01.05.2013 à 17:10

Rixe sur l'Everest«Melissa a sauvé la vie d'Ueli. Sans elle, il serait mort»

Un alpiniste affirme qu'un étranger aurait insulté en népalais les sherpas et serait à l'origine du pugilat de dimanche. Des propos confirmés par une alpiniste, qui aurait «sauvé la vie» de Ueli Steck.

Une photo de Ueli Steck (à gauche) et Simone Moro (à droite), accompagnés par le photographe Jonathan Griffith (27 avril 2013).

Une photo de Ueli Steck (à gauche) et Simone Moro (à droite), accompagnés par le photographe Jonathan Griffith (27 avril 2013).

AFP

Dans un témoignage au Guardian, le photographe britannique Jonathan Griffith, qui accompagnait le Suisse Ueli Steck et l'Italien Simone Moro, ne tarit pas d'éloges sur le courage de Melissa Arnot, une alpiniste américaine qui dit avoir aidé à séparer les alpinistes étrangers des sherpas dimanche.

«Melissa est une vraie héroïne. Elle a sauvé la vie d'Ueli. Sans elle, il serait mort. Elle nous a expliqué dans notre tente qu'il y avait une grande foule à notre recherche et que quelque chose de terrible allait se produire. Nous avons expliqué que des mots avaient été échangés. Elle est sortie de la tente un moment, avant de revenir crier. «'Ils vont venir, sortez d'ici.'»

«Simone a commencé à hurler»

Un alpiniste américain a fait un nouveau récit mercredi d'une violente dispute qui a éclaté ce week-end sur l'Everest, en affirmant qu'un étranger avait insulté en népalais et provoqué jusqu'à la rixe un groupe de sherpas, une affaire qui a choqué la communauté montagnarde.

Ueli Steck, un alpiniste suisse réputé pour ses exploits en solitaire et ses records de vitesse, et l'Italien Simone Moro, vainqueur du «toit du monde» à quatre reprises, approchaient le camp numéro 3 samedi, à 7470 mètres d'altitude, quand la querelle a éclaté. Tout a commencé lorsque des guides népalais ont demandé à Steck et Moro, accompagnés par leur photographe, d'attendre qu'ils aient préparé des cordes pour commencer l'ascension, selon des témoins.

«Simone a commencé à hurler, notamment avec des mots en népalais et beaucoup d'entre eux étaient incendiaires», a rapporté l'alpiniste américain Garrett Madison, dans un courrier électronique envoyé à la publication Outside Magazine.

«Putain de castagne»

Selon la version des alpinistes européens, un sherpa népalais est devenu agressif et les a menacés avec un pic à glace. Après ce premier incident, les deux camps sont descendus au camp numéro 2 à 6500 m d'altitude. «A un moment, Simone a communiqué par radio fréquence que si le sherpa avait un problème, il pouvait y avoir une 'putain de castagne' au camp numéro deux», poursuit Garrett Madison.

Steck et Moro affirment avoir ensuite été attaqués par une «foule de sherpas hors de contrôle» qui a menacé de les tuer et a bombardé de pierres leur tente. Madison, ainsi qu'un témoin, ont rapporté qu'un autre alpiniste occidental n'ayant rien à voir avec la première dispute avait en fait jeté de l'huile sur le feu après «s'en être pris physiquement» à un sherpa lors de tentatives de médiation.

Projet abandonné

«Les événements au camp numéro deux sont tristes et inacceptables», a commenté Melissa Arnot.« Je pense que les alpinistes étrangers sont fautifs et que les sherpas ont fait des erreurs de communication», a-t-elle déclaré à la chaîne américaine ABC.

Le photographe a pour sa part admis auprès du quotidien britannique The Guardian que Moro avait insulté les sherpas. «On ne les a pas 'emmerdés' et il y a eu bagarre. C'est le résultat de 10 ou 20 ans de frustration. La loi de la foule ne devrait jamais régner nulle part, en particulier sur l'Everest, mais quelque chose doit changer», a-t-il ajouté.

Les deux alpinistes sont rentrés à Katmandou mercredi matin après avoir abandonné leur projet d'atteindre le sommet par une voie tenue secrète. Ils ont décliné toute déclaration, précisant simplement avoir rencontré le Premier ministre népalais, Khilraj Regmi, pour travailler à un communiqué commun.

Accord avec les sherpas

Un accord a pu être signé suite à la violente dispute qui a opposé samedi dans l'Everest des alpinistes occidentaux, dont le Suisse Ueli Steck, à des sherpas. Les versions des deux camps demeurant discordantes.

«Lundi, nous nous sommes retrouvés au camp de base. Tous les chefs de l'expédition étaient présents ainsi que notre escorte. Nous avons tous signé un accord», explique mercredi le montagnard bernois dans une interview accordée à «Migros-Magazine», qui a soutenu son expédition népalaise.

Selon Ueli Steck, ce texte stipule que par un «malencontreux hasard, notre équipe et les sherpas se sont télescopés» à proximité du camp numéro 3, situé à plus de 7000 mètres d'altitude. L'accord précise que «de tels événements ne doivent plus jamais se reproduire» et qu'en cas de futur conflit, c'est l'officier de liaison qui devra intervenir.

(J.Sa/afp)

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