Royaume-Uni: Menacé d'expulsion, le «Jérôme Kerviel» suisse soutenu
Publié

Royaume-UniMenacé d'expulsion, le «Jérôme Kerviel» suisse soutenu

Kweku Adoboli, l'ancien trader d'UBS condamné en 2012 à Londres pour une fraude géante, risque d'être expulsé vers le Ghana. Une députée monte au front pour le soutenir.

Kweku Adoboli, en 2012.

Kweku Adoboli, en 2012.

AFP

Sa fraude a coûté à UBS la coquette somme de 2,3 milliards. L'ancien trader du numéro 1 bancaire suisse, Kweku Adoboli, 38 ans aujourd'hui, a été reconnu coupable en 2012 de la plus grosse fraude de l'histoire britannique. Condamné à sept ans de prison, il a effectué la moitié de sa peine avant d'être libéré en 2015.

Après avoir perdu plusieurs appels contre son expulsion, il est maintenant détenu dans l'attente de son expulsion vers le Ghana, où il est né mais où il n'a pas remis les pieds depuis l'âge de 4 ans, comme l'affirment ses amis et son avocat, qui précisent que l'ex-trader vit au Royaume-Uni depuis l'âge de 12 ans.

Avec le soutien d'une centaine de parlementaires, les soutiens de Kweku Adoboli militent pour qu'il reste au Royaume-Uni. Depuis sa libération, le trentenaire a œuvré pour améliorer la gouvernance et le respect des normes dans le secteur financier, affirment-ils.

Un système défaillant

«Il a toujours assumé avoir fait quelque chose de mal», a déclaré Hannah Bardell, députée de Livingston, près d'Edimbourg, en Ecosse, où vivait Kweku Adoboli. «Mais il est absolument clair qu'il faisait partie d'un système qui était complètement défaillant et qui est toujours défaillant», a-t-elle déclaré à la presse.

Kweku Adoboli a travaillé avec les universités de Stirling, Edimbourg et Liverpool et s'est également exprimé dans le «Financial Times» sur la manière dont les institutions financières peuvent mieux se protéger contre les risques.

«Si le gouvernement britannique veut vraiment réformer le secteur de la banque et de la finance, il y a quelqu'un avec qui il peut travailler», a déclaré Hannah Bardell.

Co-responsable

Au cours de son procès en 2012, Kweku Adoboli avait affirmé que les cadres supérieurs d'UBS étaient parfaitement au courant de ses activités et l'avaient encouragé à prendre des risques pour faire gagner de l'argent à la banque.

Mais selon l'accusation, Kweku Adoboli avait dépassé les limites autorisées, afin de gonfler ses bonus et ses chances de promotion; il n'avait pas réussi à couvrir ses transactions et avait truqué ses dossiers.

Sollicité, le ministère de l'Intérieur a refusé de commenter son cas mais un porte-parole a déclaré que «l'expulsion sera examinée pour tous les étrangers condamnés à la prison».

(AFP)

Votre opinion