Ski alpin: Même Tanguy Nef ne s’attendait pas à mettre un dossard
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Ski alpinMême Tanguy Nef ne s’attendait pas à mettre un dossard

Le Genevois est présent depuis dimanche, à Cortina d’Ampezzo. Il participera au «Team Event» avec la Suisse, dans un rôle de «joker de luxe».

par
Sylvain Bolt
Ugo Curty
(Cortina d'Ampezzo)
Le slalomeur romand est la cinquième roue du carrosse suisse en slalom dans les Dolomites.

Le slalomeur romand est la cinquième roue du carrosse suisse en slalom dans les Dolomites.

AFP/Archive

Tanguy Nef est 19e au classement mondial mais il ne fera pas partie des quatre Suisses sélectionnés pour la grande bataille du slalom, dimanche. La densité de l’équipe nationale lui a coûté sa place. Vendredi, le Genevois préparait pourtant ses bagages pour rejoindre Cortina d’Ampezzo et ses deuxièmes championnats du monde. L’euphorie ne transperçait pas vraiment l’écran à l’heure de l’interview. «Mon programme risque d’évoluer, mais le scénario le plus probable, c’est que je ne vais disputer aucune course aux Mondiaux.»

Mardi soir, surprise, le nom du Romand figurait dans la liste du «Team Event» aux côtés de Semyel Bissig et Sandro Simonet. «Les deux titulaires sont Sandro Simonet et Semyel Bissig», a confié Zoé Chastan, responsable presse des hommes avant le départ. Le Genevois devrait donc se contenter d’un rôle de joker.

Tanguy, dans quel état d’esprit abordez-vous ce «Team Event»?

Je me réjouis d’être au départ pour défendre le titre avec ce format de géant. On fera de notre mieux pour décrocher une médaille.

C’était un «plan B» de participer à cette épreuve?

Si les choses étaient claires, que j’étais assuré de participer depuis le début, cela aurait un véritable objectif. Mais vu que les choses ont été faites un peu «à la légère», j’ai pris les choses comme elles venaient. S’ils font appel à moi, je serai prêt. Ça sera une belle façon d’emmagasiner de l’expérience. Au-delà de ça, c’est sympa d’être dans cette sélection et de pouvoir vivre ces Mondiaux de l’intérieur. Même si, en tant que compétiteur, j’aimerais toujours faire plus.

Justement, l’entraîneur en chef de l’équipe suisse – Tom Stauffer – a confirmé que vous ne faisiez pas partie des quatre «titulaires» pour le slalom. Comment avez-vous appris ce choix?

Par téléphone, Matteo m’a appelé. Il m’avait déjà fait comprendre à Chamonix que cela allait sûrement se passer comme ça. Je m’y attendais. Il ne faut pas trop se voiler la face non plus. J’étais le cinquième Suisse au classement mondial. J’accepte ce choix et je le comprends. Nous n’avons jamais eu une équipe de slalom aussi forte et c’est un honneur d’en faire partie. Je veux bien terminer sur ces deux dernières courses de la saison. Mon but sera d’être dans les quatre pour les JO 2022.

Qu’est-ce qui a fait la différence selon vous?

Mon objectif, ce n’était pas seulement d’être aux Mondiaux mais d’y faire quelque chose de bien. Nous avons eu des conditions difficiles cet hiver. Ce n’est que ma troisième saison en Coupe du monde. À l’exception de Loïc (ndlr: Meillard), je me «bats» contre des coéquipiers qui sont bien plus expérimentés que moi. J’ai encore passé un cap cette saison et je ne peux donc avoir aucun regret. Il faut encore que je m’entraîne, que je gomme mes erreurs quand je suis rapide.

Est-ce qu’il y a encore une petite chance que vous soyez au départ du slalom dimanche?

L’idée de Stauffer (ndlr: entraîneur en chef masculin), c’est que je vienne, que je fasse la préparation comme si je faisais la course dimanche. Selon lui, il y a un petit risque à cause du Covid, que quelqu’un doive déclarer forfait. C’est la «meilleure» année pour être remplaçant. Mais en soi, je n’espère pas qu’il y aura des forfaits en slalom. À Cortina, il y aura un dernier test avec les slalomeurs jeudi. Si tout se passe bien pour les autres, ce que je souhaite, je rentrerai vendredi sûrement avec les géantistes.

Êtes-vous déçu de vous retrouver dans cette situation?

Cela me motive encore plus à repousser mes limites. Je n’ai pas été assez constant, même si j’ai montré de belles choses. Pour autant, je ne doute pas d’être capable de faire un podium ou une victoire en Coupe du monde. C’est une déception personnelle quand même mais je vais vite tourner la page.

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