Pandémie - Même les asymptomatiques créent de bons anticorps contre le virus
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PandémieMême les asymptomatiques créent de bons anticorps contre le virus

Une nouvelle étude de l’Institut Pasteur montre que toute personne infectée développe des défenses à plusieurs niveaux pour lutter contre le coronavirus.

par
Michel Pralong
Des anticorps attaquant le virus.

Des anticorps attaquant le virus.

iStockphoto

Le fonctionnement du corps humain pour lutter contre l’infection par le coronavirus est encore mal compris, notamment la réponse que font les personnes asymptomatiques, qui représentent près de la moitié des personnes contaminées. Une nouvelle étude menée par des équipes notamment de l’Institut Pasteur et du CNRS et publiée dans Cell Reports Medicine apporte plusieurs nouvelles réponses.

Une infection pousse le corps à développer des anticorps qui finissent par neutraliser le virus, c’est-à-dire qu’ils l’empêchent d’infecter de nouvelles cellules. Mais les chercheurs ont découvert que notre organisme est capable de produire des anticorps qui ont plusieurs fonctions. Celle neutralisante, comme on l’a dit, mais ils sont aussi capables de reconnaître une cellule déjà infectée par le virus puis d’activer des cellules tueuses (NK pour Natural Killer, tueur naturel) qui la détruisent, explique Eurekalert.

Les anticorps peuvent également mettre en action un complément, qui est un ensemble de protéines plasmatiques permettant également l’élimination des cellules ciblées. Dans ces deux cas, nous ne sommes donc pas dans une action de neutralisation du virus mais de destruction de cellules qu’il a déjà infectées.

Réponse plus faible chez les asymptomatiques

Si l’étude a révélé ces nouveaux moyens de défense, elle a également démontré que toute personne infectée par le coronavirus développait ces anticorps polyfonctionnels, même si la réponse de ceux-ci est légèrement plus faible chez les personnes asymptomatiques. «Cela suggère que la protection induite par une infection asymptomatique est très proche de celle observée après une infection symptomatique», conclut Olivier Schwartz, coauteur principal de l’étude et responsable de l’unité Virus et immunité à l’Institut Pasteur à Paris.

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