Islande – Même en sommeil, l’éruption du Fagradalsfjall reste surveillée
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IslandeMême en sommeil, l’éruption du Fagradalsfjall reste surveillée

Alors qu’il semble avoir cessé de cracher de la lave depuis la mi-septembre, le volcan islandais du mont Fagradalsfjall reste sous bonne garde. Car le sol se relève par endroits.

Le 21 mars, de nombreux curieux étaient venus observer l’éruption du Fagradalsfjall, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Reykjavik. Depuis cette date, plus de 340’000 personnes ont fait le déplacement.

Le 21 mars, de nombreux curieux étaient venus observer l’éruption du Fagradalsfjall, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Reykjavik. Depuis cette date, plus de 340’000 personnes ont fait le déplacement.

AFP

Les scientifiques l’affirment, si la plus longue éruption volcanique d’Islande depuis plus de 50 ans, au mont Fagradalsfjall, s’est calmée depuis le 18 septembre dernier et que la lave a depuis ce jour cessé de couler, il est encore trop tôt pour officialiser la fin de toute activité.

Certes, des jaillissements de lave entamés au soir du 19 mars, sur les flancs du volcan situé sur la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de la capitale islandaise Reykjavik, il ne reste que des monticules de lave noire refroidie, d’où s’échappent encore quelques fumerolles sulfurées. «Il est possible qu’un endroit se soit suffisamment bouché pour commencer à se refroidir et que la lave fraîche ne réussisse tout simplement plus à sortir», explique Sara Barsotti, coordinatrice des risques volcaniques à l’Office météorologique d’Islande (IMO).

Plus de 340’000 visiteurs depuis la mi-mars

Par ailleurs, depuis deux mois, le trémor volcanique – ces vibrations faibles et continues enregistrées par les sismographes avant et pendant une éruption – a disparu. Même si plus aucun liquide incandescent ne jaillit du cratère pour garnir le champ de lave s’étendant sur près de cinq kilomètres carrés, de la fumée s’en dégage toujours. «C’est juste la chaleur et le gaz restants dans le magma souterrain», souligne le géophysicien Pall Einarsson. «Après avoir craché de la lave à plus de 1200 degrés, il faut un certain temps pour qu’un volcan en éruption se refroidisse avant d’arrêter toute exhalation de gaz et de chaleur.»

De plus, la quantité de dioxyde de soufre (SO2) recrachée par panache dans l’atmosphère est toutefois très faible – de l’ordre de quelques kilogrammes par seconde, contre plusieurs centaines lors du pic d’activité, d’après l’IMO. Le volcan a rapidement attiré des milliers de curieux – plus de 340’000 visiteurs ont foulé le site depuis la mi-mars –, mais le trafic s’est aujourd’hui considérablement réduit.

Reprise d’activité possible

Pourtant, sismiquement toujours active, la zone reste étroitement surveillée. Et pour cause: des données satellites et GPS mesurent un nouveau phénomène d’inflation, c’est-à-dire un soulèvement du sol sur une vaste zone de la péninsule de Reykjanes, accréditant l’hypothèse de la réactivation volcanique de la région.

Cette inflation, qui a démarré à la mi-septembre, est actuellement jugée faible - «environ deux centimètres là où elle est la plus importante» - par les vulcanologues. Sa source, probablement située à une grande profondeur (environ 15 kilomètres), serait due à une accumulation de magma. «Ce que nous avons vu à Fagradalsfjall pourrait être le premier chapitre d’une longue histoire, mais nous n’en avons aucune certitude», estime Sara Barsotti.

S’il est impossible de prédire une éruption volcanique, la communauté scientifique islandaise ne serait pas surprise de constater une reprise de l’activité à Fagradalsfjall – ou qu’une nouvelle fissure volcanique s’ouvre ailleurs.

(AFP)

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