pour avoir pris "à partie une femme".

Le 7 avril, Marine Le Pen contre-attaquait, voyant en Mélenchon un "idiot triplement utile". Il est "d’abord l’idiot utile de François Hollande puisqu’il permet de se défouler au premier tour avant d’espérer voter au second tour pour le candidat socialiste. Mais il est aussi l’idiot utile de Nicolas Sarkozy puisqu’il affaiblit Hollande au premier tour permettant au candidat UMP d’espérer créer une dynamique pour le second tour".

"Il est enfin l’idiot utile de François Hollande et de Nicolas Sarkozy réunis puisqu’il trompe des électeurs qui croient s’attaquer au système en votant pour lui au lieu d’apporter leur suffrage à la seule candidate anti-système Marine Le Pen", ajoutait-elle.

Royal présidente de l’Assemblée nationale?

Ségolène Royal, présidente PS de la région Poitou-Charentes, a confirmé samedi à La Rochelle sa candidature à la présidence de l’Assemblée nationale, estimant que ce n’est "pas un handicap vis-à-vis des électeurs" de la 1ère circonscription de la Charente-Maritime dans laquelle elle se présente.

Interrogée lors d’une rencontre avec la presse sur sa candidature au perchoir, Mme Royal a répondu: "Je n’ai pas à le cacher, et ce ne sera pas un handicap vis-à-vis des électeurs d’être candidate à la présidence de l’Assemblée nationale".

Concernant les élections législatives, elle estime qu’il "faut donner une majorité la plus large possible au président et au gouvernement" et "un parlement capable de traduire rapidement dans les faits la réalisation du projet présidentiel" afin de "passer des discours aux actes".

(ap/afp)

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